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Posts Tagged ‘roulement’

Hommage (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2019




Illustration:  Emile Eisman-Semenowsky
    
Hommage

Elvira, par grâce d’amour
Passe ici devant toi
Un clair éclat
Qui fait de toutes âmes vaniteuses
Des bougies quand vient midi.

Le son métallique et fort des prétendants
Fond devant toi
Comme le roulement des chars,
Mais tu viens en silence
Et hommage est rendu.

Maintenant le petit raccourci
Qui conduit à l’amour
Est encore plein de joie et de sa foule;
Et la large grand-route
Venant de l’amour
Est sans passant.

***

HOMAGE

Elvira, by love’s grace
There goeth before you
A clear radiance
Which maketh ail vain souls
Candies when noon is.The loud clangour of pretenders
Melteth before you
Like the roll of carts passing,
But you corne silently
And homage is given.Now the little by-path
Which leadeth to love
Is again joyful with its many;
And the great highway
From love
Is without passers.

(William Carlos Williams)

 

Recueil: Les Humeurs
Traduction: Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

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RONDEAU DE L’HOMME LAS DE PENSER (André Berry)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2019



    

RONDEAU DE L’HOMME LAS DE PENSER

Combien de temps, tête sempiternelle,
Te faudra-t-il penser et repenser,
Tel l’aiguilleur reclus dans sa tourelle,
Guetteur raidi du train qui va passer ?
Au roulement des rapides idées
Ouvrant ou non les disques lumineux,
Combien de temps, leviers vertigineux,
Dois-je mouvoir vos tiges recoudées?
Combien de temps?

Combien de temps, radoteuse cervelle,
Dois-je sentir ta roue en moi tourner,
Virer au vent et voleter ton aile,
Et sous ta meule un grain dur s’enfourner?
Combien de temps, machine tyrannique,
De ton tiquant, de ton taquant moulin,
Où toujours entre et d’où sort un sac plein,
Me faudra-t-il servir la mécanique?
Combien de temps?

Combien de temps,
Dans la guérite où je
Me faudra-t-il garder
Tenace Esprit qui ne
nocturne sentinelle,
dois m’enfermer,
ta citadelle,
veux désarmer?
Le poing toujours sur le pommeau du glaive,
Prêt à jeter l’anxieux Qui va là,
Combien de temps, dans le trou que voilà,
Me faudra-t-il attendre la relève?
Combien de temps?

(André Berry)

 

Recueil: Poèmes involontaires suivi du Petit Ecclésiaste
Traduction:
Editions: René Julliard

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LES CARACTÈRES ILLISIBLES (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2019




    
LES CARACTÈRES ILLISIBLES

Ce que tu assembles, ce que tu divises
se passe au fond de ton sang
hors de ta volonté : tu assistes
et tu te révoltes de n’être qu’un témoin
sans nul pouvoir.

Cette faible vie, tu aurais voulu la dominer
et tu ne parviens
(à force de vigilance)
qu’à percevoir en deçà et au-delà
des éclairs indéchiffrables
quelques lointains roulements
annonçant que tout se prépare.

Bientôt ce qui est imprévu sera là
et ce que nous attendions s’enfuira.
Nous serons atteints par surprise
sans avoir compris sans savoir lire
les figures de nos propres rêves
pourtant inscrites en lettres géantes
sur la face changeante des nuages.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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LIBERTÉ (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2019



Illustration
    
LIBERTÉ

Ce n’est rien, ta mort, petit yéménite…

Existe-t-il un mot
moins souillé de ravages
de douleur et de sang
que celui de liberté ?

Sans relâche le roulement du tambour
les guerres ne sont plus déclarées
mais poursuivies

Des drapeaux sont hissés
ou baissés
victoire ou oppression
le temps seul sait.

Ah liberté
où es-tu en Afrin, en Palestine,
en Syrie, en Afghanistan, en…

Non, pour toi non plus
pas de paix, petit yéménite
Envoies-tu un selfie sur Face Book
avant que sous peu sans paix ou liberté
tu ne sois condamné à mourir de faim ?

***

FREEDOM

It’s nothing, your death, little Yemenite …

Is there a word
less stained with destruction
suffering and blood
than freedom?

Continuously the drums beat
the wars are no longer declared
but continued
Flags are hoisted
or knocked down
victory or defeat
only time knows

Oh freedom
where are you in Afrin, in Palestine,
in Syria, in Afghanistan, in …

No, neither for you
is peace, little Yemenite
Send a selfie to Face Book
before you have to die of hunger
without freedom, without peace.

