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Poésie

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St-Ildevert (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2021



Il y avait dans la forêt
Des fleurs des chants des parfums
Et des ronces
Je m’en suis fait un kimono
Pour ce soir

(Pierre Albert-Birot)


Illustration: Jean-Claude Sismeiro

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SOUVENEZ-VOUS COMME FIÈREMENT… (Bao Zhao)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2021




    
SOUVENEZ-VOUS COMME FIÈREMENT…
(Du cycle « Le chemin épuisant », quinzième poème)

Souvenez-vous
comme fièrement se dressait
la tour de la Poutre de Cyprès,
il n’en reste
que des ruines
envahies de ronces.
N’avez-vous pas vu
que le palais d’Afang,
si splendide,
est devenu un pré bourbeux
où nichent les perdreaux ?
Aujourd’hui,
des rangées de stèles serrées
couvrent les pentes
où jadis des beautés minces
aux manches flottantes
rivalisaient pour conquérir
le monde entier.
Leurs corps précieux
qui valaient leur poids d’or
ont bien changé.
Que le vin et le plaisir
soient notre but !
Ne faisons
que ce que le coeur désire !
Quand, un jour,
nous descendrons
vers l’argile jaune,
nous n’aurons rien
à regretter !

(Bao Zhao)

 

Recueil: Neige sur la montagne du lotus Chants et vers de la Chine ancienne
Traduction: Ferdinand Stočes
Editions: Picquier poche

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J’AI VU (Louise de Vilmorin)

Posted by arbrealettres sur 5 décembre 2020



J’AI VU

J’ai vu plus d’un adieu se lever au matin,
J’ai vu sur mon chemin plus d’une pierre blanche,
J’ai vu parmi la ronce et parmi le plantain
Plus d’un profil perdu, plus d’un regard éteint
Et plus d’un bras, la nuit, que me tendaient les branches.

Par le calme et la pluie et le souffle du vent
J’ai vu passer les mots qu’un baiser accompagne.
J’ai vu ces baisers-là s’en aller au couvent
Et dans le flot des lacs où le temps va, rêvant,
J’ai vu plus d’un noyé dont je fus la compagne.

J’ai vu tous mes regrets guetter mon avenir,
L’amour me délaisser pour une autre nature
Mon coeur, mal estimé, de loin me revenir
Et ce coeur me rester pour battre ma mesure.

Ces mains, ces yeux, ces bras où passa mon destin
Ces profils éperdus ne pesant plus une once,
Je les revois dans l’onde et l’arbre et le plantain
Et je vois mon destin dans l’entrelacs des ronces.

(Louise de Vilmorin)

 

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CHANT D’UN FANTASSIN (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2020



 

Illustration: Erich Heckel
    
CHANT D’UN FANTASSIN
À André Bacqué

Je voudrais être un vieillard
Que j’ai vu sur une route ;
Assis par terre au soleil
Il cassait des cailloux blancs
Entre ses jambes ouvertes.
On ne lui demandait rien
Que son travail solitaire.
Quand midi flambait les blés,
Il mangeait son pain à l’ombre.

*

Je connais, dans un ravin
Obstrué par les feuillages,
Une carrière ignorée
Où nul sentier ne conduit.
La lumière y est furtive
Et aussi la douce pluie ;
Et un seul oiseau parfois
Interroge le silence.
C’est une blessure ancienne,
Étroite, courbe et profonde
Oubliée même du ciel ;
Sous la viorne et sous la ronce
J’y voudrais vivre blotti.

*

Je voudrais être l’aveugle
Sous le porche de l’église :
Dans sa nuit sonore il chante !
Il accueille tout entier
Le temps qui circule en lui
Comme un air pur sous des voûtes.
Car il est l’heureuse épave
Tirée hors du morne fleuve
Qui ne peut plus la rouler
Dans sa haine et dans sa fange.

*
Je voudrais avoir été
Le premier soldat tombé
Le premier jour de la guerre.

(Charles Vildrac)

 

Recueil: Chants du désespéré (1914-1920) –
Traduction:
Editions: Gallimard

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Ce que dit la bouche d’ombre (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2020



 

Illustration: Josephine Wall
    
Ce que dit la bouche d’ombre

Tout parle, l’air qui passe et l’alcyon qui vogue,
Le brin d’herbe, la fleur, le germe, l’élément.
T’imaginais-tu donc l’univers autrement ?
Crois-tu que Dieu, par qui la forme sort du nombre,
Aurait fait à jamais sonner la forêt sombre,
L’orage, le torrent roulant de noirs limons,
Le rocher dans les flots, la bête dans les monts,
La mouche, le buisson, la ronce où croît la mûre,
Et qu’il n’aurait rien mis dans l’éternel murmure ?
Crois-tu que l’eau du fleuve et les arbres des bois,
S’ils n’avaient rien à dire, élèveraient la voix ?
Prends-tu le vent des mers pour un joueur de flûte ?
Crois-tu que l’océan, qui se gonfle et qui lutte,
Serait content d’ouvrir sa gueule jour et nuit
Pour souffler dans le vide une vapeur de bruit,

