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Poésie

Posts Tagged ‘romance’

ECHO DE ROMANCE (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



ECHO DE ROMANCE

Le ciel d’azur s’en est allé
Et le printemps n’est plus en vue,
J’ai attendu j’ai soupiré,
— Et tu n’es point venue !

L’été aussi s’en est allé
Avec ses nuits, la plaine est nue,
Près des tilleuls j’ai soupiré
— Et tu n’es point venue !

L’automne aussi a pris congé,
Et les feuilles jonchent les rues,
Je t’ai hélée et j’ai pleuré
— Et tu n’es point venue !

Et demain, dans l’hiver blafard
De moi rien tu ne sauras plus.
Non, ne viens plus, il est trop tard.
— Non, ne viens plus !

(George Bacovia)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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VERSET ROMANCE (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2019



VERSET ROMANCE

Plus ne puis te chanter
Des romances
Tout s’est tu autour de moi,
Ma vie s’écoule facticement,
Et point ne trouve de chant nouveau…

Agent secret fut mon amour
Mais point ne sais
Quand il s’est démasqué.
Plus ne puis te chanter
Des romances,
Et il est sûr
Que les ai oubliées…

(George Bacovia)

 

 

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Romance (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2019



 

Sonia Mandel   Une_Hirondelle_chez_Vous_40_x_40_5103

Romance

Quand vous me montrez une rose
Qui s’épanouit sous l’azur,
Pourquoi suis-je alors plus morose ?
Quand vous me montrez une rose,
C’est que je pense à son front pur.

Quand vous me montrez une étoile,
Pourquoi les pleurs, comme un brouillard,
Sur mes yeux jettent-ils leur voile ?
Quand vous me montrez une étoile,
C’est que je pense à son regard.

Quand vous me montrez l’hirondelle
Qui part jusqu’au prochain avril,
Pourquoi mon âme se meurt-elle
Quand vous me montrez l’hirondelle,
C’est que je pense à mon exil.

(François Coppée)

Illustration: Sonia Mandel

 

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LES GAS ET LES FILLES (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018



Illustration: Paul Rubens 
    
LES GAS ET LES FILLES

En leurs cotillons de futaine
Qui flottent et claquent au vent,
Les filles s’en vont, en rêvant,
Laver le linge à la fontaine…
Et, sous les couchants au front d’or,
Les gâs, en chantant leur romance,
Jettent le grain de la semence
Au sein de la glèbe qui dort.

De quoi rêvent les filles ?
— Des gâs !
Et que chantent les gâs ?
— Les filles!

Timides, sous leurs coiffes blanches,
Et prises de vagues espoirs,
Les filles aux lourds chignons noirs
S’en vont danser, les beaux dimanches ;
Et les gâs, entendant gémir
La viole aux voix caressantes,
Au plus profond de leur chair sentent
L’énervant frisson du désir.

Que souhaitent les filles ?
— Les gâs !
Et que veulent les gâs ?
— Les filles !

Les soirs, parmi les landes pleines
De l’encens fauve des genêts,
Les filles jettent leurs bonnets
Par dessus les moulins des plaines.
Et les gâs, en l’ombre des bois
Où tremblotte la lune rose,
S’en vont cueillir la fleur éclose
Qui ne se cueille qu’une fois.

Qui fait fauter les filles ?
— Les gâs !
Et qui pousse les gâs ?
— Les filles !

Par les prés où dorment les songes
Les filles vont à pas dolents,
Portant l’Ennui dans leurs seins blancs
Et sur leurs lèvres des Mensonges ;
Et les gâs vont suivant leur cœur
Qui, dans sa course vagabonde
Leur fait faire, avec brune ou blonde,
Les étapes de la douleur.

Qui délaisse les filles ?
— Les gâs !
Et qui trompe les gâs ?
— Les filles !

Les filles vont ; traînant leurs peines,
Le front morne et les yeux rougis,
Au bas des calvaires où gît
L’amant divin des Madeleines ;
Et les gâs, qui ne veulent plus
De l’amour retenter l’épreuve,
S’en vont se jeter dans le fleuve,
Ou s’étrangler sur les talus…

Qui fait pleurer les filles ?
— Les gâs !
Et trépasser les gâs ?
— Les filles !…

(Gaston Couté)

 

 

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LES P’TITS OISEAUX CHANTAIENT TROP FORT… (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018



Illustration: Marc Chagall

    

LES P’TITS OISEAUX CHANTAIENT TROP FORT…

Voilà : ce matin je voulais
Honorer d’un brin de romance
L’éveil des nids pleins d’oiselets
Et le doux printemps qui commence
J’ai débouché mon encrier,
Pris une plume et du papier

Refrain
J’ai voulu faire une chanson
Mais tireli tirelirette
Dans mon champ rempli de moisson
Mais tireli tirelirette
Les p’tits oiseaux chantaient trop fort (bis)

Au bout des vers de ma chanson
Tombèrent d’un vol unanime
Fauvette, bouvreuil et pinson
Dont le bec pilla chaque rime
Et leur refrain assourdissant
Étouffa le mien en passant.

