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Poésie

Posts Tagged ‘rire’

La Dent (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2018



Ce Monde n’est pas une Conclusion.
Il y a une Vie au-delà –
Invisible – comme la Musique –
Mais positive – comme le Son –
Elle fait signe, elle déconcerte –
La Philosophie – connaît pas –
Et, à travers une Enigme, enfin –
La Sagacité finit par se faufiler –
La deviner tourmente les clercs –
Pour l’avoir, les Hommes ont enduré
Le mépris des Générations
Et la Crucifixion montré du doigt –
La Foi glisse – et rit reprend des forces –
Rougit, devant témoin –
Tire sur une brindille de Preuve –
Demande à une Girouette, le chemin –
Des grands Gestes, de la Chaire –
Roulent de puissants Alléluias –

Aucun Narcotique pour calmer la Dent
Qui grignote l’âme –

(Emily Dickinson)

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L’enfant d’autrefois (Claude Pujade-Renaud)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2018




    
L’enfant d’autrefois
face offerte
accueille la pluie
cinglante
et pourtant douce
menus oiseaux
picorant la peau

L’eau s’amuse
à devenir métallique
fines aiguilles
qui piquent
sans blesser
ni transpercer

Étincelles ludiques
sur le front
le pavé

Visage au vent
l’enfant rit
ruisselante

(Claude Pujade-Renaud)

 

Recueil: Instants incertitudes
Traduction:
Editions: Le Cherche Midi

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Destination (Morten Nielsen)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2018




    
Destination

C’est ce feu qui rit dans tes yeux et, tant qu’il brûle,
joue froidement, doucement dans mes mains,
rougeoie à travers nos réseaux de résistance,
vire en vagues d’un bleu glacial.

Nous dérivons l’un vers l’autre dans une vague.
Comme l’écume des vagues, nos mains se rencontrent.
Au début, nous ne voulions rien ; à présent,
nous savons tous deux comme cela finit.

Nous dérivons vers quelque chose qui va
nous arriver, nous coûter cher et nous coûter des rêves.
Nous attendons, l’avons su depuis notre rencontre.
Et les mots ne sont ni durs ni tendres.

Nous écoutons. Quelque chose brûle en secret au-dedans.
Comme l’écume des vagues, nos mains se rencontrent.
Nous dérivons vers quelque chose qui va nous arriver :
un feu aussi frais que la mer, tant qu’il brûle.

***

Bestemmelse

Det er den Ild som ler i dine Ojne
og leger koldt og mildt i mine Hænder,
der gloder vores Modstandsnet igennem
og blir til isblaa B&lger, mens den brænder.

Vi driver mod hinanden i en Bolge.
Som Bolgeskummet modes vore Hænder.
Vi vilde ingenting, da det begyndte.
Nu ved vi begge to, hvordan det ender.

Vi driver ud mod noget som vil ske os,
og det skal blive dyrt og koste Dromme.
Vi venter, og har vidst det fra vi moches.
Og Ord er hverken haarde eller omme.

Vi lytter. Og det brænder skjult derinde.
Som Bolgeskummet modes vore Hænder.
Vi driver ud mod noget som vil ske os:
En Ild saa sval som Havet, mens den brænder.

(Morten Nielsen)

 

Recueil: Guerriers sans armes Krigere uden vaaben
Traduction: Pierre Grouix
Editions: Grèges

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Hier soir (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2018




    
Hier soir, comme Léila
me quittait très froidement,
je lui dis : « Ah ! reste encore ! »
Elle de me répliquer
que ma tête est grisonnante.
A l’indiscrète railleuse
je dis : « Chaque heure a ses goûts
et le noir parfum du musc
en camphre s’est vu changé. »
Le propos fut malheureux,
Léila ne fit qu’en rire
et dit : « Si le musc éveille
l’ardeur des jeunes époux,
laissons le camphre aux cercueils. »

(Alexandre Pouchkine)

 

Recueil: Poésies
Traduction: Louis Martinez
Editions: Gallimard

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Prima-Vera (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2018




    
Prima-Vera

Éveil des premières roses :
et leur parfum hésite
comme un rire léger;
rapide, comme sur
des ailes d’hirondelle,
il effleure le jour;

et quoi que tu touches,
tout est angoisse encore.
Tout reflet s’effarouche
et nul son n’est dompté,
la nuit est trop nouvelle,
pudique est la beauté.

