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Posts Tagged ‘(Roland Brachetto)’

LE VILLAGE (Roland Brachetto)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018



LE VILLAGE

Le village quadrille le soleil
damier de soufre et de salpêtre
pêcherie des souffrances tues

Le long apprentissage à n’être rien
en nos veines descend monacale brûlure
et l’orgueil se consume
et chaque ombre ferme son poing
sur un vacillement de vie
telle une lampe à jamais sous le vent
s’enferme en sa fragilité

Ô ces longs regards sous la pierre
qu’ouvre tout grand la lourde obscurité
toujours prompte à peser dans les choses
L’absence d’espérer alourdit les paupières
jusqu’au nocturne poids du végétal

Amère finitude
qui restreint l’âme à la chair
la chair à la faim la faim à la nuit

(Roland Brachetto)

Illustration

 

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LE SANG DU VOYAGEUR (Roland Brachetto)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2015



tache-sang

LE SANG DU VOYAGEUR

Le voyageur descend de la colline
la coutelière s’allonge au pied de l’arbre
le chien noir précède le voyageur
le soleil caresse la colline
l’ombre de l’arbre coupe le chemin blanc
la colline s’allonge aux pieds du voyageur
la coutelière coupe le soleil noir
le pied de la colline caresse la coutelière
l’arbre s’allonge à l’ombre du soleil
le chien blanc précède le chemin noir
l’ombre de la coutelière coupe le voyageur
le voyageur descend de l’arbre blanc
le chemin du soleil l’ombre de la colline
le sol noir l’oeil blanc le cou du chien
la main de la coutelière le pied
de l’arbre le sang du voyageur

(Roland Brachetto)

 

 

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L’ÉPOUSE DU VOISIN (Roland Brachetto)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2015



L’épouse du voisin
a revêtu son lit de sable chaud
elle entrouvre des temples d’érable et d’acajou
elle recueille sous sa robe les troupeaux aveuglés
tous les lacs de Finlande
la voici dentellière semeuse de libellules
l’oreille collée contre une armoire secrète
pour entendre gargouiller l’enfant-roi
elle affûte la proue brise le joug
elle tourne son pubis imberbe vers la lumière
puis se laisse couler dans le donjon de ciment frais
la voici messagère en émoi
fuyant les arbres morts saluant l’autobus
hosanna
l’épouse du voisin déroule nuit et jour
une échelle de soie
de table en table elle traverse l’étendue
les bras chargés de jouets transparents

(Roland Brachetto)

Illustration: Alex Alemany

 

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Dans les soupentes s’effleurent les élytres (Roland Brachetto)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2015



Dans les soupentes
s’effleurent les élytres,
scintillent les écailles.

Le vent par intervalles disperse les pelures.

Une porte grince
quelque part dans le monde.

(Plumages.)

Les voliges tressaillent,
chaque lampe somnole au fond de son orbite.

On flaire dans les recoins des arômes de femme nue.

(Pluie d’étoiles,
semences,
bruissements de chevelures et de feuilles.)

Le temps passe.
Le sang coule.
Les pattes se déplient.
Les ailes se déploient

(Roland Brachetto)

Illustration

 

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Si pouvait se fendre le mur (Roland Brachetto)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2015



Si pouvait se fendre le mur
là où la nuit se continue

dans les terrains vagues de l’impossible
ton regard se mouillant d’une fraîcheur de mer
nous verrions enfin l’impur nous épier
L’envers de vivre aussi nous ramène à nous-mêmes

par d’autres chemins que ceux du souffrir
à travers d’autres arbres que les bras du quotidien
Vertical un parfum de feuillage futur
part de la souche morte vers celui
des sommeils que nous avons en commun
avec les murs de la mémoire

(Roland Brachetto)

 

 

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Fermer les yeux miser sur l’obscur (Roland Brachetto)

Posted by arbrealettres sur 7 octobre 2015



Fermer les yeux miser sur l’obscur
et s’en tenir à son legs
quoi qu’il arrive au quartier appelé Petite Sicile
même si dans l’odeur du goudron la faim persiste
et que se gorge de chaleur la misère
et que l’âme s’accroupisse
sous le plus petit des os douloureux
quelque feu cassant consumant sa rancoeur
je veux rester ici misant sur l’obscur
et m’en tenant à son legs
Le seul fût qui veuille la fixer
cette âme de feuillage fragile
il est ici dans la noirceur du plus beau soleil

(Roland Brachetto)

Illustration: Joseph Galante

 

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Va dans le vent chien filasse (Roland Brachetto)

Posted by arbrealettres sur 7 octobre 2015



Va dans le vent chien filasse
suis l’enterrement de ta honte de chien

Enterre aussi les pierres parmi les plantes grasses
toi que la mémoire ne cesse d’ensevelir

Ma vie dans la friable dureté de la nuit
sédimente peu à peu

Un lit de pierre un repos d’ombre ce creux
dans le désir et tout s’accomplira

(Roland Brachetto)

 

 

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Jardins d’été jardins d’oiseaux noyés (Roland Brachetto)

Posted by arbrealettres sur 7 octobre 2015



Jardins d’été jardins d’oiseaux noyés
refaites en nous le difficile clivage
qu’un seul terreau soit vierge
de toutes racines pourries de toutes graines folles
que pourraient y mettre l’ardeur ou le remords
À peine sous le vent se penche l’herbe
être n’est pas plus difficile
que ployer quand le vent vient de la mer
et qu’il pénètre en nous sans heurt
et que flottent les brindilles de la clarté
et que vous êtes chauds comme un mouton couché
ô jardins d’été calcinant oubli

(Roland Brachetto)

Illustration: Céline Decubber

 

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