Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘rival’

Je ne suis pas de celles… (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2018



Illustration: Jose Sabogal    
    
Je ne suis pas de celles…
Tango

1
Je ne suis pas de celles
Qu’on rencontre la nuit à la lueur des flambeaux
Avec de lourds colliers pour les rendre plus belles
Leurs yeux noirs de corbeaux
Éclairés d’étincelles
Sur les doigts des diamants qui brillent dans le noir
Je dors toute la nuit je ne suis pas comme elles
Qui se lèvent le soir.

2
Moi je me lève à l’aube et je cours par les champs
À travers les pampas baignées par la lumière
J’appelle avec mes chants
Charmée par le soleil et les fleurs printanières
Le grand meneur de boeufs qui m’aime sans rivale
Et qui siffle en guettant mon rire et mon passage
Dressé sur son cheval
Tandis que son troupeau emplit les pâturages.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

Grands ou petits les chrysanthèmes (Kazashi Kimura)

Posted by arbrealettres sur 2 novembre 2017



Grands ou petits
les chrysanthèmes
ni critiques, ni rivaux

(Kazashi Kimura)

Illustration

 

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

L’ARCHET (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2016



 

Andrey Belle 29 [1280x768] [1280x768]

L’ARCHET
A Mademoiselle Hjardemaal.

Elle avait de beaux cheveux, blonds
Comme une moisson d’août, si longs
Qu’ils lui tombaient jusqu’aux talons.

Elle avait une voix étrange,
Musicale, de fée ou d’ange,
Des yeux verts sous leur noire frange.

Lui, ne craignait pas de rival,
Quand il traversait mont ou val,
En l’emportant sur son cheval.

Car, pour tous ceux de la contrée,
Altière elle s’était montrée,
Jusqu’au jour qu’il l’eut rencontrée.

L’amour la prit si fort au coeur,
Que pour un sourire moqueur,
Il lui vint un mal de langueur.

Et dans ses dernières caresses :
« Fais un archet avec mes tresses.
Pour charmer tes autres maîtresses. »

Puis, dans un long baiser nerveux,
Elle mourut. Suivant ses voeux,
Il fit l’archet de ses cheveux.

Comme un aveugle qui marmonne,
Sur un violon de Crémone
Il jouait, demandant l’aumône.

Tous avaient d’enivrants frissons
A l’écouter. Car dans ces sons
Vivaient la morte et ses chansons.

Le roi, charmé, fit sa fortune.
Lui, sut plaire à la reine brune
Et l’enlever au clair de lune.

Mais, chaque fois qu’il y touchait
Pour plaire à la reine, l’archet
Tristement le lui reprochait.

Au son du funèbre langage,
Ils moururent à mi-voyage.
Et la morte reprit son gage.

Elle reprit ses cheveux, blonds
Comme une moisson d’août, si longs
Qu’ils lui tombaient jusqu’aux talons.

(Charles Cros)

Illustration: Andrey Belle

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ah ! ce désir d’aimer qui passe dans ton rire (Sappho)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2016



Il m’éblouit, il goûte le bonheur des dieux,
cet homme qui devant toi prend place,
tout près de toi écoute, captivé,
la douceur de ta voix.

Ah ! ce désir d’aimer qui passe dans ton rire.
Et c’est bien pour cela
qu’un spasme étreint mon cœur dans ma poitrine.
Car si je te regarde, même un instant, je ne puis plus parler.

Mais d’abord ma langue est brisée,
un feu subtil soudain a couru en frisson sous ma peau,
mes yeux ne me laissent plus voir,
un sifflement tournoie dans mes oreilles

traduction de Yves Battistini

***

Il me paraît
Un vrai rival
Des dieux
L’homme qui peut
Rester assis
Près de toi
Bercé de la
Douceur sans nom
De ta voix
Tu parles
Il écoute
Les notes de
Ton rire et moi
Dans ma poitrine
Cœur stupide
Je t’aperçois
En un instant
Il n’y a plus
Un seul son
Un seul
Dans ma bouche
Et tout à coup
Langue rompue
Le feu court
Fin sous ma peau
Mes pauvres yeux
Ne voient plus
L’oreille
Me bourdonne…

traduction de Jérôme Vérain

***

Φαίνεταί μοι κῆνος ἴσος θέοισιν
Ἔμμεν’ ὤνηρ, ὄττις ἐνάντιός τοι
Ἰσδάνει καὶ πλάσιον ἆδυ φωνείσας ὐπακούει,
Καὶ γελαίσας ἰμέροεν, τό μ’ ἦ μὰν
Καρδίαν ἐν στήθεσιν ἐπτόαισεν.
Ὠς γὰρ ἔς σ’ ἴδω βρόχε’, ὤς με φώναισ’ οὐδ’ ἒν ἔτ’ εἴκει,
Ἀλλὰ κὰμ μὲν γλῶσσα ϝέαγε, λέπτον
Δ’ αὔτικα χρῶι πῦρ ὐπαδεδρόμακεν,
Ὀππάτεσσι δ’ οὐδ’ ἒν ὄρημμ’, ἐπιρρόμϐεισι δ’ ἄκουαι

(Sappho)

Illustration: John William Godward

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Pardonnes-tu ma jalousie en rêve (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2015




Pardonnes-tu ma jalousie en rêve
Et mon amour follement agité?
Tu m’es fidèle, alors pourquoi sans trêve
Rendre craintif mon esprit tourmenté?
Dis-moi pourquoi tu veux paraître aimable
Envers chacun de tes admirateurs,
Donner à tous, espoir invraisemblable,
Ton beau regard, triste ou plein de douceur?
Tu m’as saisi, m’as fait perdre la tête,
Asservissant mon amour malheureux,
Ne me vois-tu, seul et silencieux,
Plein de tourment, de dépit, quand s’apprête
A t’encenser tout ce monde étranger?
Pour moi, cruelle, aucun mot, aucun geste!
Veux-je m’enfuir, prêt à te supplier,
De ton regard, tu ne me dis pas: reste!
Une beauté me tient-elle un discours
A double sens, toi tu restes tranquille,
Et même gaie en blâmant cette idylle,
Et moi j’en meurs: tu parles sans amour.
Si mon rival éternel t’a surprise
A mes côtés, en tête à tête assise,
Pourquoi vient-il te saluer, narquois?
Qu’est-il pour toi? Dis-moi donc de quel droit
Devient-il blême et pris de jalousie?
Et quand vient l’heure indiscrète du soir,
Pourquoi dois-tu, seule, le recevoir,
Nue à moitié, quand ta mère est partie?
Mais je suis préféré. Seule avec moi
Tu es si tendre. Et que tu es ardente
Dans tes baisers ! Ton âme est éloquente
Quand tu me dis ton amour avec foi.
Tu crois que mes tourments, je les invente.
Mais je suis préféré: je te comprends.
Epargne-moi, s’il te plaît, toute offense:
Ne sait-tu pas que j’aime fortement,
Ne sais-tu pas qu’atroce est ma souffrance.

(Alexandre Pouchkine)

Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :