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Poésie

Posts Tagged ‘rosée’

Vivre (Robert Momeux)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2020



Vivre

J’ai cueilli cette fleur sauvage
Elle n’était belle que de loin
Je l’ai cueillie pensant à vous
Et à ce bruit d’eau que font les jours

Nous reviendrons dans ce jardin
Une autre fois quand les étoiles
Guideront la barque de la lune
Où la nuit songeuse est assise

Mais ce soir je ne peux pas
Me souvenir de mes amours
Il fait très noir et je ne sais
Quel chemin suivre pour vous joindre

A l’aube sûrement nous pourrons
Entrelacer nos mains encore
Et tout sera tellement facile
Une alouette nous guidera

Même la mort n’y pourra rien
C’est très facile d’être seuls
Il suffit de fermer les yeux
Le reste est déjà là inscrit dans la rosée.

(Robert Momeux)

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La rosée sur la braise (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2020



La rosée sur la braise

Les amours sont au monde
la rosée sur la braise.
Tu sais bien que nos mains se lèvent dans le vent
Quand tristesse et désir ont déchiré nos masques
Les mains de l’oubli aux secrets de ta chair.
Qui parle de faute a voilé les miroirs.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

 

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Le Chant de triomphe de Trishancou (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2020



Trishancou 
    
Le Chant de triomphe de Trishancou

Je ne mourrai pas.
Bien que ce corps, quand l’esprit sera las
de son étroite demeure, doive nourrir les flammes,
ma maison brûlera, moi pas.

Abandonnant cette gaine
je découvrirai un vaste espace éthéré.
À la tombe avide échappera mon esprit,
trompant l’étreinte de la mort.

La Nuit retiendra
le soleil en ses profondeurs glacées ; le Temps aussi devra cesser ;
les astres qui peinent auront leur délivrance.
Je ne cesse pas, moi, je demeure.

Avant que les premières graines
fussent semées sur terre, j’étais déjà vieux,
et quand se refroidiront des planètes point encore nées
mon histoire se poursuivra.

Je suis la lumière
au coeur des étoiles, la force léonine et la joie des matins ;
je suis l’homme et la jeune fille et le petit garçon,
protéen, infini.

Je suis l’arbre
qui se dresse, solitaire, sur le bleu sans limite ;
je suis la rosée qui pleut en silence
et la mer illimitée.

Je tiens le ciel entre mes mains
et soutiens la terre exubérante.
À ma naissance j’étais l’éternel Penseur
et le demeurerai après ma mort.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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L’oiseau-merci (Marcelin Pleynet)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2020




L’oiseau-merci

J’ai vu un rossignol par la queue

J’ai récolté les fils de la vierge
glané les roses de la rosée
fait un bouquet de ces poissons d’argent qui vivent dans mon ombre

J’ai vu un merle qui avait toute la noblesse de la rivière

(Marcelin Pleynet)

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KALÉIDOSCOPE (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2020



 

KALÉIDOSCOPE

Kaléidoscope du macrocosme
Est le microcosme.
Scintillement de la rosée.
Fragrance des yeux.
L’herbe est-elle verte ?
L’homme est blanc.
Mouvement. Musique.
Les lettres croissent dans l’espace.
Les sons comme des édifices.
Courant d’air des vents.
Cosmos. Cosmos. Cosmos.

Magie de l’espace.
Scintillation de l’espace.
A travers le chant rayonne
La lumière sensible,
La clarté de la parole
Qui est comme verre irisé.
Ne ranimez pas le mort…

(Srecko Kosovel)

 

 

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Ô souvenirs ! printemps ! aurore ! (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2020



Illustration: Laurie Justus Pace

    

Ô souvenirs ! printemps ! aurore !

Ô souvenirs ! printemps ! aurore !
Doux rayon triste et réchauffant !
– Lorsqu’elle était petite encore,
Que sa soeur était tout enfant… –

Connaissez-vous, sur la colline
Qui joint Montlignon à Saint-Leu,
Une terrasse qui s’incline
Entre un bois sombre et le ciel bleu ?

C’est là que nous vivions, – Pénètre,
Mon coeur, dans ce passé charmant !
Je l’entendais sous ma fenêtre
Jouer le matin doucement.

Elle courait dans la rosée,
Sans bruit, de peur de m’éveiller ;
Moi, je n’ouvrais pas ma croisée,
De peur de la faire envoler.

Ses frères riaient… – Aube pure !
Tout chantait sous ces frais berceaux,
Ma famille avec la nature,
Mes enfants avec les oiseaux ! –

Je toussais, on devenait brave.
Elle montait à petits pas,
Et me disait d’un air très grave :
 » J’ai laissé les enfants en bas.  »

Qu’elle fût bien ou mal coiffée,
Que mon coeur fût triste ou joyeux,
Je l’admirais. C’était ma fée,
Et le doux astre de mes yeux !

Nous jouions toute la journée.
Ô jeux charmants ! chers entretiens !
Le soir, comme elle était l’aînée,
Elle me disait :  » Père, viens !

Nous allons t’apporter ta chaise,
Conte-nous une histoire, dis !  » –
Et je voyais rayonner d’aise
Tous ces regards du paradis.

