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Poésie

Posts Tagged ‘rose’

Sous les oliviers (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2017



Sous les oliviers mille roses bleues dansant sur du soleil
une image de l’eau dans une image du vent
La joie vient la joie s’en va sans parler d’elle une
pensée de tous les jours m’apprend qu’elle était là
Beau soir d’automne La transparence et la fraîcheur
sont les aveugles d’une mer claire
Qui se dirige avec les mains

(Joë Bousquet)

Illustration

 

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Comme un chant (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2017



Comme un chant de cloche pour les vêpres douces
s’arrête doucement sur la colline en mousse
près d’une tourterelle aux pattes roses,
mon âme qui chante auprès de vous se pose.

Comme un lis blanc au jardin du vieux presbytère
se parfume doucement par la douceur des pluies,
par votre douceur, qui est une rosée de taillis,
mon âme triste et douce comme un lis s’est parfumée.

Que la cloche, le lis, les pluies, la tourterelle
vous rappellent désormais un enfant un peu amer
qui passa près de vous en laissant tomber
à vos pieds son âme en roses trémières.

(Francis Jammes)

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AU CAFE (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2017



Jean-Claude Forez  _La_biere

AU CAFE

Le rêve est de ne pas diner,
Mais boire, causer, badiner
Quand la nuit tombe ;
Epuisant les apéritifs,
On rit des cyprès et des ifs
Ombrant la tombe.

Et chacun a toujours raison
De tout, tandis qu’il la maison
La soupe fume,
On oublie, en mots triomphants,
Le rire nouveau des enfants
Qui nous parfume.

On traverse, vague semis,
Les amis et les ennemis
Que l’on évite.
Il vaudrait mieux jouer aux dés,
Car les mots sont des procédés
Dont on meurt vite.

Ces gens du café, qui sont-ils ?
J’ai dans les quarts d’heure subtils
Trouvé des choses
Que jamais ils ne comprendront,
Et, dédaigneux, j’orne mon front
Avec des roses.

(Charles Cros)

Illustration: Jean-Claude Forez

 

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Le monde dévore nos paupières (Hélène Dorion)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2017



Le monde dévore nos paupières
au-delà des rêves, de la rose
que mâche la nuit, nous vivons
comme des feuilles enroulées
autour de l’horizon, nous flottons
et pour guérir de nous-mêmes
– quand éclatent les fissures
que se perdent les pierres
jetées parmi les lambeaux des siècles –
nous glissons avec les continents
cherchons l’eau, cherchons le rivage
et un jour l’image se retourne
le Gardien des Lieux, à nouveau
se penche sur nous.

(Hélène Dorion)

Découvert chez Lara ici

Illustration: David Hockney

 

 

 

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Il y a un Dernier Wagon Solitaire (David Vogel)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2017



Il y a un Dernier Wagon Solitaire

Il y a un dernier wagon solitaire sur le point de partir.
Entrons-y et partons
Car il n’attendra pas.

J’ai vu des fillettes partir doucement,
Leurs visages tristes,
Avec l’air honteux et navré,
Comme des couchers de soleil pourpres,
Et des enfants roses potelés,
Qui sont partis simplement
Parce qu’on les avait appelés

Et j’ai vu des hommes
Qui avaient marché fièrement, bien droits, dans les rues de par le monde,
Dont les grands yeux parcouraient
Une vaste étendue,
Eux aussi sont entrés calmement
Et ils sont partis.

Et nous sommes les derniers.
Le jour tombe.
Le dernier wagon solitaire est sur le point de partir.
Entrons-y calmement
Et partons,
Car il n’attendra pas.

(David Vogel)

 

 

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Retouche au cloître (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2017



retouche au cloître

du pas divin d’arcades
les veuves d’anges apprennent la danse

le jet d’eau lime le silence
en immobile promenade

de quelle aile tombe et s’attarde cette plume
sur une rose qui s’allume

(Daniel Boulanger)

 

 

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Ô, POÉSIE (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2017




Ô, POÉSIE

Et toujours un peu de théâtre malgré soi,
Pour leur complaire et se complaire.
Car il est passé dans nos veines
Le vieux poison de la beauté !

Plus facile est de démêler
Du bois le faon, du vent la rose
Que de l’art la vérité.

O, Poésie, intolérable dévoiement !
Que faire des joyaux dont tu emplis nos cales ?
Que faire de la terreur provoquée par nos chevaux ?

Pour avoir confondu la coquille et l’oreille,
La mer et la rumeur marine de la vie,
Beurrés d’or, emplumés de mots et de merveilles,
Jamais nous n’atteindrons notre pré-Colombie.

(Jean Rousselot)

Illustration

 

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Depuis que la lumière (Pascal Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2017



Depuis que la lumière
créa l’oeil pour être vu
la rose a souci
d’elle-même

(Pascal Boulanger)


Illustration: Salvador Dali

 

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Ton rire (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2017



Ton rire

Tu peux m’ôter le pain,
m’ôter l’air, si tu veux :
ne m’ôte pas ton rire.

Ne m’ôte pas la rose,
le fer que tu égrènes
ni l’eau qui brusquement
éclate dans ta joie
ni la vague d’argent
qui déferle de toi.

De ma lutte si dure
je rentre les yeux las
quelquefois d’avoir vu
la terre qui ne change
mais, dès le seuil, ton rire
monte au ciel, me chercha
et ouvrant pour moi toutes
les portes de la vie.

A l’heure la plus sombre
égrène, mon amour,
ton rire, et si tu vois
mon sang tacher soudain
les pierres de la rue,
ris : aussitôt ton rire
se fera pour mes mains
fraîche lame d’épée.

Dans l’automne marin
fais que ton rire dresse
sa cascade d’écume,
et au printemps, amour,
que ton rire soit comme
la fleur que j’attendais,
la fleur guède, la rose
de mon pays sonore.

Moque-toi de la nuit,
du jour et de la lune,
moque-toi de ces rues
divagantes de l’île,
moque-toi de cet homme
amoureux maladroit,
mais lorsque j’ouvre, moi,
les yeux ou les referme,
lorsque mes pas s’en vont,
lorsque mes pas s’en viennent,
refuse-moi le pain,
l’air, l’aube, le printemps,
mais ton rire jamais
car alors j’en mourrais.

(Pablo Neruda)


Illustration

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Si ça est un que serait deux ? (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2017



Si ça est un
que serait deux ?

Ce n’est pas seulement un plus un.
Parfois c’est deux
sans cesser d’être un.
Comme parfois un
ne cesse pas non plus d’être deux.

Les comptes de la réalité ne sont pas clairs
du moins ce qui ne l’est pas,
c’est notre lecture de ses résultats.
Ainsi nous échappe
ce qu’il y a entre un et un,
comme nous échappe ce qu’il y a
simplement à l’intérieur de un,
et nous échappe
ce qu’il y a dans moins un,
ou nous échappe le zéro
qui entoure et accompagne toujours
un et deux.

La rose, est-elle une ?
L’amour, est-il deux ?
Le poème, n’est-il ni l’un ni l’autre ?

(Roberto Juarroz)

Découvert ici: https://ecriturbulente.com/

Illustration

 

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