***

自 由

小也门人,你的死,无关紧要……

有一个单词
比自由更少
受痛苦与鲜血
破坏的玷污吗?
鼓在持续地敲响
不再宣示战争
战争却继续
旗子升起
或降落
胜利还是失败
只有时间知道
在非洲、在巴勒斯坦、在叙利亚
在阿富汗,在……
哦,自由,你在哪里?
不,还有不适合你的
是和平,小也门人
发送一张自拍照到脸书
因为饥饿你只得死亡
没有自由没有和平。

(Germain Droogenbroodt)

 

Recueil:
Traduction: Français Elisabeth Gerlache Chinois William Zhou
Editions: POINT(P0ésie INTernationale)

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PAR LA ROSERAIE (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018



PAR LA ROSERAIE

Par la roseraie éclose,
Par la saulaie apâlie,
Au bord des viviers, sous l’aurore rose,
Au long des étangs où le roseau plie,
Au son d’une chanson trillée,
Jusqu’à la plaine ensoleillée!

Au cours de la rivière lente
Des herbes traînent vertes ou rousses,
Oscillantes sans secousses,
Au cours de la rivière lente
Des herbes traînent au long des mousses.

Nul bruit qu’un roulement lointain de chariot,
Nulle crainte que d’un rêve interrompu;
Et nul regret de ce que l’on n’a pu
— Un roulement lointain de chariot —
L’azur jusque là-bas où sont les peupliers
Rigides et légers au long du vieux canal
— Ah! que ce paysage a d’êtres familiers;
Que tout y est doux et banal.

L’herbe est plus haute, ainsi, pour ma tête penchée,
Que les collines bleuissantes de là-bas;
Et tout, par la vie, est de même, est-ce pas,
Folle âme à ton ombre attachée,
O toi qui te suis pas à pas,
Sur toi-même penchée,
La vie est telle, n’est-ce pas?

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration

 

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Tempête et calme (Jules Verne)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2018



Illustration: Nanalia Perevozchikova
    
Tempête et calme
L’ombre
Suit
Sombre
Nuit ;
Une
Lune
Brune
Luit.

Tranquille
L’air pur
Distille
L’azur ;
Le sage
Engage
Voyage
Bien sûr !

L’atmosphère
De la fleur
Régénère
La senteur,
S’incorpore,
Evapore
Pour l’aurore
Son odeur.

Parfois la brise
Des verts ormeaux
Passe et se brise
Aux doux rameaux ;
Au fond de l’âme
Qui le réclame
C’est un dictame
Pour tous les maux !

Un point se déclare
Loin de la maison,
Devient une barre ;
C’est une cloison ;
Longue, noire, prompte,
Plus rien ne la dompte,
Elle grandit, monte,
Couvre l’horizon.

L’obscurité s’avance
Et double sa noirceur ;
Sa funeste apparence
Prend et saisit le coeur !
Et tremblant il présage
Que ce sombre nuage
Renferme un gros orage
Dans son énorme horreur.

Au ciel, il n’est plus d’étoiles
Le nuage couvre tout
De ses glaciales voiles ;
Il est là, seul et debout.
Le vent le pousse, l’excite,
Son immensité s’irrite ;
A voir son flanc qui s’agite,
On comprend qu’il est à bout !

Il se replie et s’amoncelle,
Resserre ses vastes haillons ;
Contient à peine l’étincelle
Qui l’ouvre de ses aquilons ;
Le nuage enfin se dilate,
S’entrouvre, se déchire, éclate,
Comme d’une teinte écarlate
Les flots de ses noirs tourbillons.

L’éclair jaillit ; lumière éblouissante
Qui vous aveugle et vous brûle les yeux,
Ne s’éteint pas, la sifflante tourmente
Le fait briller, étinceler bien mieux ;
Il vole ; en sa course muette et vive
L’horrible vent le conduit et l’avive ;
L’éclair prompt, dans sa marche fugitive
Par ses zigzags unit la terre aux cieux.

La foudre part soudain ; elle tempête, tonne
Et l’air est tout rempli de ses longs roulements ;
Dans le fond des échos, l’immense bruit bourdonne,
Entoure, presse tout de ses cassants craquements.
Elle triple d’efforts ; l’éclair comme la bombe,
Se jette et rebondit sur le toit qui succombe,
Et le tonnerre éclate, et se répète, et tombe,
Prolonge jusqu’aux cieux ses épouvantements.

