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Poésie

Posts Tagged ‘(Robert Mallet)’

Le tour du monde (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2018



Le tour du monde au-dessus des nuages
vaut-il un seul pas
que cerne, obscurcit, capture un ciel bas ?

ô trop facile clarté des voyages
dans le bleu sans fond

(Robert Mallet)

 

 

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Derrière les vitres (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2018



Illustration: Grégoire Mathieu
    

Derrière les vitres
l’insulte est moins cruelle
l’affront plus lointain
moins vive la froidure
impossible la main qui frappe
mais moins gai le sourire
plus triste l’au revoir
plus lourde la chaleur
impossible la main tendue

Pris entre le désir
de celles qui protègent
et le refus des mêmes
qui nous prennent au piège
nous appelons le vitrier
dès que l’une se brise
condamnés par la vie
décidée, indécise
aux vitres perpétuelles

(Robert Mallet)

 

Recueil: Presqu’îles presqu’amours
Traduction:
Editions: Gallimard

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Sans gourde ni bâton (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018




    
Sans gourde ni bâton
sans prêche ni cantique
nous demeurons pèlerins

Sans autel au bout de la route
sans luminaire liturgique
des clartés en nous cheminent
qui nous font acheminer
vers nos secrètes dévotions

N’est pas de nous l’itinéraire
le noir nous l’a donné
nous marchons sans nommer
ces gouttes de lumière
qui perlent
sur les parois de l’angoisse
pour nous mener en pèlerinage
aux lieux saints
de nous-mêmes

En nous
prend racine une pensée
que nous n’avons pas semée
Nous la voyons grandir
malgré nous
Qui donc l’a jetée
clandestine
en l’un de nos sillons
pour qu’elle se nourrisse
de nous?

Et qui la déracinera
puisqu’elle s’est faite
par nous?
Un jour elle jaillira
nous
serons ce qu’elle sera

(Robert Mallet)

 

Recueil: Presqu’îles presqu’amours
Traduction:
Editions: Gallimard

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Possédons-nous les mots (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018



    

Possédons-nous
les mots que nous livrons
à d’autres?
nous le croyons
puisque nous les portons
en nous

Nous les portons
les mots de tous
même ceux qui suintent
de notre sueur
ceux qui saignent
de notre sang
ceux qui jouissent
de notre plaisir
ceux qui germent
de notre sève

Les mots de chacun
sont à tous
chacun les reçoit de tous
et les porte
vers chacun

Les mots ne sont pas
de nous
ils sont de ce corps
anonyme
sans visage
qui ne peut se passer
de nous
pour exister

Les mots que nous portons
et que nous prononçons
nous croyons les forcer
à devenir les nôtres
c’est eux qui nous font
leur

Les mots viennent d’ailleurs
d’on ne sait où
ils vont ailleurs
on ne le saura pas
Nous sommes traversés
par les mots

(Robert Mallet)

 

Recueil: Presqu’îles presqu’amours
Traduction:
Editions: Gallimard

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Franchises vénéneuses (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018




    
Franchises vénéneuses
salutaires mensonges
subtilités sauvages
agressives patiences
pardons impitoyables
dévorants aliments
nourrissantes morsures
baisers qui font saigner
aveux qui font mystère

Si rugueuses tendresses
si donnantes conquêtes
si riantes rigueurs
si douces cruautés
si ferventes froideurs
et si fraîches brûlures
qu’on ne sait pas
entre ombre et jour
entre supplice et volupté
où naît et meurt l’amour

(Robert Mallet)

 

Recueil: Presqu’îles presqu’amours
Traduction:
Editions: Gallimard

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On ne s’y reconnaît plus (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018



Illustration: Lucie Llong
    
On ne s’y reconnaît plus
entre amoureux et tueurs

trop d’empreintes digitales
sur la peau des passions
trop d’emprises dessinées
sur la tendresse des chairs
trop de signes possessifs
sur les corps abandonnés

Portons des gants pour étreindre
et même pour caresser

ou ne touchons plus à rien

(Robert Mallet)

 

Recueil: Presqu’îles presqu’amours
Traduction:
Editions: Gallimard

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Mobilisation générale, 1914. (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018



    

Mobilisation générale, 1914.

Ils marchaient en chantant
vers Berlin
via la gare de l’Est
fleur au fusil
La belle guerre en poésie
sous les vivats
de ceux qui ne la feraient pas!

La nuit, dans un wagon de marchandises
les fleurs se desséchaient
à la bouche d’acier muette
des canons noirs glacés
les corps fanés mêlaient leurs rouges pantalons
avant d’être couchés ailleurs
mêlant d’autres rougeurs
balle au fusil

(Robert Mallet)

 

Recueil: Presqu’îles presqu’amours
Traduction:
Editions: Gallimard

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Au-dessus des herbes (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Au-dessus des herbes
le ciel est le même
qu’au-dessus des arbres

Nous ne sommes pas
assez petits
pour le savoir

(Robert Mallet)

 

Recueil: Presqu’îles presqu’amours
Traduction:
Editions: Gallimard

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Ne descend ni ne monte le temps (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018



Illustration: Andrey Kartashov
    
Ne descend ni ne monte le temps
faîte du toit aux deux versants
vertigineusement ruisselants
de futur et passé dévorant
le présent qui les fait par l’instant
et qu’ils font et défont dès l’instant
éternellement inexistant
n’étant que le passage du temps

Ô ce temps impossible à saisir
malgré les battements si forts, si présents
de la chair qui respire et soupire
malgré le pouls pointillé qui défend
la ligne sûre des désirs
malgré les voluptés et cruautés
de l’attente et du souvenir
malgré le halètement cadencé
des instants existants

Ô ce temps sans devenir
où survient notre temps!

(Robert Mallet)

 

Recueil: Presqu’îles presqu’amours
Traduction:
Editions: Gallimard

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Silencieux, invisible immense (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2018



Illustration: Francisco Goya
    
Silencieux, invisible
immense, un mufle
avant de le happer
flaire l’homme
que l’on voit renifler
bruyamment
l’odeur de ses proies
qui reniflent l’odeur
des leurs
qui…

Ainsi de suite
jusqu’au souffle
où toutes proies
vivant de proies
meurent
sous les crocs
d’on ne sait qui

(Robert Mallet)

 

Recueil: Presqu’îles presqu’amours
Traduction:
Editions: Gallimard

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