Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘rochers’

POSTLUDIUM (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2018



POSTLUDIUM

Je racle comme une drague sur le fond de la terre.
Ne s’accrochent que des choses dont je n’ai nul besoin.
Indignation lassée, résignation ardente.
Les bourreaux emportent les rochers. Dieu écrit sur le
sable.

Chambres calmes.
Les meubles sont prêts à l’envol dans la clarté lunaire.
Doucement j’entre en moi
par une forêt d’armures creuses.

(Tomas Tranströmer)

 

 

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COUPABLE DE TRISTESSE (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2017



COUPABLE DE TRISTESSE

A la fin ne te sauvera plus la tristesse
Avec son mur usé tu seras confond
Les mots de tes amis devant toi passeront
Grands petits joyeux noirs ne disant rien de toi

Ma poitrine un jardin
Où dorment les oiseaux
Et quand mes yeux y brillent
S’y battent les oiseaux
Et quand mes souvenirs
Remuent dans la poussière
Les oiseaux fuient de là
Ma poitrine un jardin
Dans un été de ville
Seule dans l’âpreté
Quand les maisons sont pires
Que monstres et rochers

Et ce livre est dessous
La plus large des mains
Elle nous porte tous
Charpente de chagrin
si les oiseaux y chantent
Vivent légèrement
Je suis de la charpente
Et je connais la main

I1 faut donc me chasser
Celui qui vous en prie
Est le coupable en vie

Mais dans le grand verger
Je suis un de vos arbres

(Pierre Morhange)


Illustration: Henri Matisse

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Dans les brisants (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2017



Dans les brisants,
Dans les cris des goélands,
Dans l’écume qui retombe en eau,
Dans la marée qui commence à monter,
Dans le goémon qui s’accroche aux rochers,

Je me convie.
Je m’y retrouve.

(Guillevic)


Illustration

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Au moulin du bois froid… (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2016



Au moulin du bois froid où coule de l’eau claire,
près des rochers, il y a de la fougère.

Tout près du bois bleu, une jeune fille blonde
lavait le linge et l’eau coulait à l’ombre.

Et elle avait retroussé sa robe assez haut :
on voyait ses jambes blanches dans l’eau.

Et les chemins étaient frais, étroits, mauvais, noirs,
comme si ç’avait été le soir.

Les chênes ronds et durs empêchaient la chaleur
et, sur la mousse, il y avait des fleurs.

Nous marchions sur les petits cailloux des sentiers,
près des ronces rouges, des églantiers.

Parce qu’on dépiquait du froment, la batteuse
ronflait au soleil sur la paille creuse.

Mais je repasserai dans le bois où dans l’eau
une fille fraîche a la robe haut.

J’irai sur la noire et violette bruyère
couper avec effort de la fougère.

Est-ce que la nuit, quand il y a des étoiles,
elle lave encore au ruisseau ses toiles ?

Pourquoi cela ? — Bah ! sur la bruyère violette,
sur la fille chantera l’alouette.

Et je repasserai dans le bois où dans l’eau
cette fille blanche a la robe haut.

(Francis Jammes)

Illustration: Camille Pissarro

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Mer sinistre (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2015



Mer sinistre

Au-dessus de l’océan
Sombre plane un goéland
La baie entrouvre sa bouche
Entre les dents des rochers
Que la lueur du phare touche
Sur ce rivage écorché

Agités par un vent froid
Les mâts brandissent leurs croix.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

 

 

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