Un peu plus loin, mais frémissant encore
Dans le ciel noir l’orage se poursuit,
Et de ses feux assombrit et colore
L’obscurité de la sifflante nuit.
Puis par instants des Aquilons la houle
S’apaise un peu, le tonnerre s’écoule,
Et puis se tait, et dans le lointain roule
Comme un écho son roulement qui fuit ;

L’éclair aussi devient plus rare
De loin en loin montre ses feux
Ce n’est plus l’affreuse bagarre
Où les vents combattaient entre eux ;
Portant ailleurs sa sombre tête,
L’horreur, l’éclat de la tempête
De plus en plus tarde, s’arrête,
Fuit enfin ses bruyants jeux.

Au ciel le dernier nuage
Est balayé par le vent ;
D’horizon ce grand orage
A changé bien promptement ;
On ne voit au loin dans l’ombre
Qu’une épaisseur large, sombre,
Qui s’enfuit, et noircit, ombre
Tout dans son déplacement.

La nature est tranquille,
A perdu sa frayeur ;
Elle est douce et docile
Et se refait le coeur ;
Si le tonnerre gronde
Et de sa voix profonde
Là-bas trouble le monde,
Ici l’on n’a plus peur.

Dans le ciel l’étoile
D’un éclat plus pur
Brille et se dévoile
Au sein de l’azur ;
La nuit dans la trêve,
Qui reprend et rêve,
Et qui se relève,
N’a plus rien d’obscur.

La fraîche haleine
Du doux zéphyr
Qui se promène
Comme un soupir,
A la sourdine,
La feuille incline,
La pateline,
Et fait plaisir.

La nature
Est encor
Bien plus pure,
Et s’endort ;
Dans l’ivresse
La maîtresse,
Ainsi presse
Un lit d’or.

Toute aise,
La fleur
S’apaise ;
Son coeur
Tranquille
Distille
L’utile
Odeur.

Elle
Fuit,
Belle
Nuit ;
Une
Lune
Brune
Luit.

(Jules Verne)

 

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IL FERA LONGTEMPS CLAIR CE SOIR (Anna de Noailles)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2017




    
IL FERA LONGTEMPS CLAIR CE SOIR

Il fera longtemps clair ce soir, les jours allongent.
La rumeur du jour vif se disperse et s’enfuit,
Et les arbres, surpris de ne pas voir la nuit,
Demeurent éveillés dans le soir blanc, et songent…

Les marronniers, sur l’air plein d’or et de lourdeur,
Répandent leurs parfums et semblent les étendre ;
On n’ose pas marcher ni remuer l’air tendre
De peur de déranger le sommeil des odeurs.

De lointains roulements arrivent de la ville…
La poussière qu’un peu de brise soulevait,
Quittant l’arbre mouvant et las qu’elle revêt,
Redescend doucement sur les chemins tranquilles ;

Nous avons tous les jours l’habitude de voir
Cette route si simple et si souvent suivie,
Et pourtant quelque chose est changé dans la vie ;
Nous n’aurons plus jamais notre âme de ce soir…

(Anna de Noailles)

 

Recueil: Le Coeur innombrable
Editions: Grasset

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Elle qui songe (Mario Luzi)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2017



Woman on the train


    
Elle qui songe à l’automne des parcs
et dans ses yeux et ses cheveux retient
un peu de la tendresse des arbres
tandis qu’il vieillit devant elle
par-delà une cascade silencieuse
sent que je la devine, moi
qui dans le roulement du train la regarde,
et ne trouve pas indiscret mon sourire
mais l’accueille en elle, me le rend
réfracté à l’infini dans le sien.

***

Lei che pensa all’autunno dei parchi
e negli occhi e nei capelli trattiene
qualcosa della tenerezza d’alberi
mentre lui le invecchia di fronte
di là da una cascata silenziosa
si sente indovinata da me
che al rullio del treno la guardo
e non trova indiscreto il mio sorriso
ma lo accoglie in sé, lo ricambia
rifranto alf’infinito nel suo.

(Mario Luzi)

 

Recueil: Dans l’oeuvre du monde
Traduction: Philippe Renard, Bernard Simeone
Editions: Editions Unes

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Respire petit homme (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2016



Respire
petit homme
Et garde en ton étroite

Bouche la mèche vive
Que l’huile
Amoureuse fait briller

Mon âme mon âme
Cette partie du corps
Qui a l’âge du vivant

Chante
Chante un chant fort

Qui monte du champ
De foudre de l’amour

Loin des roulements
De tonnerre du
Remords

(Werner Lambersy)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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A l’abri du vent (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2016



 

A l’abri du vent, on peut entendre l’herbe pousser –
un léger roulement de tambour par le bas, le faible
grondement de millions de flammèches, c’est ainsi qu’on entend l’herbe pousser.

(Tomas Tranströmer)

 

 

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