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Posts Tagged ‘roc’

Ce n’était pas ma faute (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2018


eau

Un Tigre Mourant – geignait de Soif –
Je fouillais tout le Sable –
Cueillis l’Eau s’égouttant d’un Roc
Et la portai dans ma Main –

Ses Nobles Yeux – dans la mort étaient troubles –
Mais en scrutant – je pus voir
Une Vision sur sa Rétine
De l’Eau – et de moi –

Ce n’était pas ma faute – si ma hâte ne suffit pas –
Ce n’était pas sa faute – s’il mourut
Comme j’allais l’atteindre –
Mais le fait est – qu’Il était mort –

(Emily Dickinson)

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C’était tiède – au début – (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2018


le-froid-laisse-des-traces_313

C’était tiède – au début – comme Nous –
Puis peu à peu s’y déposa
Une Froideur – de givre sur la Vitre –
La scène entière – s’effaça –

Le Front imita la Pierre –
Les Doigts s’engourdirent –
Et comme un Ruisseau sous les Glissades –
Les yeux alertes – se figèrent –

Il se raidit – et ce fut tout –
Entassa Froide sur Froid –
Multiplia l’indifférence –
Fort de son seul Orgueil –

Et même lorsqu’avec des Cordes –
On le descendit, tel un Poids –
Sans un Signe, sans hésitation,
Comme un Roc il s’abîma.

(Emily Dickinson)

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Je creuserais (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2018



Je me soucierais peu — de Murs —
L’Univers fût-il — un Roc —
Tant que viendrait son Appel clair
De l’autre côté du Bloc —

Je creuserais — jusqu’à ce que mon Tunnel
S’ouvre soudain sur le sien —
Ma face aurait alors sa Récompense —
Mes yeux dans ses Yeux —

Mais il s’en faut d’un Cheveu —
D’un filament — d’une loi —
D’une Toile — tissée dans l’Acier —
D’un Rempart — de Paille —

D’un seuil pareil au Voile
Sur le visage de la Dame —
Mais chaque Maille — une Citadelle —
Et des Dragons — dans les Plis —

***

I had not minded — Walls —
Were Universe — one Rock —
And far I heard his silver Call
The other side the Block —

I’d tunnel — till my Groove
Pushed sudden thro’ to his —
Then my face take her Recompense —
The looking in his Eyes —

But ’tis a single Hair —
A filament — a law —
A Cobweb — wove in Adamant —
A Battlement — of Straw —

A limit like the Vail
Unto the Lady’s face —
But every Mesh — a Citadel —
And Dragons — in the Crease —

(Emily Dickinson)


Illustration

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Sous la falaise (Jacques Chessex)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2018




    
Sous la falaise

Quand tu marches sous la falaise
N’oublie pas de faire offrande
D’une pensée transparente au pèlerin
N’oublie rien de son vol de cendre
Plus rapide que la pierre qui tombe du roc
O meurtrier silencieux
Souviens-toi de son vol plus lointain
Que le vent qui se jette à l’amont du fleuve
De sa trace coupante au nuage
Imite cet oiseau serein et cruel
Envie sa justice de maître de la vie et de la mort
Passant songeur, envie son aire et la sagesse de sa retraite
Et quand vient l’heure de l’ombre
Jour après jour souviens-toi de plonger en elle
Comme l’oiseau se jette au vide
(Ainsi le cœur au mal, l’âme au vent sans mémoire)
Et regarde en toi blanchir le gouffre
Passant calme
En retard sur l’eau des rêves

(Jacques Chessex)

 

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ROC (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2018




ROC

Ce qu’il y a de pierre en moi connaît la pierre,
Substance du roc qui se rappelle l’interminable interminable
Simplicité de l’immobile
Tandis que les soleils torrides, les âges de glace
Passent sur le visage du roc aussi vite que les jours.
Dans le plus long des temps se font les changements du roc,
Au plus lent de tous les rythmes, les pulsations
Qui soulèvent du coeur de la planète les chaînes de montagnes
Et les désagrège en sable au fond de la mer.

Demeure en moi la trace de la durée du roc.
Ma substance éphémère était immobile dans les veines de
la terre depuis le commencement,
Attendant patiemment sa délivrance, ne demandant pas
Quand viendrait, quand, la floraison, le flot,
La vibration, l’éveil, l’envol,
Cette nuit attendue longtemps, la venue de l’époux.

Ce qu’il y a de pierre en moi connaît la pierre,
Dont le seul état est la stase
Tandis que le cycle lent des étoiles fait tournoyer un monde de rocs
A travers les années-lumière où dans mon cauchemar je tombe en criant :
 » Dois-je traverser une distance insondable pour toujours et toujours ?  »
Tout ce qui est roc en moi répond :
 » Toujours, s’il le faut ; sois, et dure ; endure.  »

***

ROCK

There is stone in me that knows stone,
Substance of rock that remembers the unending unending
Simplicity of rest
While scorching suns and ice ages
Pass over rock-face swiftly as days.
In the longest time of all come the rock’s changes,
Slowest of all rhythms, the pulsations
That raise from the planet’s core the mountain ranges
And weather them down to sand on the sea-floor.

Remains in me record of rock’s duration.
My ephemeral substance was still in the veins of the earth
from the beginning,
Patient for its release, not questioning
When, when will come the flowering, the flowing,
The pulsing, the awakening, the taking wing,
The long longed-for night of the bridegroom’s coming.

There is stone in me that knows stone,
Whose sole state is stasis
While the slow cycle of the stars whirls a world of rock
Through light-years where in nightmare I fall crying
” Must I travel fathomless distance for ever and ever? »
All that is in me of the rock, replies
 » For ever, if it must be: be, and be still; endure. »

(Kathleen Raine)

 

 

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Nous n’entendons pas l’harmonie (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2018




Nous n’entendons pas l’harmonie
Qui résonne tout à l’entour;
Le corps saigne sur le fer et les ronces
De roc et de feu
Jusqu’à ce que la mort brise les formes élémentaires
Et libère la musique des sphères
Qui sans cesse bâtit les mondes.

***

We do not hear the harmony
That sounds about us everywhere;
Sense bleeds on iron and thorns
Of rock and fire
Until death breaks the elemental forms
To free the music of the spheres
That builds all worlds continually.

(Kathleen Raine)

Illustration: Pablo Amaringo

 

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PASSAGE DE L’INCONNU (Jean Sénac)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2018




    
PASSAGE DE L’INCONNU

Fuyez ! Ne laissez rien !
Pas une trace obscure
sur le roc ! La mer est passée.

Que la lumière joue,
la mémoire ne dure
que l’instant d’un baiser.

Ton visage… Était-il
mitoyen de l’aurore
ou crispé dans sa nuit ?

Cheveux fous ! De mon coeur
il ne reste qu’un cri
que le soleil dévore.

(Jean Sénac)

 

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Entre force et fatigue (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2018




    

Entre force et fatigue

La pierre cède les ongles cèdent
les forces meurent pour s’accrocher
ah lâcher tout et ricocher
de pierre en pierre vers la douceur

vers la douceur des grandes nuits
vers la toilette de la pluie
vers la candeur des lèvres closes
vers le repos sous les paupières

donner courage c’est fini
et le grand jeu du coeur d’ici
pas de ce monde je t’en prie
pas de ce roc de cette farce

je lâche.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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J’AI TOUT PERDU (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2018




J’AI TOUT PERDU

J’ai tout perdu de l’enfance,
Jamais plus je ne pourrai
Perdre mémoire à crier.

L’enfance, je l’ai enfouie
Au fond des nuits.
A présent, lame invisible,
Elle me coupe de tout,

Je me souviens comment
J’exultais de t’aimer,
A présent je suis perdu
Dans l’illimité des nuits.

Désespoir incessant, croissant,
La vie ne m’est plus rien,
En travers de la gorge,
Qu’un roc de cris.

(Giuseppe Ungaretti)

Illustration

 

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M’approcher du ciel (Yann Redor)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2018



 

escalade

Les rocs accrochés
A la brûlure d’un doigt
M’approcher du ciel

(Yann Redor)

 

 

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