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Posts Tagged ‘rôle’

En vertu de l’amour (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2019



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En vertu de l’amour

Je n’ai rien séparé mais j’ai doublé mon coeur
D’aimer, j’ai tout créé ; réel, imaginaire,
J’ai donné sa raison, sa forme, sa chaleur
Et son rôle immortel à celle qui m’éclaire.

(Paul Eluard)

Illustration: Pablo Picasso

 

 

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Chaque jour en des instants semblables quelqu’un, quelque chose (Franck Venaille)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2019




    
QUELQU’UN, QUELQUE CHOSE

chaque jour
en des instants semblables
quelqu’un, quelque chose, sous quelle forme?
me rejoint — chaque jour — me rejoint –
m’enfonce le visage dans un sac et là, me terrorise et me fait mal
mêlé au grain, dans l’odeur d’écurie
ou
d’étable — chaque jour — me terrorise et me fait mal
c’est
c’est sa fonction, son rôle
voici exactement ce qui se passe, ce qu’il advient de moi au présent
lorsque
la chose approche, m’empêche — tête dans le sac — de respirer
c’est pour
c’est pour t’apprendre l’humilité
me dit une voix que je puis qualifier encore d’humaine
c’est pour cela
que
chaque jour, en des instants semblables,
la vie
se rétracte un peu plus encore
plus pénible
voici

(Franck Venaille)

 

Recueil: Ça
Traduction:
Editions: Mercure de France

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Ni fleur ni couronne (Bernard Lorraine)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2019



Ni fleur ni couronne

Ni fleur
ni couronne
ni pleur
ni parole

ni deuil
ni prière
au seuil
du mystère

ni marbre
ni granit
mais l’arbre
au zénith

Là-haut
un lexique
d’oiseaux
à musique

Remettre
mon néant
au maître
de céans !

Rendus
tous mes rôles.
Perdu
corps et biens.

Enfoui…
Je n’y suis
pour rien
ni personne.

(Bernard Lorraine)


Illustration: Gilbert Garcin

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Troublant (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2018




Troublant de me déshabituer
de l’heure où je suis née.
Troublant de ne plus jouer
mon rôle de fraîche arrivée.

(Alejandra Pizarnik)

Illustration

 

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Je ne suis plus le miroir (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018



Je ne suis plus le miroir
Où pour la première fois
Sans ombre tu te parlas
Ravie d’avoir enfin un compagnon limpide
Tu crus qu’il te parlait il jeta un grand cri
Et tu t’éveillas en sursaut
Ton ombre reprenait le chemin de ton corps
Les portes se fermaient
La vitre tombait dans l’oubli
Le portrait s’effaçait sous tes gestes serrés
Et le soir distribuait les rôles
Un pain à celui-ci à tous les autres un pain
Pâture moindre mal

(Paul Eluard)


Illustration: John William Waterhouse

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Est-ce ainsi que les hommes vivent (Louis Aragon)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018



Illustration: Lucie Llong
    
Est-ce ainsi que les hommes vivent
(adaptation de Léo Ferré)

Tout est affaire de décor
Changer de lit changer de corps
À quoi bon puisque c’est encore
Moi qui moi-même me trahis
Moi qui me traîne et m’éparpille
Et mon ombre se déshabille
Dans les bras semblables des filles
Où j’ai cru trouver un pays.

Coeur léger coeur changeant coeur lourd
Le temps de rêver est bien court
Que faut-il faire de mes jours
Que faut-il faire de mes nuits
Je n’avais amour ni demeure
Nulle part où je vive ou meure
Je passais comme la rumeur
Je m’endormais comme le bruit.

C’était un temps déraisonnable
On avait mis les morts à table
On faisait des châteaux de sable
On prenait les loups pour des chiens
Tout changeait de pôle et d’épaule
La pièce était-elle ou non drôle
Moi si j’y tenais mal mon rôle
C’était de n’y comprendre rien

Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent

Dans le quartier Hohenzollern
Entre La Sarre et les casernes
Comme les fleurs de la luzerne
Fleurissaient les seins de Lola
Elle avait un coeur d’hirondelle
Sur le canapé du bordel
Je venais m’allonger près d’elle
Dans les hoquets du pianola.

Le ciel était gris de nuages
Il y volait des oies sauvages
Qui criaient la mort au passage
Au-dessus des maisons des quais
Je les voyais par la fenêtre
Leur chant triste entrait dans mon être
Et je croyais y reconnaître
Du Rainer Maria Rilke.

Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent.

Elle était brune elle était blanche
Ses cheveux tombaient sur ses hanches
Et la semaine et le dimanche
Elle ouvrait à tous ses bras nus
Elle avait des yeux de faïence
Elle travaillait avec vaillance
Pour un artilleur de Mayence
Qui n’en est jamais revenu.

Il est d’autres soldats en ville
Et la nuit montent les civils
Remets du rimmel à tes cils
Lola qui t’en iras bientôt
Encore un verre de liqueur
Ce fut en avril à cinq heures
Au petit jour que dans ton coeur
Un dragon plongea son couteau

Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent.

(Louis Aragon)

 

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Ce monde-ci n’est qu’une œuvre comique (Jean-Baptiste Rousseau)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2018



Ce monde-ci n’est qu’une œuvre comique
Où chacun fait ses rôles différents.
Là, sur la scène, en habit dramatique,
Brillent prélats, ministres, conquérants.
Pour nous, vil peuple, assis aux derniers rangs,
Troupe futile et des grands rebutée,
Par nous d’en bas la pièce est écoutée,
Mais nous payons, utiles spectateurs ;
Et, quand la farce est mal représentée,
Pour notre argent nous sifflons les acteurs.

(Jean-Baptiste Rousseau)

Illustration

 

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VISAGES (Serge Brindeau)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2018



VISAGES

L’amitié
Multiplie mon visage

Le ciel commence à l’aube
Et l’aube à chaque feuille poussée du pied
Le temps qu’il fait
Me livre à mon double de terre
Sous le soleil
Oscillant entre deux lignes de neige rouge
Mon désir d’être
Me cloue les bras en croix
Aux planches du décor
Défiguré par la lumière
J’offre mes mains au plus offrant de certitude
J’ignore le tracé de mes lèvres
Et la couleur de mes yeux
Je joue mon rôle pour les arbres et pour l’herbe
Et pour la fleur changeante de la fièvre
J’oublie mon point blanc dans le ciel
Quand mes amis se souviennent
Des portes de la ville aux sept promesses
Personne ici n’apportera le pain partagé
Dès l’aurore
Personne la confiance
Personne l’unité qui prolonge la nuit dans le jour

Ailleurs m’attend le vin de palmes
L’amitié me divise
Et l’amour me rassemble

(Serge Brindeau)

 

 

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Reste une buée (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2018



Illustration: Lazo de Valdez Elisa
    
reste une buée
une vitre grise
sans visage
sans jardin

quel rôle endosser
quelle partition d’être

on ne sait plus

(Antoine Emaz)

 

Recueil: LIMITE
Traduction:
Editions: Tarabuste

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Le chauffeur du car (Jean-Pierre Chambon)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2018




    
Le chauffeur du car veille
à saluer l’entrée
de chacun des personnages
qui jour après jour
avec d’infimes variations
qui font le charme du recommencement
reprennent leur place et leur rôle
dans la saynète sans parole
de son petit théâtre ambulant

(Jean-Pierre Chambon)

 

Recueil: Tout-venant
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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