Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘robe’

LES TROIS SOEURS (René Char)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2019



LES TROIS SOEURS

Mon amour à la robe de phare bleu,
je baise la fièvre de ton visage
où couche la lumière qui jouit en secret.

J’aime et je sanglote. Je suis vivant
et c’est ton coeur cette Étoile du Matin
à la durée victorieuse qui rougit avant
de rompre le combat des Constellations.

Hors de toi, que ma chair devienne la voile
qui répugne au vent.

(René Char)

Illustration: Andrzej Malinowski 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

UNE NUIT PRINTANIÈRE (Liu Yong)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2019



UNE NUIT PRINTANIÈRE

Debout sur le balcon fragile
Je me laisse griser par la brise légère
Mélancolique, mon regard s’étend
sur le sombre horizon printanier
Les derniers rayons du soleil couchent sur l’herbe
Qui comprend ma pensée silencieuse
Qui s’envole par-dessus la balustrade ?

J’essaie de noyer dans l’ivresse ma désinvolture
Devant la coupe je m’égaie en chantant
Du plaisir forcé, je ne me sens pas heureux
Certes, ma robe me va trop large
Je ne regrette pas d’avoir maigri pour le vin

(Liu Yong)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Vers les cerisiers en fleurs (Kobayashi Issa)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2019




Vers les cerisiers en fleurs
on les voit se presser
relevant le bas de leurs robes

(Kobayashi Issa)

Illustration: Hokusaï

 

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

Pendant que vostre main docte … (Rémy Belleau)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2019



 

Lauri Blank _1

Pendant que vostre main docte …

Pendant que vostre main docte, gentille et belle
Va triant dextrement les odorantes fleurs
Par ces prez esmaillez en cent et cent couleurs,
Par le sacré labeur de la troupe immortelle :

Gardez qu’Amour tapy sous la robe nouvelle
De quelque belle fleur n’evente ses chaleurs,
Et qu’au lieu de penser amortir vos douleurs,
D’un petit traict de feu ne vous les renouvelle.

En recueillant des fleurs la fille d’Agenor
Fut surprise d’Amour, et Prosperine encor
L’une fille de roy, l’autre toute déesse.

Il ne faut seulement que soufler un bien peu
Le charbon eschauffé, pour allumer un feu,
Duquel vous ne pourriez enfin estre maistresse.

(Rémy Belleau)

Illustration: Lauri Blank

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Savoir-vivre (René de Obaldia)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2019



Savoir-vivre

Ah! l’excellente fille!
Un homme éternue-t-il à ses côtés,
en plein salon, la voilà qui fait glisser sa robe
sous laquelle elle est nue, et de sa voix fraîche:
– A vos souhaits, Monsieur!
Les témoins demeurent confondus devant tant de naturel
allié au bon sens le plus profond de la devination.
Quelle chose singulière: c’est l’homme qui paraît nu!
Tous les regards se fixent sur sa personne.
On n’aurait jamais cru cela de lui!
Rouge de confusion, il réclame son chapeau,
son manteau, ses gants,
et se sauve sans demander son reste.

(René de Obaldia)


Illustration: Pascal Renoux

Posted in humour, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’onde étale (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2019



les seins poudrés de la lumière
parmi les plis de robe
du parfum

les velours rebroussés
savants de nos salives difficiles
avant le mot

puis le tronc de la chaleur
s’abat

coupé d’un souffle

sous la caresse
ton corps
juste l’onde étale
après la grande gondole

(Werner Lambersy)


Illustration: Pascal Renoux

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

ENNEMIE DE LA MORT (Salvatore Quasimodo)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2019




    
ENNEMIE DE LA MORT
à Rossana Sironi

Tu ne devais pas, ma bien-aimée,
arracher ton image à ce monde,
nous priver d’une mesure de beauté.
Ennemis de la mort, que ferons-nous
penchés sur tes pieds roses,
sur ton flanc mauve ?
Tu n’as laissé ni feuille ni mot
de ton dernier jour, ni même un non à toute chose
apparue sur la terre, un non au journal
monotone des hommes. L’ancre triste et
estivale de la lune a emporté
tes songes : collines arbres lumière
ténèbres et eaux; non pas des pensées
confuses, mais des songes véritables
retranchés à l’esprit déterminé qui
soudain arrêta le temps
pour toi, la lâcheté future. Désormais,
tu es sur le seuil des portes dures,
ennemie de la mort. — Qui hurle, qui hurle ?

