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Poésie

Posts Tagged ‘roitelet’

Je crois (Walt Whitman)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2019



Je crois qu’une feuille d’herbe n’est pas moindre que
la journée des étoiles,
Et la fourmi est tout aussi parfaite, et un grain de
sable, et l’oeuf du roitelet.

(Walt Whitman)

 

 

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ANTIENNE POUR RAPPELER LES CREATURES PERDUES (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2018




ANTIENNE POUR RAPPELER LES CREATURES PERDUES

Revenez, revenez,
Oiseaux sauvages, revenez!
Alouette vers l’herbe,
Roitelet vers la haie,
Corneilles au faîte des arbres,
Hirondelles sur le toit,
Aigle vers son nid,
Corbeau vers sa pierre,
Oiseaux, tous, revenez !

Revenez, revenez,
Les égarés, revenez,
Lapin au terrier,
Renard à la tanière,
Souris sous les lambris,
Rat au grenier,
Bétail à l’étable,
Chien au foyer,
Animaux, tous, revenez !

Revenez, revenez,
Les errants, revenez,
Cormoran au rocher,
Mouettes loin de l’orage,
Bateau vers le port,
Sains et saufs revenez!

Enfants, revenez
Le soir, revenez,
Garçons et filles,
Des routes revenez,
Loin de la pluie,
Fils, revenez,
De l’obscurité qui grandit,
Adolescents, revenez !

Revenez, revenez,
Toutes les âmes, revenez,
Morts au cimetière,
Vivants vers les lampes,
Vieillards près du feu,
Filles loin du crépuscule,
Nouveaux-nés vers le sein
Et le coeur vers son havre,
Tous les perdus, revenez !

***

SPELL TO BRING LOST CREATURES HOME

Home, home,
Wild birds home!
Lark to the grass,
Wren to the hedge,
Rooks to the tree-tops,
Swallow to the eaves,
Eagle to its crag
And raven to its stone,
All birds home!

Home, home,
Strayed ones home,
Rabbit to burrow
Fox to earth,
Mouse to the wainscot,
Rat to the barn,
Cattle to the byre,
Dog to the hearth,
All beasts home!

Home, home,
Wanderers home,
Cormorant to rock
Gulls from the storm,
Boat to the harbour
Safe sail home!

Children home,
At evening home,
Boys and girls
From the roads come home,
Out of the rain
Sons come home,
From the gathering dusk,
Young ones home!

Home, home,
All souls home,
Dead to the graveyard,
Living to the lamplight,
Old to the fireside,
Girls from the twilight,
Babe to the breast
And heart to its haven
Lost ones home!

(Kathleen Raine)

Illustration: Adèle Steyn

 

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Les garçons et les filles s’aimaient (Armand Lanoux)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2018



Entre les viols les crimes
les parjures et les massacres
les tournois et les sacres
les garçons et les filles s’aimaient
sur les bords du ruisseau
Lorlei liseron le héron et l’eau.
Et pêchaient les pêcheurs d’alose
et de brochet
tandis que songeuses
les Eminences Roses
sirènes frileuses
regardaient à la poupe des bateaux
plonger au fil des eaux
pour prendre l’amour au filet
les carrelets beaux carrelets
de la trahison.
Colère colère du roitelet
et du pinson !

(Armand Lanoux)


Illustration

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S’asseoir sur un murger… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2017



Illustration: Alexander Nedzvetskaya
    
S’asseoir sur un murger…

S’asseoir sur un murger, les pieds dans les broussailles
Et les doigts enlacés aux rugueuses pierrailles,
Seule avec les lointains où le soleil se meurt,
Seule avec sa pensée et seule avec son coeur.

Respirer le parfum des herbes attiédies,
Ecouter la cigale aux lentes psalmodies
Vibrer parmi les brins séchés des serpolets,
Voir s’embrumer du soir le vitrail violet.

Voir s’élever du creux des placides jachères,
En arceaux imprécis, l’encens crépusculaire,
Et l’orchis opalin de la lune, aux prés bleus
Du ciel, éparpiller son pollen nébuleux.

