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Poésie

Posts Tagged ‘rompu’

Le silence s’est à nouveau rompu (Elise Turcotte)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2017



Le silence s’est à nouveau rompu.
C’était noir et pluie, renard, vent.

(Elise Turcotte)

 

 

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Créer de la tension entre les mots (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2017



Un travail: créer
De la tension
Entre les mots,

Faire que chacun
En appelle un
Ou plusieurs autres.

Ils ne tiennent
Pas tellement à venir
De leur plein gré.

Quand ils arrivent
Ils sont arrimés
Irrévocablement

Par un silence
Qui ne sera
Jamais rompu.

(Guillevic)


Illustration: Tamara Lunginovic

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Sous tes étoiles blanches (Avrom Sutzkever)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2017



 

Sous tes étoiles blanches

sous tes étoiles blanches
tends-moi ta blanche main.
mes mots qui sont des larmes
dans ta main désirent repos.
vois leur éclat s’assombrir
sous mon regard encavé,
aucun abri je ne trouve
pour en retour te les offrir.

mais je voudrais, dieu familier,
te léguer mes possessions,
car en moi brûle un feu
et en le feu mes journées.
toujours entre caves et trous
pleure ce calme meurtrier.
grimpant plus haut – dessus les toits
je te recherche : où es-tu, où ?

me pourchassent avec démence
arrière-cours, escaliers criards.
pendu en corde de violon rompue
pour toi pourtant je chante encore :
sous tes étoiles blanches
tends-moi ta blanche main.
mes mots qui sont des larmes
dans ta main désirent repos.

***

Unter dayne vayse shtern

unter dayne vayse shtern
shtrek tsu mir dayn vayse hant.
mayne verter zaynen trern,
viln ruen in dayn hant.
ze, es tunklt zeyer finkl
in mayn kelerdikn blik,
un ikh hob gornit keyn vinkl
zey tsu shenken dir tsurik.

un ikh vil dokh, got, getrayer,
dir fartroyen mayn farmeg,
vayl es mont in mir a fayer
un in fayer mayne teg.
nor in keler un in lekher
veynt di merderishe ru.
loyf ikh hekher – iber dekher
un ikh zukh: vu bistu, vu?

nemen yogn mikh meshune
trep un hoyfn mit gevoy.
heng ikh a geplatste strune
un ikh zing tsu dir azoy:
unter dayne vayse shtern
shtrek tsu mir dayn vayse hant.
mayne verter zaynen trern
viln ruen in dayn hant.

***

אונטער דײַנע ווײַסע שטערן

אונטער דײַנע ווײַסע שטערן
שטרעק צו מיר בײַן װײַסע האַנט.
מײַנע װערטער זײַנען טרערן
װילן רוען אין דײַן האַנט.
זע, אעס טונקלט וײער פֿינקל
אין מײַן קעלערדיקן בליק
און איך האָב גאָרניט קײן װינקל
זײ צו שענקען דיר צוריק.

און איך װיל דאָך, גאָט, געטרײַער,
דיר פֿאַרטרױען מײַן פֿאַרמעג.
װײַל אעס מאָנט אין מיר אַ פֿײַר
און אין פֿײַער מײַנע טעג.
נאָר אין קעלער און אין לעחער
װײנט די מערדערישע רו.
לױפֿ איך העחער – איבער דעחער
און איך זוך: װוּ ביסטו, װוּ?

נעמען יאָגן מי משונה
טרעפ און הױפֿן – מיט געװױ.
הענג איך אַ געפלאַצטע סטרונע
אין איך זינג צו דיר אַזױ:
אונטער דײַנע ווײַסע שטערן
שטרעק צו מיר בײַן װײַסע האַנט.
מײַנע װערטער זײַנען טרערן
װילן רוען אין דײַן האַנט.

(Avrom Sutzkever)

 Illustration: Zoran Music

Merci à « MarronBleu » pour la découverte de ce poète https://cequetesyeuxvairons.wordpress.com/

 

 

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Ils étaient pour un autre monde (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2017



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Ils étaient pour un autre monde

Tout dialogue, rompu.
Tout amour, rapiécé.
Tout jeu, marqué.
Toute beauté, tronquée.

Comment sont-ils arrivés jusqu’ici ?

Tout dialogue, verbe.
Tout amour, sans pronoms.
Tout jeu, sans règles.
Toute beauté, offrande.

Il y a sans doute une faille
dans l’administration de l’univers.
Des créatures erronées ?
Des mondes égarés ?
Des dieux irresponsables ?

Ils étaient pour un autre monde.

***

Eran para otro mundo.

Todo diálogo, roto.
Todo amor, con costuras.
Todo juego, marcado.
Toda belleza, trunca.

¿Cómo llegaron hasta aquí?

Todo diálogo, verbo.
Todo amor, sin pronombres.
Todo juego, sin reglas.
Toda belleza, entrega.

