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Poésie

Posts Tagged ‘roseaux’

Sur le tard, je n’aime que la quiétude (Wang Wei)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2019



Sur le tard, je n’aime que la quiétude.
Loin de mon esprit la vanité des choses.
Dénué de ressources, il me reste la joie
De hanter encore ma forêt ancienne.

La brise des pins me dénoue la ceinture;
La lune caresse les sons de ma cithare.
Quelle est, demandez-vous, l’ultime vérité?
Chant de pêcheur, dans les roseaux, qui s’éloigne…

(Wang Wei)

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Je suis arbre par tant d’oiseaux (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2018


oiseau

Tout murmurant de mots à naître
Je suis arbre par tant d’oiseaux,
Rivière par tant de roseaux,
Village par tant de fenêtres
Que j’ai peine à me reconnaître.

(Maurice Carême)

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L’Origine de la Harpe (Thomas Moore)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2018



Cette Harpe chérie, à te chanter fidèle,
Etait une Sirène, à la voix douce et belle.
On l’entendait au fond des eaux;
Aux approches du soir, glissant sur le rivage,
Elle venait chercher, couverte d’une nuage,
Son amant parmi les roseaux.

Hélas! elle aimait seule, et ses larmes brillantes
Baignèrent bien des nuits ses tresses ondoyantes,
Doux trésors à l’amour si chers.
Mais une flamme pure au Ciel est précieuse.
Il transforma soudain en Harpe harmonieuse
La plaintive vierge des mers.

En contours gracieux tout son corps se balance;
Sur sa joue on croit voir un rayon d’espérance,
Et son sein palpiter encor.
Ses cheveux dégagés du flot qui les inonde,
Recouvrent ses bras blancs qui ne fendront plus l’onde
Et deviennent des cordes d’or.

***

The Origin of the Harp

Tis believed that this Harp, which I wake now for thee
Was a Siren of old, who sung under the sea;
And who often, at eve, through the bright waters roved,
To meet, on the green shore, a youth whom she loved.

But she loved him in vain, for he left her to weep,
And in tears, all the night, her gold tresses to steep,
Till heaven look’d with pity on true-love so warm,
And changed to this soft Harp the sea-maiden’s form.

Still her bosom rose fair — still her cheeks smiled the same —
While her sea-beauties gracefully form’d the light
And her hair, as, let loose, o’er her white arm it fell,
Was changed to bright chords uttering melody’s spell.

Hence it came, that this soft Harp so long hath been known
To mingle love’s language with sorrow’s sad tone;
Till thou didst divide them, and teach the fond lay
To speak love when I’m near thee, and grief when away.

(Thomas Moore)

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L’ultime vérité (Wang Wei)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2018



Quelle est, demandez-vous, l’ultime vérité?
– Chant de pêcheur, dans les roseaux, qui s’éloigne.

(Wang Wei)

Illustration: Chant du fleuve (Qi Baishi)

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Le Cygne (Sully Prudhomme)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2018




Le Cygne

Sans bruit, sous le miroir des lacs profonds et calmes,
Le cygne chasse l’onde avec ses larges palmes,
Et glisse. Le duvet de ses flancs est pareil
A des neiges d’avril qui croulent au soleil ;
Mais, ferme et d’un blanc mat, vibrant sous le zéphire,
Sa grande aile l’entraîne ainsi qu’un lent navire.
Il dresse son beau col au-dessus des roseaux,
Le plonge, le promène allongé sur les eaux,
Le courbe gracieux comme un profil d’acanthe,
Et cache son bec noir dans sa gorge éclatante.
Tantôt le long des pins, séjour d’ombre et de paix,
Il serpente, et, laissant les herbages épais
Traîner derrière lui comme une chevelure,
Il va d’une tardive et languissante allure.
La grotte où le poète écoute ce qu’il sent,
Et la source qui pleure un éternel absent,
Lui plaisent ; il y rôde ; une feuille de saule
En silence tombée effleure son épaule.
Tantôt il pousse au large et, loin du bois obscur,
Superbe, gouvernant du côté de l’azur,
Il choisit, pour fêter sa blancheur qu’il admire,
La place éblouissante où le soleil se mire.
Puis, quand les bords de l’eau ne se distinguent plus,
A l’heure où toute forme est un spectre confus,
Où l’horizon brunit rayé d’un long trait rouge,
Alors que pas un jonc, pas un glaïeul ne bouge,
Que les rainettes font dans l’air serein leur bruit,
Et que la luciole au clair de lune luit,
L’oiseau, dans le lac sombre où sous lui se reflète
La splendeur d’une nuit lactée et violette,
Comme un vase d’argent parmi des diamants,
Dort, la tête sous l’aile, entre deux firmaments.

(Sully Prudhomme)

Illustration

 

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Chant d’oiseau (anonyme eskimo)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2018


bruant-des-roseaux

Tu es ce chant d’oiseau
Dans le silence des roseaux
Ta voix illumine les roseaux
Ta voix se fait ruisseau
Tous les roseaux se font oiseaux
Toutes les eaux sont des oiseaux
Je suis prisonnier des eaux
le prisonnier des roseaux
prisonnier d’un chant d’oiseau

(anonyme eskimo)

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Il n’y a plus ni rose ni visage (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2017



Il
n’y
a
plus
ni
rose
ni visage

Vitrail saisi par l’ombre d’une main

et la robe toujours
est silence et veuvage

Si transparent fut le matin
si nu le bras dans ses roseaux de rêve
que j’y voyais louange de lumière
courant de beauté droite entre les seins église rose et grâce
du jardin

Au creux des pluies au creux d’arbre masqué
la langue bleue siffle la flétrissure

Je sais l’autre versant
l’inexplorable Nord
puisque l’oeil égaré
conjugue la morsure

(Ainsi parfois sur une bête pendue aux branches
la mort soudain renverse son visage)

(Jean Joubert)

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Le soleil se levait dans un ciel sans nuage (Paul-Jean Toulet)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2017



Le soleil se levait dans un ciel sans nuage.
L’aube aux tendres couleurs se mirait dans les eaux.
Un râle épouvanté courut dans les roseaux,
Qui prit pour un serpent la corde de halage.

(Paul-Jean Toulet)

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Une invisible harpe (Breton ?? ou Péret ??)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2017



Une invisible harpe, au sein des longs roseaux
Soupirait dolemment des airs de crépuscule.

(Breton ?? ou Péret ??)

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Dans le puits du regard (Georges Jean)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2016



Ce désir de garder les étangs
Dans le puits du regard

Pour écouter le seul oiseau
Qui dresse l’arbre du matin

Pour écarter les murs noircis
Par les foules de l’ombre

Les blanches forêts de l’écume
Recouvrent le sable des songes

Ton sommeil est une fleur d’eau
Comme la solitude

Les étangs y gardent le ciel
Les mots et les nuages

Et nos paroles partagées
Dans les roseaux qui bruissent.

(Georges Jean)

Illustration: Alexander Sulimov

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