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Dans une hôtellerie, le dernier soir d’une année qui s’accomplit (Taï-Cho-Lun)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2018




    
Dans une hôtellerie, le dernier soir d’une année qui s’accomplit

Qui s’intéresse à moi dans cette hôtellerie ?
Avec qui pourrais-je échanger quelques mots ?
Une lampe froide, voilà mon unique compagnie.
Cette nuit même, une année de plus doit s’accomplir,
Et j’ai parcouru mille lieues,
et je ne revois pas encore mon pays.

Seul avec mes soucis,
je passe en revue ma vie entière ;
N’est-il pas risible et attristant tout à la fois
que notre misérable corps ne puisse tenir en place ?

Mon visage est chagrin,
les cheveux de mes tempes grisonnent,
Et demain commence la nouvelle année,
et c’est ainsi que je vais accueillir
le nouveau printemps.

Bien des années déjà se sont écoulées,
sans me laisser le cœur satisfait.
Que faut-il espérer de celle qui commence ?

Parmi les anciens compagnons
de ma jeunesse et de mes loisirs,
Quelques-uns ont atteint ce qu’ils poursuivaient :
mais combien la mort en a-t-elle surpris !

Désormais, je veux que le repos soit le but
vers lequel tous mes désirs se concentrent ;
Je veux renoncer aux fatigues vaines,
pour obtenir du moins la longévité.

La beauté du printemps n’a point d’âge ;
elle est, elle sera toujours la même ;
J’en jouirai dans ma pauvre demeure,
autant qu’un prince dans son palais.

(Taï-Cho-Lun)

 

 

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Quelqu’un demeure au bord (Bernard Noël)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2015



quelqu’un demeure au bord
bouche collée à l’avenir
mais nul à vif
ne définit la forme qui le hante

trop de temps à dissoudre
en ce lieu tangent à l’infini
et la fin l’impatiente

douleur
douleur risible
d’avoir encore à devenir

(Bernard Noël)

Illustration: Gao Xingjian

 

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SPHERE (Jean Pache)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2015



SPHERE

L’hiver agitait quelques voilures déjà sales.
Elle : impérieuse, docile — piétinant le jour
dont elle adore les barreaux.

*

J’aime délibérément un ciel capable
de toutes les métamorphoses.

*

Désormais le risible fracas des pies évince
la monotonie du bouvreuil :
aussi loin qu’elle porte, la vue ne couvre
ni la distance ni l’effritement sournois
des heures.
Et la rumeur intime a trop de minutie.

*

À l’étape du silence (hors de l’illusion),
la mémoire libère les contours d’une juste
présence.

(Jean Pache)

 

 

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