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Poésie

Posts Tagged ‘roseraie’

La forêt ferme (Yvan Goll)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2018



Gustav Klimt   fir-forest-i.jpg!HD [1280x768]

 

La forêt ferme,
Le dernier oiseau a flûté,
Les feuilles des bouleaux lasses d’être fidèles
Préfèrent partir et mourir.
Les nymphes se démaquillent
Dans les coulisses d’églantines,
Les cerfs qui ont battu les records de vitesse
Déposent leurs cornes trop lourdes,
Et leurs trophées de crépuscule
Pourrissent sous la pluie.

La forêt ferme,
Fermons aussi nos coeurs
Avant qu’il ne gèle !
Dix mille aubes, mon ange, dix mille aubes
Dix mille fois l’oeil du soleil
Est venu rouvrir nos paupières

Dix mille aubes pour cette unique nuit
De notre amour
Ta tête sculptée dans mes bras
La roseraie de tes cheveux
Allumée de dix mille roses

Ah combien de scintillements
Et les dix mille voix des vagues
Combien de lunes sont venues
Tantôt délurées tantôt tristes
Nous couvrir de l’extase des neiges

Et des vieillards nous ont donné leurs yeux
Et des enfants ont mangé notre coeur
Dans les dix mille songes d’un amour

Dix mille aubes, mon ange, dix mille aubes
Dix mille oeufs pleins d’oiseaux et de chansons
Dix mille jaunes de soleil
Valent bien aujourd’hui
L’unique mort aux cent mille astres.

(Yvan Goll)

Illustration: Gustav Klimt

 

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PAR LA ROSERAIE (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018



PAR LA ROSERAIE

Par la roseraie éclose,
Par la saulaie apâlie,
Au bord des viviers, sous l’aurore rose,
Au long des étangs où le roseau plie,
Au son d’une chanson trillée,
Jusqu’à la plaine ensoleillée!

Au cours de la rivière lente
Des herbes traînent vertes ou rousses,
Oscillantes sans secousses,
Au cours de la rivière lente
Des herbes traînent au long des mousses.

Nul bruit qu’un roulement lointain de chariot,
Nulle crainte que d’un rêve interrompu;
Et nul regret de ce que l’on n’a pu
— Un roulement lointain de chariot —
L’azur jusque là-bas où sont les peupliers
Rigides et légers au long du vieux canal
— Ah! que ce paysage a d’êtres familiers;
Que tout y est doux et banal.

L’herbe est plus haute, ainsi, pour ma tête penchée,
Que les collines bleuissantes de là-bas;
Et tout, par la vie, est de même, est-ce pas,
Folle âme à ton ombre attachée,
O toi qui te suis pas à pas,
Sur toi-même penchée,
La vie est telle, n’est-ce pas?

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration

 

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Si le monde entier est rempli d’épines, le cœur de l’amoureux est une roseraie (Rûmî)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2018



Flower-Heart  [800x600]

Si le monde entier est rempli d’épines,
Le cœur de l’amoureux est une roseraie.
Si la roue céleste cessait de tourner,
Le monde des amoureux continueraient à se mouvoir.

Si tous les êtres devenaient tristes, l’âme de l’amoureux
Resterait fraîche, vivante et légère.
Où y a-t-il une chandelle éteinte ? Donne-la à l’amoureux,
Car il détient cent mille lumières.

Si l’amoureux est solitaire, pourtant il n’est jamais seul :
Il a pour compagnon le Bien-Aimé caché.
C’est de l’âme que provient l’ivresse des amants :
Le compagnon de l’amour demeure dans le secret.

L’amour ne se satisfait pas de cent promesses,
Car innombrables sont les ruses des beautés.
Si tu trouves l’amoureux sur un lit de souffrance,
Le Bien-Aimé n’est-il pas au chevet du malade ?

Monte sur le coursier de l’amour, et ne crains pas la route ;
Le coursier de l’amour connaît bien le chemin :
D’une seule foulée, il t’amènera à ta demeure,
Bien que la voie ne soit pas sans obstacles.

(Rûmî)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 

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VOYAGEUSE (Philippe Delaveau)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2018



Illustration: John William Waterhouse
    
VOYAGEUSE

Nous sommes nés de la douceur. Notre pays
N’appelle pas la mort du chant de ses oiseaux.
Même le sable était tranquille sur les allées,
Comme nous parcourions les roseraies, le long de la rivière.
Le soleil caressait nos cheveux et les feuilles.
Quelle ombre a visité le jour du chêne, quel automne
A jeté sur le dallage ces chevauchées de feuilles cramoisies ?

Souviens-toi, semble dire
La source qui reproche faiblement. Souviens-toi, dit encore
Caché dans la nuit d’arbre, le rossignol de l’ancienne folie
Qui a brisé l’ordonnance du monde et divisé ton coeur.
Tu n’aimeras qu’au prix de douleurs infinies. Tes mains
Se fermeront vainement sur les objets du monde,
Sur l’eau qui t’abandonne, le jour qui t’aimait
Sera comme une nuit.

En vain l’enfant du square pousse un cerceau d’or,
Jason

(Philippe Delaveau)

 

Recueil: Le Veilleur amoureux précédé d’Eucharis
Traduction:
Editions: Gallimard

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LE PARFUM DE LA FLEUR (Mohammad Iqbal)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2017



 

Illustration: Alexis Becard 
    
LE PARFUM DE LA FLEUR

Une houri vint se blottir au coeur de la roseraie :
« Nul, dit-elle, ne m’a enseigné le secret de l’univers;
Je ne sais ce qu’est l’aube ni le couchant, le jour ni la nuit.
Qu’est-ce que vivre et qu’est-ce que mourir ? »

Elle devint effluve embaumé et alla s’assoupir au sein des fleurs,
Au sein du monde de l’hier et du demain.
Elle s’éveilla, devint bouton de rose au sourire éphémère,
S’épanouit, se fana et abandonna sur le sol ses pétales.

Cette beauté libérée a laissé un soupir
Que l’on nomme parfum.

(Mohammad Iqbal)

 

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Brûlé du feu de l’amour (Koul Himmet)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2017



Illustration
    
Brûlé du feu de l’amour, mon désir est d’être cendre
Foulé aux pieds, mon désir est d’être route

Traversant cette multitude, volant au pays de l’Unité
Ouvrant la voie à l’infini, mon désir est d’être désert

A travers les épreuves, à la rencontre de l’amant
L’Océan une fois atteint, mon désir est d’être lac

Sans égards pour les ruses du moi, sans croire aux promesses
Sur une branche de la roseraie d’amour, mon désir est d’être rose

Qui demande à Himmeti qui arrive sur la route de l’ami
Qui donne des nouvelles de Dieu, mon désir est d’être son esclave

(Koul Himmet)

 

Recueil: La montagne d’en face (Poèmes de derviches anatoliens)
Traduction: Guizine Dino, Michèle Aquien, Pierre Chuvin
Editions: Fata Morgana

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Montre ta face (Mawlana Rûmî)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2017




    
Montre ta face, car je désire le verger et la roseraie,
Ouvre tes lèvres, car je désire sucre en abondance.

Ô Soleil, fais surgir ta face du voile de nuage,
Car je désire le radieux éclat de ce visage.

(Mawlana Rûmî)

 

 

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La roseraie (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2017



La nuit
la roseraie
rassemble son parfum

(Jean Joubert)

Illustration

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Dans la roseraie je sens le parfum de tes lèvres (Rûmi)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2017



Dans la roseraie je sens
le parfum de tes lèvres

Je vois ta couleur
dans la tulipe et le jasmin.

S’il n’en était pas ainsi,
j’ouvrirais mes lèvres

Afin qu’elles disent ton nom,
et que je l’écoute.

(Rûmi)

Illustration

 

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EST-CE POSSIBLE… (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2017



EST-CE POSSIBLE…

Est-ce possible que rien ne se soit accompli ?
Que la roseraie la brise le lierre
Aient été comme des mots dénués de sens
Qu’ils ne soient que leur visage disparu
Sans retour ni réponse — seulement perdu ?

***

SERA POSSIVEL…

Será possivel que nada se cumprisse ?
Que o roseiral a brisa as folhas de hera
Fossem como palavras sem sentido
— Que nada sejam senão seu rosto ido
Sem regresso nem resposta — só perdido ?

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

Illustration: Eugène Begarat

 

 

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