Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘rose’

Le Parfum (Saadi)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2017



Le Parfum

Un sage était plongé dans une méditation profonde.
Lorsqu’il sortit de son extase, un de ses compagnons lui dit:
– Que nous rapportes-tu de ce beau jardin où tu te promenais?

Le sage répondit:
– J’avais rempli de roses le pan de ma robe,
et je voulais les distribuer,
mais leur parfum m’a tellement enivré
que le pan de ma robe s’est échappé de mes mains.

(Saadi)


Illustration: Salvador Dali

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Pourquoi cette rougeur en ton front (Albert Cohen)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2017



J’ai ouvert cette figue fraîche
J’ai souri de sa chair rose
De sa chair douce.

Pourquoi cette rougeur en ton front
Tandis que je mangeais le beau fruit délicat
Jeune fille.

(Albert Cohen)

Découvert ici chez Lecture/Ecriture

Illustration

 

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IL Y A …(Dominique Joye)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2017



 

Regard

IL Y A …

Il y a la forêt de roses, certains soirs dans l’extase
Où des orages de soleils coulent à la source de tes yeux.

Il y a les saisons de couleurs, des nuits de ton amour
Comme une étrange liberté à l’ivresse du temps perdu.

Il y a les papillons de lumière qui volent dans nos têtes
Pour oublier l’araignée de la faim endormie dans la raison du sommeil.

Il y a la perte des étoiles dans le froissement du vent
Et ta bouche sur la mienne qui donne l’énergie aux ténèbres.

Il y a la beauté de l’horizon dans la courbure des blés,
Comme la volupté de l’eau des désirs de mon corps.

Il y a la griffe du sang sur l’étendue de la mer
Où la main de notre espace cueille l’orchidée du matin.

Il y a la neige des vagues qui gonfle la voilure de l’ombre
Jusqu’à l’absence d’un regard dans la retenue des astres.

Il y a l’azur de la pluie bu par le pourpre des jasmins
Dans les champs de nénuphars où s’envolent des hirondelles.

Il y a l’étreinte de la souffrance, l’échange d’un sourire
Et le besoin de tes yeux jusqu’à la folie de vivre.

(Dominique Joye)

 

 

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J’AI MOISSONNE TOUT L’OR … (Emile Ripert)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2017




J’AI MOISSONNE TOUT L’OR …

J’ai moissonné tout l’or du Printemps et je viens,
N’en ayant dans les mains point d’autre, vers ton âme ;
Je ne suis qu’un poète et tu n’es qu’une femme ;
J’ouvre les mains ; cet or, vois-tu, c’est tout mon bien…

Mais si je te le donne, il ne me reste rien ;
Tu m’as pris ces genêts en flammes et la flamme
De mon amour, je suis dénué…je réclame
Ton sourire et ton coeur battant auprès du mien.

Tu consens ; – j’ai posé mes lèvres sur tes lèvres ;
Comme le mois de Mai tes lèvres sont en fièvre ;
Tes yeux comme un profond azur sont palpitants ;

Tes cheveux sentent bon comme un buisson de roses ;
Ah ! te donner ces fleurs fut une absurde chose !…
N’ai-je pas apporté le Printemps au Printemps ?…

(Emile Ripert)

Illustration: Andrzej Malinowski

 

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Extrême-Orient (Albert Samain)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2017




    
Extrême-Orient

I

Le fleuve au vent du soir fait chanter ses roseaux.
Seul je m’en suis allé. – J’ai dénoué l’amarre,
Puis je me suis couché dans ma jonque bizarre,
Sans bruit, de peur de faire envoler les oiseaux.

Et nous sommes partis, tous deux, au fil de l’eau,
Sans savoir où, très lentement. – O charme rare,
Que donne un inconnu fluide où l’on s’égare !…
Par instants, j’arrêtais quelque frêle rameau.

Et je restais, bercé sur un flot d’indolence,
A respirer ton âme, ô beau soir de silence…
Car j’ai l’amour subtil du crépuscule fin ;

L’eau musicale et triste est la soeur de mon rêve
Ma tasse est diaphane, et je porte, sans fin,
Un coeur mélancolique où la lune se lève.

II

La vie est une fleur que je respire à peine,
Car tout parfum terrestre est douloureux au fond.
J’ignore l’heure vaine, et les hommes qui vont,
Et dans 1’Ile d’Émail ma fantaisie est reine.

Mes bonheurs délicats sont faits de porcelaine,
Je n’y touche jamais qu’avec un soin profond ;
Et l’azur fin, qu’exhale en fumant mon thé blond,
En sa fuite odorante emporte au loin ma peine.