Alors, prodiguant les carnages,
J’inventais un conte profond
Dont je trouvais les personnages
Parmi les ombres du plafond.

Toujours, ces quatre douces têtes
Riaient, comme à cet âge on rit,
De voir d’affreux géants très-bêtes
Vaincus par des nains pleins d’esprit.

J’étais l’Arioste et l’Homère
D’un poème éclos d’un seul jet ;
Pendant que je parlais, leur mère
Les regardait rire, et songeait.

Leur aïeul, qui lisait dans l’ombre,
Sur eux parfois levait les yeux,
Et moi, par la fenêtre sombre
J’entrevoyais un coin des cieux !

(Victor Hugo)

 

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Ta maison est sonore à midi (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2020



Alexander Nedzvetskaya 5565

Ta maison est sonore à midi comme un train
la casserole chante et la guêpe bourdonne,
la cascade nous dit ce qu’a fait la rosée,
et ton rire déploie ses trilles de palmier.
La lumière du mur, bleue, parle avec la pierre,
sifflant comme un berger arrive un télégramme,
voici, entre les deux figuiers à la voix verte,
que monte Homère avec ses souliers de mystère.
C’est ici que la ville a perdu voix et pleurs,
l’infini, la sonate, et ses lèvres, et sa trompe,
mais gardé son discours de cascade et de lions,
et toi qui montes, chantes, et qui cours, vas, descends,
et plantes, couds, cuisines, écris, cloues, et reviens,
si tu t’en vas, c’est que l’hiver a commencé.

***

Tu casa suena como un tren a mediodía,
zumban las avispas, cantan las cacerolas,
la cascada enumera los hechos del rocío,
tu risa desarrolla su trino de palmera.
La luz azul del muro conversa con la piedra,
llega como un pastor silbando un telegrama
y, entre las dos higueras de voz verde,
Homero sube con zapatos sigilosos.
Sólo aquí la ciudad no tiene voz ni llanto,
ni sinfín, ni sonatas, ni labios, ni bocina,
sino un discurso de cascada y de leones,
y tú que subes, cantas, corres, caminas, bajas,
plantas, coses, cocinas, clavas, escribes, vuelves,
o te has ido y se sabe que comenzó el invierno.

(Pablo Neruda)

Illustration: Alexander Nedzvetskaya 

 

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Elle aura bu toutes les nuances de la rosée (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2020



Elle aura bu
Toutes les nuances
De la rosée.

Ne te trouvera pas indigne
De prendre la suite.

(Guillevic)


Illustration

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LE RETOUR À LA CAMPAGNE (Tao Yuan Ming)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2020




    
LE RETOUR À LA CAMPAGNE

Jeune je n’aimais pas la vie agitée.
J’ai grandi dans l’amitié des montagnes
C’était une erreur d’entrer dans le monde.
J’ai perdu treize ans de ma seule vie.
L’oiseau en cage songe aux forêts d’antan,
le poisson du bassin à l’ancienne rivière.
Ainsi je suis retourné vivre dans le midi.
Je bêche mon jardin, je cultive mes champs.
J’ai peu de terre, dix mous à peine.
Ma maison est petite. Un orme et un saule
me font de l’ombre. J’ai des pêchers et des
abricotiers en face de la maison. Au loin
il y a les maisons des paysans. Je vois fumer
leurs cheminées dans le ciel calme. Un chien
aboie. Perché sur un mûrier, un coq chante.
Le silence habite chez moi. J’ai de l’espace.
J’ai du temps. Si longtemps j’ai vécu
en cage. Me voilà rendu à moi-même.

Il n’arrive pas grand-chose chez nous.
Il passe peu de voitures sur le chemin.
Pendant le jour les portes restent closes.
Dans la maison calme les désirs se calment.
Quelquefois je rencontre un voisin sur la route.
On parle peu. La récolte de chanvre sera bonne.
Il y aura cette année beaucoup de mûriers.
La moisson sera belle. La terre s’enrichit.
Pourvu qu’il ne gèle pas, que le gel ne tue pas
tout, laissant seulement broussaille morte.

Je me lève tôt pour aller bêcher,
Quand je reviens avec ma bêche, je porte aussi le clair de lune
sur mon épaule.
Le sentier est étroit, hautes les fleurs sauvages et l’herbe.
Mes habits sont trempés de rosée. Ça m’est égal,
si rien ne vient troubler ma paix.
Sur le versant sud j’ai planté des haricots.
Il y a beaucoup de mauvaises herbes. Les semis sont maigres.

(Tao Yuan Ming)

 

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Rondeau de la reine des brebis (Jacques Roubaud)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2020



Illustration
    
Rondeau de la reine des brebis

Mesdemoiselles les brebis
Allons, vite dans la prairie
Mouillez de rosée votre laine
Et mirez-vous à la fontaine

Il faut être propre aujourd’hui
C’est la fête de votre Reine
Mesdemoiselles

Elle a mis ses plus beaux habits
Pour descendre en voilier la Seine
Bêlez, bêlez ! Vive la Reine !
Mesdemoiselles les brebis

(Jacques Roubaud)

 

Recueil: Rondeaux poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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