(Rainer Maria Rilke)

 

Recueil: Oeuvres 2 Poésie
Traduction: Jacques Legrand, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Armel Guerne, Maurice Betz
Editions: Seuil

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Sol brûlant (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2018




Illustration


Sol brûlant

Le soleil brûle les collines
Qui se calcinent
Dans le rire de l’été
Tout le soleil chante
Je le porte sur mes épaules
Dans un ciel d’un bleu torturé
Où je dessine des nuages paisibles

Sous un ciel métallique
Le sol transpire
La lumière endormie tout à l’heure
Chante maintenant
Dans mes mains

(Jean-Baptiste Besnard)

Site de Jean-Baptiste

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Pour toi (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2018




Illustration


Pour toi

Tu ris dans le soleil
Et dans le vent salé
Et sous la pluie des lampes

Je dessine pour toi
Un beau jardin de fleurs
Sous mille gouttes d’eau

Les nuages écrivent
Sur la page du toit
Des récits de voyages
Que nous ne ferons pas
Mais je sculpterai pour toi
De beaux oiseaux de pierre.

(Jean-Baptiste Besnard)

Site de Jean-Baptiste

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J’vais rire j’vais médire (Patrizia Cavalli)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2018



 

Jean-Claude Forez_Femme_au_cigare

J’vais rire j’vais médire
j’vais dire des mensonges.
Et demain j’laurai déjà oublié.

(Patrizia Cavalli)

Illustration: Jean-Claude Forez

 

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Le Désir de peindre (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



 

Le Désir de peindre

Malheureux peut-être l’homme, mais heureux l’artiste que le désir déchire!

Je brûle de peindre celle qui m’est apparue si rarement et qui a fui si vite,
comme une belle chose regrettable derrière le voyageur emporté dans la nuit.
Comme il y a longtemps déjà qu’elle a disparu!

Elle est belle, et plus que belle; elle est surprenante.

En elle le noir abonde: et tout ce qu’elle inspire est nocturne et profond.
Ses yeux sont deux antres où scintille vaguement le mystère,
et son regard illumine comme l’éclair:
c’est une explosion dans les ténèbres.

Je la comparerais à un soleil noir,
si l’on pouvait concevoir un astre noir versant la lumière et le bonheur.
Mais elle fait plus volontiers penser à la lune, qui sans doute l’a marquée de sa redoutable influence;
non pas la lune blanche des idylles, qui ressemble à une froide mariée,
mais la lune sinistre et enivrante, suspendue au fond d’une nuit orageuse et bousculée par les nuées qui courent;
non pas la lune paisible et discrète visitant le sommeil des hommes purs,
mais la lune arrachée du ciel, vaincue et révoltée,
que les Sorcières thessaliennes contraignent durement à danser sur l’herbe terrifiée!

Dans son petit front habitent la volonté tenace et l’amour de la proie.
Cependant, au bas de ce visage inquiétant, où des narines mobiles aspirent l’inconnu et l’impossible,
éclate, avec une grâce inexprimable, le rire d’une grande bouche, rouge et blanche, et délicieuse,
qui fait rêver au miracle d’une superbe fleur éclose dans un terrain volcanique.

Il y a des femmes qui inspirent l’envie de les vaincre et de jouir d’elles;
mais celle-ci donne le désir de mourir lentement sous son regard.

(Charles Baudelaire)

 

 

 

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Le sourire de tes yeux bleus (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2018



    

Le sourire de tes yeux bleus,
Ma blonde.

Je rêve, absent de ton baiser
Où fonde
Mon cœur un espoir si léger
Qu’il n’ose rien en espérer,
Ma blonde.

Peut-être dans un autre tour
Ou ronde
Tu m’aimeras, et rien qu’un jour,
Qu’un baiser, fera tout l’amour,
Ma blonde.

Je n’ai que faire de ces cieux
Du monde
Que parce que les cieux sont bleus
Et font rêver de tes beaux yeux,
Ma blonde.

La lumière, dont l’or riant
Inonde,
Ne sert qu’à me faire constant
À l’or de tes cheveux absents,
Ma blonde.

Oh, je sais bien que tout destin
Me gronde.
Mais qu’y faire ? Je t’aime bien
De mon amour toujours lointain.
Laisse-moi te le dire en vain,
Ma blonde.

(Fernando Pessoa)

 

Recueil: Poèmes français
Traduction:
Editions: de la Différence

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