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Posts Tagged ‘roulade’

L’Écoute-Silence (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2019



Illustration
    
L’Écoute-Silence
pour Suzanne Flot

Écouter ce que dit le vent quand il ne dit plus rien
mais reprend souffle et se souvient
d’avoir été si haletant après sa course
sa course de vent qui court après le vent

Que dit le vent quand il se tait?
Que dit le silence du vent?
Écouter ce que dit la pluie
quand un instant elle fait halte
et cesse l’espace de trois mesures
de tambouriner ses doigts d’eau
sur le toit et sur les carreaux
Que dit la pluie quand elle se tait?
Que dit le silence de la pluie?

Écouter ce que dit la mésange nonnette
quand elle suspend ses roulades
et que son chant dans le matin clair
reste en filigrane dans l’air
Que dit l’oiseau quand il se tait?
Que dit le silence de la mésange?

Le silence dit que le silence
écoute couler la source du chant

(Claude Roy)

 

Recueil: À la lisière du temps suivi de Le voyage d’automne
Traduction:
Editions: Gallimard

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Te dire jamais (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018




    
Te dire jamais
jamais comme borne à l’univers connu
à la normalité merveilleuse de l’humain
jamais comme si on pouvait former des décrets
à partir de l’observation de la Nature

Je ne le dirai pas
Jamais n’est pas un mot de la réalité
jamais est un mot-lunette pour ceux comme toi
qui ont besoin de certitudes extérieures
Je n’en ai pas besoin moi

L’avenir s’étend couleur béton ciré
grande esplanade où je pourrai courir
Le vent est frais la lune et le soleil bien accrochés
Je fais des roulades sauts périlleux athlète papillon
plaisir fou de l’accord
avec le vent la lune et le soleil

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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COMPLAINTE POUR DON JUAN (Édouard Dubus)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2017



COMPLAINTE POUR DON JUAN

Je suis un piano brisé,
Parce qu’il a trop amusé.

Au clavier tout neuf, des menottes
A plaisir ont cassé des notes.

J’ai roucoulé très gentiment
Des morceaux pleins de sentiment.

Histoire de rire, des femmes
Ont tapote des airs infâmes,

D’autres des « tradéridéras
Et des « laïtous » d’opéras.

C’était faux, on n’y songea guère
A la guerre comme à la guerre.

Chacune voulut à son tour
Quelque ritournelle d’amour,

Et joua sans miséricorde
En massacrant corde sur corde,

Tant et tant ! que les trémolos
Eurent la gaîté des sanglots.

On croyait ouïr, aux roulades,
Les râles d’un tas de malades.

Quand ce fut assez odieux,
Elles me firent leurs adieux.

A coups de pied dans la carcasse :
Un joujou déplaît, on le casse.

Je suis un piano brisé,
Parce qu’il a trop amusé.

(Édouard Dubus)

 

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Un soir (Michel Monnereau)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2016



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Un soir les diligences roulaient sur le toit
les cochers avaient le sang à la tête
les chevaux usaient poil à poil leur crinière.
A l’auberge les palefreniers marchaient sur la tête.
les tables, les quatre fers en l’air,
supportaient ainsi les verres.
Les bougies fondaient en larmes.
les chats se déplaçaient par roulades.
les œufs tombaient des nids.
La lune était accrochée par une ficelle.
Une pendule hoquetait.
Le vin ne restait pas sur l’estomac…

– Enfin, me dit ma mère,
tu vois bien que tu tiens ton livre à l’envers.

(Michel Monnereau)

 

 

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Et maintenant, silence, les morts (Tristan Klingsor)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2015



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Et maintenant, silence, les morts!
Chacun son tour;
Ne troublez pas la fête davantage;
Battez, cymbales;
Reprenez vos roulades, tambours,
Jouez, fanfares des villages,
Jouez plus fort,
Et vous, les belles pour le bal,
Parez-vous de vos plus beaux atours :
Les morts sont morts.

(Tristan Klingsor)

Illustration: Jan Frans De Boever

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