Savourer cette odeur de la lande que baigne
Quelque ruisseau muet et filtrant sous les sphaignes,
Savourer cette odeur enivrante qui sort
Mystérieusement de la gèbe qui dort.

Goûter le souffle obscur de la forêt prochaine
Dont le frisson murmure au feuillage des chênes,
La fauve et l’âcre odeur qui vient comme un baiser
De faune sur la bouche ardemment se poser.

Et n’être que la nuit, le parfum, la bruyère,
Le tourbillon léger des derniers éphémères,
Etre le serpolet bruissant sous ma main,
Fuir hors de ce cachot qu’on nomme un coeur humain,

Mais, dans l’humilité douce des moindres choses,
Devenir l’herbe morte où le grillon repose,
Ou bien le roitelet lassé de pépier
Qui perche sommeilleux aux branches des ronciers.

(Marie Dauguet)

 

 

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L’ancien nid (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017



Illustration: Zinaïda Serebriakova
    
L’ancien nid

Pauvre anciene maison, pauvre ancien nid, je sens,
Et rien qu’en y rêvant, les parfums vénérables:
Odeur de la crédence et du buffet luisant,
Du linge blanc, des fruits mûrissants, de l’étable.

Et rien qu’en y rêvant, je palpe les vieux murs,
Les plats d’étain marqués des fleurs de lys, l’armoire,
Les faïences debout sur le dressoir obscur,
Et, dans un coin comme un miroir, la bassinoire

De cuivre ciselé. Puis je vois les landiers,
La taque avec l’écu de nos ducs de Lorraine,
La bûche qu’on tisonne et le pot sur trois pieds
Dont la complainte lente en sanglots sourds s’égrène.

Qu’on était bien le soir ensemble autour du feu
Où chacun se serrait et se cédait la place,
Parmi le grand silence intime qui délasse
Et pendant qu’au dehors le vent siffle et qu’il pleut.

Que j’en ai savouré des heures merveilleuses
En écoutant chanter la marmite à mi-voix,
Tant l’ambiance était douce et comme soyeuse:
Un nid de roitelet dans la mousse des bois.

Tout repassait au voile des paupières closes:
Les vergers saccagés et les noix qu’on gaulait,
La chasse, les halliers avec leurs feuilles roses,
La source où l’on tendait sous les joncs des lacets

Pour y prendre des rouges-gorges et des grives;
Le retour harassé dans la nuit des chemins,
Les chiens affectueux qui pas à pas vous suivent
Appuyant leurs museaux humides sur vos mains.

Parmi le grand silence intime qui délasse
Et tandis qu’au dehors le vent siffle et qu’il pleut,
En écoutant chanter la marmite à voix basse,
Qu’on était bien le soir ensemble autour du feu!

Répandant sur nous comme une tiédeur d’aile,
La grand’mère rêvait, oubliant son tricot
Et demandait soudain, à la ronde, autour d’elle:
“Mais chacun a-t-il au moins ce qu’il lui faut?”

(Marie Dauguet)

 

 

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SUR LA TRISTESSE D’AUTRUI (William Blake)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2017




SUR LA TRISTESSE D’AUTRUI

Puis-je voir le malheur d’autrui
Sans sa tristesse partager ?
Puis-je voir la douleur d’autrui
Sans tâcher de la soulager ?

Puis-je voir tomber une larme
Sans prendre ma part de tristesse ?
Un père peut-il voir pleurer
Son enfant sans être attristé ?

Une mère, entendre impassible
Un bébé gémir, apeuré ?
Non, non, jamais ce ne peut être,
Jamais, jamais ce ne peut être !

Le Souriant, peut-il entendre
Petits chagrins de roitelet,
Soucis et peines d’oiselet,
Malheurs qu’endurent les bébés,

Sans se tenir là, près du nid,
A verser en leur sein pitié,
Sans se tenir près du berceau
A pleurer les pleurs du bébé,

Sans se tenir là jour et nuit
A essuyer toutes nos larmes ?
Oh non, jamais ce ne peut être,
Jamais, jamais ce ne peut être !

Il fait à tous don de sa joie,
Il se change en petit enfant.
Il se change en homme de peine,
Et il prend part à leur tristesse.