Tu as tué la beauté en un clin d’oeil,
tu l’as frappée pour toujours, tu l’as lacérée
sans une plainte pour son ombre
folle qu’elle déploie sur nous. Tu ne nous suffisais pas,
beauté, solitude déliée.
Tu as déroulé un geste dans l’obscurité, tu as écrit
ton nom dans les airs ou ce non à tout
ce qui grouille ici et par-delà le vent.
Je sais ce que tu voulais dans ta robe neuve,
je connais la question qui nous revient vide.
Il n’y a pas de réponse pour nous, il n’y en a pas pour toi,
ni mousse ni fleurs, ma bien-aimée,
ennemie de la mort!

(Salvatore Quasimodo)

 

Recueil: Ouvrier de songes
Traduction: Thierry Gillyboeuf
Editions: LA NERTHE

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE FAUX ET LE VRAI VERT (Salvatore Quasimodo)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2019




    

LE FAUX ET LE VRAI VERT

Tu ne m’attends plus avec le coeur vil
de l’horloge. Qu’importe si tu ouvres
ou fixes la désolation : il reste les heures épineuses,
dénudées, avec les feuilles qui soudain
cognent contre les vitres de ta
fenêtre, haute sur deux allées de nuages.
Il me reste la lenteur d’un sourire,
le ciel sombre d’une robe, un velours
couleur rouille enroulé sur tes cheveux
et déployé sur tes épaules et ton visage
noyé dans une eau à peine mouvante.

Coups de feuilles d’un jaune rugueux,
oiseaux de suie. D’autres feuilles
craquèlent les branches et déjà s’élancent,
enchevêtrées : le faux et le vrai vert
de l’avril, ce rictus moqueur
à la sûre fleuraison. Mais tu ne fleuris plus
tu n’ajoutes plus les jours ni les songes qui s’élèvent
de notre au-delà, tu n’as plus tes yeux
d’enfant, tu n’as plus tes mains tendres
pour chercher mon visage qui me fuit ?
Reste la pudeur d’écrire des vers
de journal ou de pousser un cri dans le vide
ou dans ce coeur incroyable encore
en butte avec son temps exhaussé.

(Salvatore Quasimodo)

 

Recueil: Ouvrier de songes
Traduction: Thierry Gillyboeuf
Editions: LA NERTHE

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Cette lettre, ami, ne la froisse pas (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019




Cette lettre, ami, ne la froisse pas;
Tâche de la lire, amour, jusqu’au bout.
J’en ai assez d’être une inconnue,
D’être sur ta route une étrangère.

Non, pas ces yeux-là, pas cette colère !
Je suis à toi, je suis celle que tu aimes.
Je ne suis ni bergère, ni reine,
Ni non plus, à coup sûr, religieuse…

Dans cette robe grise de tous les jours,
Sur ces talons usés…
Comme avant, mon étreinte brûle,
Et mes grands yeux disent la peur.

Cette lettre, ami, ne la froisse pas,
Le mensonge est de toujours; ne pleure pas.
Mets-la dans ta pauvre musette,
Mets-la, s’il te plaît, tout au fond.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Jonathan Janson

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

CHANT DU PALAIS PRINTANIER (Wang Changling)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2019



CHANT DU PALAIS PRINTANIER

La nuit dernière le vent emportait les fleurs de
pêchers au puits Lujing
Du haut du ciel le disque lunaire
éclairait le palais Weiyang

Pour la remercier de ses chants et danses
L’empereur a offert à sa nouvelle favorite Pingyang
une robe la protégeant de la fraîcheur du printemps

(Wang Changling)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :