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DÉPASSER LE SILENCE (Jean-Claude Xuereb)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018



 

DÉPASSER LE SILENCE

Sous un envoûtement de ciel
rivalisant avec leurs dieux
d’intranquilles mortels s’avancent
en équilibre de passeurs
pas à pas risqué sur un fil

Dans l’enclos cerné de branchages
ils voudraient décrypter le sens
de l’intraduisible dialogue
qui vibre entre lumière et feuilles
aux seules sommations du vent

De nous que peut saisir un arbre
hors de la moindre appréhension
dans son mutisme enraciné
et son ruissellement de sèves
sous les nervures de l’écorce?

Grevé d’anneaux et d’années
en secret l’aubier se souvient
de chaque saison d’opulence
ou de rigueur et de disette
fibres criblées de mitraille

(Jean-Claude Xuereb)

 

 

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FIN DE PRINTEMPS (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 8 avril 2018



Illustration
    
FIN DE PRINTEMPS
Heu-Yu

Les herbes et les arbres,
savent-ils que le printemps, n’est pas long à s’enfuir ?

De cent façons, toujours,
les rouges et les violets des floraisons embaumées, rivalisent de beauté.

Mais ni les fleurs des peupliers,
ni les graines de l’orme, ne peuvent penser.

Elles ne savent que s’effeuiller, et s’envoler,
en emplissant le ciel, comme une neige.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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LE CHANT DU TEMPS (Mohammad Iqbal)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2017



Illustration: Josephine Wall 
    
LE CHANT DU TEMPS

Le soleil est dans mon coeur, les étoiles se cachent dans les plis de ma tunique.
Si tu me contemples, je ne suis rien; si tu regardes en toi, je suis toi-même.
Dans les villes et dans les campagnes, dans les palais et dans les chaumières,
Je suis la douleur et ce qui l’apaise, je suis la joie infinie.

Je suis l’épée qui déchire l’univers, je suis la Source de Vie.
Les Gengis Khan et les Tamerlan ne sont qu’une poignée de ma poussière,
Le bruit et la fureur de l’Europe ne peuvent rivaliser avec le plus infime de mes échos.
L’homme et son univers ne sont que l’une de mes esquisses,
C’est avec le sang de son cceur que je colore mon printemps.

Je suis flamme ardente, je suis divin paradis.
Ô étrange mystère! Je suis à la fois immobile et en marche,
L’éternité se reflète dans ma coupe éphémère.
Mille mondes rutilants sont enfouis dans mon coeur,
Mille étoiles filantes et mille globes d’azur.

Je suis le manteau de l’humanité et la robe de la divinité.
Je suis le maître du destin et le créateur de la liberté.
Tu es l’amant de Leila et moi le désert de ton amour.
Je suis au-delà de ta quête, inaccessible comme l’esprit.

Je suis le secret de ton coeur et tu es le secret du mien;
Caché au fond de toi-même, je me manifeste à travers toi.
Je suis le voyageur et toi le but du voyage. Je suis le champ et toi la moisson.
Tu es la musique des musiques, tu es l’âme de la vie.

Ô vagabond pétri d’argile, vois comme ton coeur est immense!
Un océan sans limites enfermé dans une coupe
dont les lames de fond sèment la tempête.

(Mohammad Iqbal)

 

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MALADE (Jacques Basse)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2017



Illustration: Eve Carton
    
MALADE

jadis rayonnait son visage
le mal l’a pris avec audace
la joie n’y avait plus de place
et le rire y faisait ombrage

son visage tourné vers le ciel
y coulent des larmes de fiel
il vit dans le sel de ses pleurs
prostré renfermé sur sa peur

il rivalise avec la pénombre
déjà de lui-même il sombre

(Jacques Basse)

 

Recueil: Le temps des Résonances
Editions: Rafaël de Surtis

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il soutient le Tout (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2017



Quelle force saurait rivaliser avec celle du vide?
Il n’est rien et, à lui seul,
il soutient le Tout.

(Edmond Jabès)


Illustration

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Mourir pour la beauté (Lydie Dattas)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2016



Mourir pour la beauté

Je ne crois plus en rien puisque je crois en Dieu :
tout ce qui n’est pas vrai mérite de mourir.
L’aube rivalisait avec les roses rouges,
ces roses qui mouraient à force de beauté,
la beauté dont parlaient si purement les roses.
La beauté imitait la beauté de l’azur,
la beauté prétendait être la vérité
quand je voulais mourir pour la beauté des roses.

La beauté m’a laissée si divinement triste :
j’ai goûté au bonheur qu’on goûte sur la croix,
les anges ont empêché mon amour de faiblir.
Je ne méritais pas un bonheur aussi grand.
Mais puisque j’ai versé mon sang pour la beauté
à l’heure où la beauté se trouble dans le ciel,
le ciel ne pourra plus oublier mon amour.

(Lydie Dattas)

Illustration: Le Bernin

 

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DISCOURS POUR PSYCHÉ DANS LE LIVRE D’OR D’APULÉE (Ezra Pound)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2015




DISCOURS POUR PSYCHÉ
DANS LE LIVRE D’OR D’APULÉE

Toute la nuit, et comme le vent se tient
Dans les cyprès, il se tenait
Sans me prendre, sinon comme l’air qui nous caresse
Tout près, et, comme les pétales de fleurs en tombant
Vacillent et semblent éviter la terre, il semblait
Sur moi planer, léger comme les feuilles,
Plus près de moi que l’air,
Et la musique qui coulait en moi semblait ouvrir
Mes yeux sur des couleurs nouvelles.
O vents, quel vent peut rivaliser avec sa légèreté!

(Ezra Pound)

Illustration: Jacques-Louis David

 

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Oiseaux et voix (Jacques Ancet)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2015



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Oiseaux et voix sans savoir
rivalisent avec la mer.
C’est comme si quelque chose
se laissait surprendre, oblique,
entre soleil et rumeurs :
un silence imperceptible,
un intervalle. On écoute :
murmures, bruits d’eau. C’est ça.
Une bouche et pas de mots.
Il fait un temps sans histoire.

(Jacques Ancet)

Découvert chez Lara ici

Illustration: ArbreaPhotos

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