Et qu’il voudrait rugir, sous l’ouragan qui vole,
Si son rugissement n’était une parole ?
Crois-tu que le tombeau, d’herbe et de nuit vêtu,
Ne soit rien qu’un silence ? et te figures-tu
Que la création profonde, qui compose
Sa rumeur des frissons du lys et de la rose,
De la foudre, des flots, des souffles du ciel bleu,
Ne sait ce qu’elle dit quand elle parle à Dieu ?
Crois-tu qu’elle ne soit qu’une langue épaissie ?
Crois-tu que la nature énorme balbutie,
Et que Dieu se serait, dans son immensité,
Donné pour tout plaisir, pendant l’éternité,
D’entendre bégayer une sourde-muette ?
Non, l’abîme est un prêtre et l’ombre est un poëte ;
Non, tout est une voix et tout est un parfum ;
Tout dit dans l’infini quelque chose à quelqu’un ;
Une pensée emplit le tumulte superbe.
Dieu n’a pas fait un bruit sans y mêler le verbe.
Tout, comme toi, gémit ou chante comme moi ;
Tout parle. Et maintenant, homme, sais-tu pourquoi
Tout parle ? Ecoute bien. C’est que vents, ondes, flammes
Arbres, roseaux, rochers, tout vit !

Tout est plein d’âmes.

(Victor Hugo)

 

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Son corps est d’un blanc monotone (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2020



 

Son corps est d’un blanc monotone
Comme la neige sur les champs ;
Mais sa toison semble un automne
Doré par les soleils couchants.

Ses seins droits ont la pointe aiguë
Ainsi que la ronce des murs
Et sont froids comme la ciguë
Pleine de poisons doux et sûrs.

Dire l’odeur de sa peau fraîche,
Aucun parfum ne le saurait,
Ni le foin séché dans la crèche,
Ni l’haleine d’une forêt,

Ni le thym, ni la marjolaine,
Ni le muguet, ni le cresson
Nourri des pleurs de la fontaine
Et tout baigné de sa chanson,

Ni le repli des coquillages
Qui garde un arôme énervant,
Souvenance d’anciens sillages,
D’algues, de marée et de vent.

(Jean Richepin)

 Illustration: Victor Karlovich Shtemberg

 

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ODE AU TEMPS A VENIR (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2020



ODE AU TEMPS A VENIR

Temps, tu m’appelles. Avant,
tu étais
espace pur,
vaste prairie.
Aujourd’hui
tu es
fil ou goutte,
lumière mince
courant comme un lièvre vers les ronces
de la nuit concave.

Mais
maintenant
tu me dis, temps, ce que
naguère tu ne m’as pas dit :
presse le pas,
repose ton coeur,
déploie ton chant.
Je suis le même. Non? Qui, dans le lit
des eaux qui s’écoulent
identifie le fleuve?

Je sais seulement que là même,
une seule
porte
mon coeur frappe,
depuis hier, depuis longtemps,
depuis lors,
depuis ma naissance.
Là-bas
où répond
l’écho obscur
de la mer
qui chante et que je chante
et que
je
reconnais
simplement
un aveugle sifflement,
à un rayon
dans les vagues,
à ses vastes écumes dans la nuit.

Ainsi donc, temps, en vain
tu m’as mesuré,
en vain tu as passé
prodiguant
des chemins à l’errant.
Contre une seule porte
j’ai passé toute la nuit,
solitaire, à chanter.

Et maintenant
que ta lumière s’amenuise
comme animal courant
et se perdant dans l’ombre
tu me dis
à l’oreille
ce que tu ne m’as pas appris
et que j’ai toujours su.

(Pablo Neruda)

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La terrestre (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2020



La terrestre dévore avec impatience
les corps qui doivent disparaître pour renaître,
dans une plus haute intensité de lumière.
Le double a déjà fait ses adieux à la terre,
afin de poursuivre sa voie, qui transformait
en dilection les blessures de son destin.
Là, est née cette gloire enfantée par la nuit
qu’il a reconnue au fond de lui, chaque jour,
acceptant les ronces noires sur son chemin.

(Jean Mambrino)


Illustration

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Recommencer sans cesse le voyage (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2019



Recommencer sans cesse le voyage, refaire
le chemin qui se perd dans la forêt
des ombres, débroussailler la piste,
les ronces tristes raccrochant la mémoire
au passé sanglant, le péril des heures
où le sommeil peuple la nuit de figures
inverses, d’avant le jour, sa moire masquée,
le temps grinçant qui glisse et qui emporte
rêves et regrets, vers l’oubli, l’abandon,
le pardon qui seul demeure.

(Jean Mambrino)

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Mes châteaux démolis (Paul-Alexis Robic)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2019



Mes châteaux démolis
Des douves aux terrasses,
Mes jardins envahis
Par les ronces voraces,
Mes forêts abattues,
Il n’en reste plus trace,
Mes vaisseaux disparus
Et la mer est si vaste,
Mon printemps, mon été
(Mon automne ?) vécus,
Mes amis en allés
Comme ils étaient venus,
Tant d’amours défleuries,
De cendre sur le coeur,
Tu me restes, Seigneur,
Et commence la vie !

(Paul-Alexis Robic)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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