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Posts Tagged ‘romantique’

LE SQUELETTE ET LA ROSE (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



 

Michael Page   1979 - American Pop Surrealism painter -   (28) [1280x768]

LE SQUELETTE ET LA ROSE

Entre ses dents, j’avais posé des roses
Et sur son crâne un chandelier d’argent.
Je me croyais romantique, mais non !
J’étais un homme et je pleurais un corps.

J’interrogeais ce qu’il reste d’un être
Lorsque l’oiseau, de son nid désertant,
Cherche refuge — Ô les fleurs de la mort
Ne pousseront jamais qu’en pleine terre.

S’agenouillant, le roi pose ses lèvres
Sur une pierre. Il entend battre, battre
Ce qu’il croit vivre au-delà des parois
Mais c’est l’écho des vieilles solitudes
Qui lui rappelle une femme, une femme.

Le savait-il qu’un crapaud dans la pierre
Se nourrissait de ce temps préservé ?
Dans un cercueil d’étain noir il voyage
Mon beau squelette amoureux d’une rose.

(Robert Sabatier)

Illustration: Michael Page 

 

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A la fin il y en a marre (Dan Fante)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2017




    
A la fin il y en a marre
d’expliquer

les gens te voient comme tu es ou pas

pourquoi se crever à décrire le brouillard sur Venice
ou la passion des sublimes Chevrolet 1957
— ça intéresse qui ? —
soit tu es branché brouillard et Chevrolet soit pas

Pour moi la magie tient à la vie elle-même
au cadeau immérité
d’être ici présent
de foncer tête baissée contre les murs
ou assis dans un fauteuil à m’extasier sur l’origine du souffle

La vie est improvisation — du théâtre — avec billet de faveur —
imprévisible
horrible
grotesque
absurde
brutale
précieuse
et
romantique

une aventure

Je sais que je ne vaux pas cher — mais je suis ce que je pense

***

After a while you just get tired
of explaining things

people see you for what you are or they don´t

why try to describe the fog on Venice Beach
or having a passion for the perfection of the 1957 Chevy
—who gives a shit—
either you are into fog and Chevys or you are not

For me the magic comes from the privilege of living itself
the undeserved gift
and being present right now

going head-first against the bricks
or simply sitting in a chair and marveling at the cause of
breathing in and breathing out

It is all improvising—theater—a complimentary ticket—
unpredictable
horrible
ridiculous
senseless
brutal
precious
and
inspiring

an adventure

I know that I may not be much—but I am all that I think about

(Dan Fante)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: De l’alcool dur et du génie Editions
Traduction: Léon Mercadet
Editions: 13e Note

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Petite lyre romantique (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2017



Petite lyre romantique

Pourquoi me refuser
tes yeux et ton souris
et venir m’arracher
ainsi au paradis?

Pourquoi ne veux-tu pas
laissant là les alarmes
(ah, Dieu : ce que sont femmes !)
me prendre dans tes bras ?

Pourquoi as-tu choisi
la fleur sans odeur
l’agressive fleur
de la jalousie?

Est-ce que tu ne saurais
que je t’aime à un tel point
à toute heure que Dieu fait
que je ne sais plus combien ?

Attendu qu’à la fin
tout entier il est tien
nulle autre ne le tient
ce cœur qui est le mien ?

Ange sans foi
en mes serments,
mais pourquoi, pourquoi
me causer tourment?

Mon âme pleut
du froid, tout blême.
Et il ne t’émeut
ce petit poème.

(Carlos Drummond de Andrade)


Illustration: Alexander Sulimov

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Romantique (Jean-Claude Faucheux)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2017



 

Le courrier, ça chemine.
Des cachettes du sac
la lettre hoche la tête:
J’ai le timbre fêlé
d’avoir tant voyagé!
Et la dame en liseuse
amoureusement songe:
Le désir qui m’anime
est celui qui le ronge.

(Jean-Claude Faucheux)

 

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PEU IMPORTE (Hélène Laugier)

Posted by arbrealettres sur 13 novembre 2014




Peu importe
où elle est sise
cette île imprécise,
elle me berce au creux douillet
de mon rêve parfait,
ses musiques exotiques
« steel band » ou romantiques
sont transmises
par une brise invisible,
l’âme en est toute imprégnée,
caressée par les vents alizés.

Peu importe
où elle est sise
cette île exquise,
nul ne peut la voir
mon île imaginaire ;
elle m’habite toute entière
et je m’y réfugie
à coeur perdu ;
elle est ma tour d’ivoire,
mon espoir ;
le voyage en effet
n’est qu’un joli mirage,
je me repais de si belles images,
d’un paysage
que je dessine à ma guise
sur une palette exquise.

Je choisis mes couleurs
au gré de mon humeur,
alors peu importe
où elle sise
cette terre promise
sise où je veux,
quand je veux,
l’on y est si heureux…

(Hélène Laugier)

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DANSE DE SINGE (Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2014



orgue de barbarie 2

DANSE DE SINGE

Aux sons d’une petite musique narquoise, sautillante,
Essoufflée, — tandis qu’il pleut, tandis qu’il pleut de la pluie pourrie,
Saute, saute, mon âme, vieux singe d’orgue de Barbarie,
Petit vieillard pelé, sournois, animal romantique et tendre.

Avec ta queue d’automne effeuillée, prétentieusement tordue
En point d’interrogation sur le vide ciel du crépuscule,
Essuie tes pleurs, singe galant, mélancolique et ridicule,
Singe galeux de l’amour mort, singe édenté des jours perdus.

Encore un air, encore un air ! Celui qui sent les tabagies,
Le faubourg lépreux, la foire d’automne et les fritures aigres
Pour faire rire les filles mal nourries, — ô sale, affreux, maigre,
Piteux, épileptique singe, animal pur des nostalgies !

Encore un air, hélas ! le dernier ! — Et que ce soit cette sourde
Valse de jamais, requiem des voleurs morts, musique en échos
Qui dit : adieu les souvenirs, l’amour et la noix de coco…
— Tandis que la pluie pauvre fait glouglou dans la boue vieille et lourde.

(Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz)

Illustration

 

 

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GALANT (Federico García Lorca)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2014



GALANT

Dans tout le ciel
il est un étoile.

Romantique et fou.
Avec un frac
de poudre
d’or.

Mais il cherche un miroir
afin d’y voir son corps !

Ô Narcisse d’argent
à la surface de l’eau !

Dans tout le ciel
il est un étoile.

(Federico García Lorca)

 

 

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