Algo falla sin duda
en la administración del universo.
¿Criaturas erróneas?
¿Mundos equivocados?
¿Dioses irresponsables?

Eran para otro mundo.

(Roberto Juarroz)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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Je m’évade (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2017



 

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Je m’évade
Sous les coquilles rompues du soir
Avec mon sac d’étoiles dans ma poche,
Ma fronde à tuer les heures
Et mon sifflet de merisier,
En échange de quelques larmes
De quelques morsures sous le sein
— Que je comptai à ma jeunesse —
Une nuit vierge de sang.
Tout est là dans cette tendresse de feuilles

(René Guy Cadou)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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Ah ! Dans quel désert… (Hector de Saint-Denys Garneau)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2017



Ah ! Dans quel désert…

C’est eux qui m’ont tué
Sont tombés sur mon dos avec leurs armes, m’ont tué
Sont tombés sur mon cœur avec leur haine, m’ont tué
Sont tombés sur mes nerfs avec leurs cris, m’ont tué

C’est eux en avalanche m’ont écrasé
Cassé en éclats comme du bois

Rompu mes nerfs comme un câble de fil de fer
Qui se rompt net et tous les fils en bouquet fou
Jaillissent et se recourbent, pointes à vif

Ont émietté ma défense comme une croûte sèche
Ont égrené mon cœur comme de la mie
Ont tout éparpillé cela dans la nuit

Ils ont tout piétiné sans en avoir l’air,
Sans le savoir, le vouloir, sans le pouvoir,
Sans y penser, sans y prendre garde
Par leur seul terrible mystère étranger
Parce qu’ils ne sont pas à moi venus m’embrasser

Ah ! dans quel désert faut-il qu’on s’en aille
Pour mourir de soi-même tranquillement.

(Hector de Saint-Denys Garneau)

Illustration: Parra Mariannic

 

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Médiévallonnementionnellement (Jean-Claude Demay)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2017



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Médiévallonnementionnellement

Ma princesse charmeresse a de belles fesses
Des seins divinement saintement ciselés
Un visage de nacre encadré de deux tresses
Des joues sur lesquelles j’aime à me reposer

Or ses immenses mammes sont pleines d’amour
Sa croupe potelée est vouée à Éros
Sa poitrine opulente n’égale que le tour
De ses reins bien cambrés sous sa culotte rose

Le reste est trop secret pour être révélé
Et je me tairai donc sur les plus beaux tournois
Que la damoiselle m’offre et sait me donner

Avec vigueur et puis tendresse quelquefois
Je me contenterai de vous laisser rêver
À mes lances rompues pour ma belle adorée

(Jean-Claude Demay)

Illustration: Serge Marshennikov

 

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PENARTH BEACH (Heather Dohollau)

Posted by arbrealettres sur 7 octobre 2016



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PENARTH BEACH

ces enfants là-bas qui jouent
sous les yeux de leur mère
et cherchent dans les galets celui
qui portera signe : le talisman rompu
dont la blessure respire
et gardera l’ouvert pendant l’écart d’une vie

ils sont à la fracture du jour
où la lumière veille la mer a ses marques
qui ont douceur de seuil et l’entrée est là
où l’amour se tient
dans la brillance de l’air
en cet aujourd’hui

(Heather Dohollau)

Illustration

 

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Notre nom est une île (Jeanne Benameur)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2016



Notre nom est une île

Nous inscrivons notre nom
dans tout ce qui passe
bribe
parcelle
miracle
rompu
recréé
à chaque lettre

Nous inscrivons notre nom dans les poitrines
au creux des souffles
que nous ne connaîtrons jamais

***

Mais rien pour ployer la nuque
Pas de repos sous nos paupières
L’immensité a pris le ciel
Nos yeux ne gardent que l’horizon

C’est peu un horizon quand on a le coeur vaste

On voudrait parcourir
On arpente

***

La peau contre la pierre
que sentons-nous donc battre
du sang ou du silence

l’espace est si mince
entre l’os et le mot

(Jeanne Benameur)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

Illustration

 

 

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Je m’embarque joyeux, et ma voile pompeuse (Abraham de Vermeil)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2016



Je m’embarque joyeux, et ma voile pompeuse
M’ôte déjà la terre et me donne les mers,
Je ne vois que le ciel uni aux sillons pers :
C’est le premier état de mon âme amoureuse.

Puis je vois s’élever une vapeur confuse,
Ombrageant tout le ciel qui se fend en éclairs,
Le tonnerre grondant s’anime par les airs
C’est le second état dont elle est langoureuse.

Le troisième est le flot hideusement frisé,
Le mât rompu des vents et le timon brisé,
Le navire enfondrant, la perte de courage.

Le quatrième est la mort entre les flots salés,
Abattus, rebattus, vomis et avalés ;
Bref mon amour n’est rien qu’un horrible naufrage.

(Abraham de Vermeil)

Illustration: Omer Charlet

 

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