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LES BLANCS OISEAUX (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2021



 

    

LES BLANCS OISEAUX

Ah ! Si nous étions, mon amour, de blancs oiseaux sur l’écume de la mer !
Nous sommes las de la flamme du météore, qui va pâlir et disparaître ;
Et la flamme de l’étoile bleue du crépuscule si basse à la frange du ciel
A fait naître en nos coeurs, mon amour, une tristesse qui peut durer toujours.

Une langueur nous vient de ces rêveurs, perlés de rosée, le lys et la rose ;
Ah ! Chasse-les de tes rêves, mon amour; la flamme du météore qui passe
Ou la flamme de l’étoile bleue qui s’attarde à l’horizon quand tombe la rosée ;
Car je voudrais que nous soyons changés en oiseaux blancs sur l’écume vagabonde, toi et moi !

Mon esprit est hanté d’îles innombrables et de maints rivages Danéens
Où le temps sûrement nous oublierait, où le chagrin ne nous toucherait plus ;
Nous serions vite loin de la rose et du lys et de la turbulence des flammes,
Si nous n’étions que de blancs oiseaux, mon amour, portés sur l’écume de la mer !

***

THE WHITE BIRDS

I would that we were, my beloved, white birds on the foam of the sea!
We tire of the flame of the meteor, before it can fade and flee;
And the flame of the blue star of twilight, hung low on the rim of the sky,
Has awaked in our hearts, my beloved, a sadness that may not die.

A weariness cornes from those dreamers, dew-dabbled, the lily and rose;
Ah, dream not of them, my beloved, the fame of the meteor that goes,
Or the fame of the blue star that lingers hung low in the fall of the dew:
For I would we were changed to white birds on the wandering foam: I and you!

I am haunted by numberless islands, and many a Danaan shore,
Where Time would surely forget us, and Sorrow corne near us no more;
Soon far from the rose and the lily and fret of the flames would we be,
Were we only white birds, my beloved, buoyed out on the foam of the sea!

(William Butler Yeats)

 

Recueil: La Rose et autres poèmes
Traduction: de l’anglais (Irlande) Jean Briat
Editions: POINTS

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Un mot encore (Robert Momeux)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2021



Un mot encore

Je t’aime.

Ce matin il n’y a plus de fleurs.
Le ciel s’est renversé.
Les statues sont mortes une seconde fois.
O destin !
Malheureux destin !

Il me reste tes mains que je ne puis baiser.
Je marche vers cet horizon qui bouge,
on dirait des rameurs.
Le vent qui s’est levé fait battre des coeurs
dans le frémissement des arbres.
Mais personne ne sait que je t’ai attendue.
Pourtant j’ai patienté si longtemps, les rues étaient très sombres.
Au couchant les peupliers devenaient roses
et mon enfance s’est toute entière
passée derrière ces meules de froid dures et noires.
C’est comme des vendanges qu’on n’oserait plus faire.
A présent, tu es là pour quelques instants encore.

Ensuite, ce sera à nouveau cette angoisse
qui pèse plus lourd que toutes les tristesses.
Des fenêtres s’allumeront encore
mais nous savons bien qu’il reste peu d’espoir.

Je t’aime.

Il me reste tes mains que je voudrais briser.
La vie ce serait d’être autre chose que ce fantôme malhabile.
Ces bulles légères qui éclatent sont des rêves qui n’ont pas su.
En avons-nous rencontré de ces errants splendides !
Des nappes de musique déferlent
et rien ne reste qu’une petite lampe qui clignote dans la brume.

Des enfants marchent dans les sentiers pleins d’ombre.
On sait bien qu’ils n’atteindront pas le but, pourtant une ardente nostalgie les mène.
Peut-être qu’ils iront où nous n’avons pas su aller.

(Robert Momeux)

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Le spectre de la rose (Théophile Gautier)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2021



femme rose

Le spectre de la rose

Soulève ta paupière close
Qu’effleure un songe virginal ;
Je suis le spectre d’une rose
Que tu portais hier au bal.
Tu me pris encore emperlée
Des pleurs d’argent de l’arrosoir,
Et parmi la fête étoilée
Tu me promenas tout le soir.

Ô toi qui de ma mort fus cause,
Sans que tu puisses le chasser
Toute la nuit mon spectre rose
A ton chevet viendra danser.
Mais ne crains rien, je ne réclame
Ni messe, ni De Profundis ;
Ce léger parfum est mon âme
Et j’arrive du paradis.