J’habite un kiosque rose au fond du merveilleux.
J’y passe tout le jour à voir de ma fenêtre
Les fleuves d’or parmi les paysages bleus ;

Et, poète royal en robe vermillon,
Autour de l’éventail fleuri qui l’a fait naître,
Je regarde voler mon rêve, papillon.

(Albert Samain)

 

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AVÈNEMENT NOCTURNE (Mario Luzi)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2017



Illustration
    
AVÈNEMENT NOCTURNE

TERRE

Je reconstruis de roses ton passé
car sur les déserts, amèrement,
le soleil à présent fouille les buissons,
les colonnes, et les mouettes sur la mer
verte gonflée de vents et de méduses aspirent
à la chaleur que répandent tes peuples !
Et une mère sur les rochers soucieuse
abandonne son flanc aux profondes
comètes, ô astres, les chèvres humainement
s’arrêtent au bord des torrents
d’autrefois, le nuage sur les temples
se défait, se souvient de l’encens.
Telle est ma mémoire. Mais au couchant
descend une jeunesse qui brille d’événements,
je regarde : humide le vaisseau laboure
l’avenir, parfait au-dessus des rocs
pèse le faucon et dans les sentiers les jacinthes
vivent d’une charité que j’ignore.

***

AVVENTO NOTTURNO

TERRA

Ricompongo di rose il tuo passato
io perché sui deserti amaramente
fruga il sole i cespugli e le colonne
ora, e il cabre effuso dai tupi popoli
ricercano i gabbiani sopra il verde
mare gonfio di venti e di meduse !
E una madre sui sassi pensierosa
abbandona il suo franco aile profonde
comete, astri, si fermano le capre
umanamente al ciglio dei torrenti
d’un tempo, la nuvola sui templi
si disanima memore d’incenso.
Tale la mia memoria. Ma a ponente
cala la gioventù lustra di eventi,
io guardo : umido solea nel futuro
il vascello, perfetto sui macigni
pende il falto e nei viottoli i giacinti
vivono d’una carita ch’io ignoro.

(Mario Luzi)

 

Recueil: Dans l’oeuvre du monde
Traduction: Philippe Renard, Bernard Simeone
Editions: Editions Unes

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D’accord (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2017



d’accord
les roses de la vie…
mais dans quel vase ?

(Abbas Kiarostami)

Illustration

 

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O filles de Zeus (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2017



O filles de Zeus, Grâces aux bras de rose,
Venez, apportant les parfums de jadis,
Le frisson des voix, du rythme et de la pause,
Et l’or du paktis.

Vous dont la langueur divine se repose
Dans l’éclair de l’aube et la flamme du jour,
Venez en dansant, Grâces aux bras de rose,
Riant à l’amour.

(Renée Vivien)

Illustration: Raphaël

 

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LE PARFUM DE LA FLEUR (Mohammad Iqbal)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2017



 

Illustration: Alexis Becard 
    
LE PARFUM DE LA FLEUR

Une houri vint se blottir au coeur de la roseraie :
« Nul, dit-elle, ne m’a enseigné le secret de l’univers;
Je ne sais ce qu’est l’aube ni le couchant, le jour ni la nuit.
Qu’est-ce que vivre et qu’est-ce que mourir ? »

Elle devint effluve embaumé et alla s’assoupir au sein des fleurs,
Au sein du monde de l’hier et du demain.
Elle s’éveilla, devint bouton de rose au sourire éphémère,
S’épanouit, se fana et abandonna sur le sol ses pétales.

Cette beauté libérée a laissé un soupir
Que l’on nomme parfum.

(Mohammad Iqbal)

 

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Brûlé du feu de l’amour (Koul Himmet)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2017



Illustration
    
Brûlé du feu de l’amour, mon désir est d’être cendre
Foulé aux pieds, mon désir est d’être route

Traversant cette multitude, volant au pays de l’Unité
Ouvrant la voie à l’infini, mon désir est d’être désert

A travers les épreuves, à la rencontre de l’amant
L’Océan une fois atteint, mon désir est d’être lac

Sans égards pour les ruses du moi, sans croire aux promesses
Sur une branche de la roseraie d’amour, mon désir est d’être rose

Qui demande à Himmeti qui arrive sur la route de l’ami
Qui donne des nouvelles de Dieu, mon désir est d’être son esclave

(Koul Himmet)

 

Recueil: La montagne d’en face (Poèmes de derviches anatoliens)
Traduction: Guizine Dino, Michèle Aquien, Pierre Chuvin
Editions: Fata Morgana

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