Ne crois pas pouvoir soupirer
Sans que soit là ton créateur,
Ni pouvoir verser une larme
Sans que près soit ton créateur.

Oh, de sa joie il nous fait don
Pour pouvoir chasser notre peine ;
Tant que n’a pas fui notre peine,
Il est là, tout près, et gémit.

***

ON ANOTHER’S SORROW

Can I see another’s woe,
And not be in sorrow too?
Can I see another’s grief,
And not seek for kind relief?

Can I see a falling tear,
And not feel my sorrow’s share?
Can a father see his child
Weep, nor be with sorrow filled?

Can a mother sit and hear
An infant groan, an infant fear?
No, no, never can it be,
Never, never can it be!

And can he, who smiles on all,
Hear the wren with sorrows small,
Hear the small bird’s grief and care,
Hear the woes that infants bear,

And not sit beside the nest
Pouring pity in their breast,
And not sit the cradle near
Weeping tear on infant’s tear,

And not sit both night and day,
Wiping all our tears away?
Oh, no, never can it be,
Never, never can it be!

He doth give his joy to all,
He becomes an infant small.
He becomes a man of woe,
He doth feel the sorrow too.

Think not thou canst sigh a sigh,
And thy maker is not by;
Think not thou canst weep a tear,
And thy maker is not near.

Oh, he gives to us his joy
That our grief he may destroy;
Till our grief is fled and gone,
He doth sit by us and moan.

(William Blake)

Illustration

 

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Conjugaison de l’oiseau (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2016



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Conjugaison de l’oiseau

J’écris (à la pie)
J’écrivais (au geai)
J’écrivis (au courlis)
J’écrirai (au pluvier)
J’écrirais (au roitelet)
Écris ! (au sirli)
Que j’écrive (à la grive)
Que j’écrivisse (à l’ibis)
Écrivant (au bruant)
Écrit (au pipit)

(Luc Bérimont)

Illustration

 

 

 

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LAI DE CELLACH (Poésie Irlandaise)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2016



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LAI DE CELLACH

Salut au matin blanc
qui est venu sur le sol comme une flamme,
salut à celui qui l’envoie,
le matin neuf toujours vainqueur.

Orgueilleux matin blanc,
frère du brillant soleil,
je te salue, matin blanc.
qui m’illumine mon livre.

Mon livre tacheté me dit
que ma vie n’est pas sûre
et que je craigne Malcroïn
car c’est lui qui va me frapper.

O corneille, ô corneille,
petit oiseau au manteau gris, au bec pointu,
je sais bien ce que tu veux,
tu n’est pas l’ami de Cellach.

O corbeau, toi qui croasses,
si tu es affamé, ô oiseau,
ne t’en va pas de ce château
que tu n’aies mangé ton content de ma chair.

Le milan de l’if de Cluain Eo,
avide, viendra lui aussi prendre part au combat,
il me prendra dans ses serres bleues
et de moi ne pourra se séparer.

Le renard qui est dans le bois ténébreux
aura tôt fait de les rejoindre,
il mangera de mon sang et de ma chair
dans les confins froids et sans issue.

Le loup qui est dans le château,
à l’est de Druim meic Dair,
viendra à moi dans une heure
pour être le chef de la troupe.

J’ai eu un songe
en la nuit de mercredi,
les chiens sauvages me traînaient,
à l’est, à l’ouest, parmi les bruyères rouges.

J’ai eu un songe,
on me portait dans une vallée,
ils étaient quatre pour me prendre,
il me semble qu’ils ne me ramenèrent point.

J’ai eu un songe,
mes disciples me portaient à leur maison,
ils me versèrent une boisson,
ils burent une boisson à ma santé.

O petit roitelet à la queue maigre,
c’est pitié que tu aies promis ta chanson,
si tu es venu pour me trahir
et m’enlever la vie…

La vie de Cellach de Cillala.
Traductions de JEAN MARKALE.

(Poésie Irlandaise)

 

 

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Chaque matin (Kawai Chigetsu)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2015



 

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Chaque matin
Un roitelet s’approche
Petit à petit

(Kawai Chigetsu)

Illustration

 

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