Mon destin fut digne d’envie :
Pour avoir un trépas si beau,
Plus d’un aurait donné sa vie,
Car j’ai ta gorge pour tombeau,
Et sur l’albâtre où je repose
Un poète avec un baiser
Ecrivit : Ci-gît une rose
Que tous les rois vont jalouser

(Théophile Gautier)

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JE PASSAIS MES VACANCES… (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2021



JE PASSAIS MES VACANCES…

Je passais mes vacances
Devant un rosier blanc.
Rose au coeur de la France.
Rosier au vent tremblant.

Une abeille s’y pose.
Les mésanges aussi,
Rose au coeur de la rose.
Fleur des jours sans souci.

Et puis la nuit s’y pose
— Les étoiles aussi —
Noire au coeur de la rose.
Et l’aube y pleure aussi.

Je passais mes vacances
Devant un rosier blanc.
Dans un pays de France
Dont je rêve souvent.

(Maurice Fombeure)

 

 

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LA LUMIÈRE ET LA NUIT (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2021



Illustration: Piet Mondrian Mondrian
    
LA LUMIÈRE ET LA NUIT

Ici la lumière élabore ses plans
dans la tache du silence et la nuit
se met à parler aux portes. Voici le temps du corps,
le bois de l’ombre. De l’obscurité
montent des cordes transparentes, des violons
d’herbes, un tournoiement d’ailes
à contre-jour. Quelqu’un expulse
son image du miroir et l’oblige à se faire nuage.
L’ignoré est devenu la rose du midi.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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Le rêve d’un jour (Alfred de Musset)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2021



Eh! Depuis quand un livre est-il donc autre chose
Que le rêve d’un jour qu’on raconte un instant;
Un oiseau qui gazouille et s’envole; une rose
Qu’on respire et qu’on jette, et qui meurt en tombant; –
Un ami qu’on aborde, avec lequel on cause,
Moitié lui répondant, et moitié l’écoutant?

(Alfred de Musset)

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LE VENT, LE VENT TRISTE DE L’AUTOMNE! (Emile Nelligan)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2021



LE VENT, LE VENT TRISTE DE L’AUTOMNE!

Avec le cri qui sort d’une gorge d’enfant,
Le vent de par les bois, funèbre et triomphant,
Le vent va, le vent court dans l’écorce qu’il fend
Mêlant son bruit lointain au bruit d’un olifant.

Puis voici qu’il s’apaise, endormant ses furies
Comme au temps où jouant dans les nuits attendries
Son violon berçait nos roses rêveries,
Choses qui parfumiez les ramures fleuries !

Comme lui, comme lui qui fatal s’élevant
Et gronde et rage et qui se tait aussi souvent,
O femme, ton amour est parallèle au Vent :

Avant de nous entrer dans l’âme, il nous effleure;
Une fois pénétré pour nous briser, vient l’heure
Où sur l’épars débris de nos coeurs d’homme, il pleure !

(Emile Nelligan)


Illustration: Da Svetlana Dimont

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Dedans la haie broussailleuse (Leonardo Sinisgalli)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2021



 

Rose_morte

Dedans la haie broussailleuse
Ton tremblement
Me bouleverse si tu dis
Que le bien est cette obscurité
Qui nous blesse.
Avant qu’il ne fasse jour
Il nous est donné de toucher les épines,
De souffrir de la douce confusion ;
Prisonniers déçus, l’aube
Nous chasse parmi des roses putrides.

***

Entro la siepe irta
Il tuo tremore
Mi scuote se tu dici
Il bene questo buio
Che ci punge.
Prima che aggiorni
Ci è dato toccare le spine,
Soffrire la dolce confusione.
Prigionieri delusi ci caccia
L’alba tra putride rose.

(Leonardo Sinisgalli)

Illustration

 

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Une larme incandescente (Georges Bataille)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2021



dans un suaire de roses
une larme incandescente
annonce le jour

(Georges Bataille)


Illustration: Alain Lecarpentier

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La lumière est ici parmi nous (Leonardo Sinisgalli)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2021



 

rocher fleur mer 20090420_141919_

La lumière est ici parmi nous, née
Depuis peu, et elle rit sur toutes choses,
Sur le rocher et sur la rose,
Première personne créée.

***

La luce è qui tra noi nata
Da poco e ride su ogni cosa
Sopra il sasso e la rosa
Prima persona creata.

(Leonardo Sinisgalli)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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