Ainsi ce soir auprès de vous
Froissant nerveusement des roses
Je cherche les mots les plus doux
Pour vous dire certaines choses
J’en trouve trop… qui sont très bien
J’ouvre la bouche et ne dis rien.

Refrain final
Je voudrais vous causer d’amour
Mais tireli tirelirette
Dans mon coeur qu’enfête le jour
Mais tireli tirelirette
Les p’tits oiseaux chantent si fort (bis).

(Gaston Couté)

 

 

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L’hiver est pareil à l’absence (Louis Aragon)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2018



Illustration: Jan Balet
    
L’hiver est pareil à l’absence
L’hiver a des cristaux chanteurs
Où le vin gèle perd tout sens

Où la romance a des lenteurs
Et la musique qui m’étreint
Sonne sonne sonne les heures
L’aiguille tourne et le temps grince
L’aiguille tourne et le temps grince

(Louis Aragon)

 

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Le Matin (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



 

Illustration: Marc Chagall 
    
Le Matin

Cri du coq
Chant du cygne de la nuit
Monocorde et fastidieux message
Qui me crie
Aujourd’hui ça recommence
Aujourd’hui encore aujourd’hui
Je n’entends pas ta romance
Et je fais la sourde oreille
Et je n’écoute pas ton cri
Pourtant je me lève de bonheur
Presque tous les jours de ma vie
Et j’égorge en plein soleil
Les plus beaux rêves de mes nuits.

(Jacques Prévert)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Histoires
Traduction:
Editions: Folio

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ROMANCE (Max Jacob)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018




Illustration: Andrzej Malinowski

    
ROMANCE

Je garde dans la solitude
comme un pressentiment de toi.
Tu viens ! et le ciel se déploie,
la forêt, l’océan reculent.

Tous deux le soleil nous désigne
par-dessus la ville et les toits
les fenêtres renvoient ses lignes
les fleurs éclatent comme des voix.

Lorsque ton jardin nous reçoit,
ta maison prend un air étrange :
comme un reflet, la véranda
nous accueille, sourit et change.

Les arbres ont de grands coups d’ailes
derrière et devant les buissons.
La vague, au loin, parallèle,
se met à briller par frissons.

Je garde dans la solitude
comme un pressentiment de toi.
Tu viens ! et le ciel se déploie,
la forêt, l’océan reculent.

(Max Jacob)

 

Recueil: Actualités éternelles
Traduction:
Editions: De la Différence

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ROMANCE NOCTURNE (Georg Trakl)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018



 

ROMANCE NOCTURNE

Un solitaire au clair d’étoiles
S’en va dans la calme minuit.
L’enfant s’éveille ivre de rêves,
Ses traits croulent gris dans la lune.

La folle geint cheveux au vent
A fa fenêtre grillagée.
Sur le lac vont en douce errance
Des amoureux, étrangement.

L’assassin blême rit au vin,
L’effroi de mort point les malades.
La nonne prie, meurtrie et nue,
Devant la croix de son Sauveur.

La mère chantonne en sommeil.
L’enfant regarde dans la nuit
De ses yeux vrais, paisiblement.
Dans le bordel sonnent les rires.

A la chandelle dans la cave
Le défunt peint d’une main blanche
Au mur un ricanant silence.
Le dormeur chuchote toujours.

(Georg Trakl)

Illustration

 

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Ne reviens pas si tard (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2018



Illustration: Andrey Bobir
    
Ne reviens pas si tard
Romance

1
Viendras-tu? Viendras-tu? Il est tard!
Et dans la nuit
L’heure s’enfuit
Je revis ainsi qu’un cauchemar,
Tout notre amour et tes trahisons
Et tes yeux clairs et ton beau sourire
Mon coeur se déchire
Tout seul dans la maison.

Refrain 1
Ne rentre pas si tard, quand tu sais que j’attends
Que l’heure passe, minute après minute,
Comme des gouttes d’eau qui pendant leur chute
Chanson du temps
S’accélèrent
Et retentissent dans mon coeur solitaire.
Ne rentre pas si tard quand tu sais que j’attends
Que tu sais que j’attends seul avec mes pensées.
Ne rentre pas si tard après la nuit tombée.

2
Pourquoi souffrir tout ce cauchemar
La vie passe
Et s’efface
Un jour tu reviendras, mais trop tard
J’aurai fui enfin tes trahisons
Et tes beaux yeux et ton sourire
Que pourras-tu dire
Seule dans la maison.

Refrain 2
Ne rentre pas si tard, quand tu sais que j’attends
Que l’heure passe, minute après minute
Comme des gouttes d’eau qui pendant leur chute
Chanson du temps
S’accélèrent
Et retentissent dans mon coeur solitaire.
Ne rentre pas si tard, quand tu sais que j’attends
Car tu pourrais ne retrouver que le silence
Ne rentre pas si tard.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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