Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘rouler’

Pour clair que soit son coeur (Michel Butor)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2019



Illustration: Pavel Korin
    
Pour clair que soit son coeur
les ténèbres y roulent
lorsque le père cherche
comment guider son fils

(Michel Butor)

 

Recueil: Collation précédé de HORS-D’OEUVRE scandés par les SOUVENIRS ILLUSOIRES D’UN JAPON TRES ANCIENS
Traduction:
Editions: Seghers

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

UN MIOCHE (H. Leivick)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2019



Illustration: Périclès Pantazis

    

UN MIOCHE

Nuit, lucioles d’orage,
Un tortueux chemin
Je leur cherche un langage,
Je leur cherche un refrain.

Tous les mots s’émerveillent
Du plus petit discours –
Juste créé, s’éveille
Le monde âgé d’un jour.

Un bruit d’orage roule,
La voie lactée se tord
L’odeur du divin moule
Flotte partout encore.

Juste issu de l’abîme
Vers son but, son sens vrai,
Tout demeure anonyme –
Sourire, jeu, secret.

La lune, hochet-cloche,
Paraît puis déguerpit
Dieu lui-même – un mioche
Joue avec sa toupie.

(H. Leivick)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Comment m’appeler ? (Ingerborg Bachmann)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2019



Illustration: pierres qui roulent

    

Comment m’appeler ?

Arbre je fus un jour et attaché,
puis oiseau m’échappai, libre comme l’air,
dans un fossé trouvé enchaîné,
un œuf souillé en se brisant brisa mes fers.

Comment me garder? J’ai oublié
d’où je viens et où je vais,
de tant de corps suis possédé,
un piquant résistant et un chevreuil en fuite.

Ami aujourd’hui des branches d’érable,
demain sur le tronc je porte la main…
Quand la faute commença-t-elle sa ronde infernale
me menant de semence en semence sans fin ?

Mais en moi chante encore un commencement
– ou bien une fin – et combat ma fuite,
je veux échapper à cette faute, à sa flèche
qui en grain de sable ou canard sauvage me cherche.

Peut-être puis-je un jour me reconnaître
une colombe une pierre qui roule… Manque
un mot seulement ! Comment m’appeler
sans être dans une autre langue ?

***

Wie soll ich mich nennen?

Einmal war ich ein Baum und gebunden,
dann entschlüpft ich als Vogel und war frei,
in einen Graben gefesselt gefunden,
entließ mich berstend ein schmutziges Ei.

Wie hait ich mich? Ich habe vergessen,
woher ich komme und wohin ich geh,
ich bin von vielen Leibern besessen,
ein harter Dom und ein flüchtendes Reh.

Freund bin ich heute den Ahornzweigen,
morgen vergehe ich mich an dem Stamm…
Wann begann die Schuld ihren Reigen,
mit dem ich von Samen zu Samen schwamm?

Aber in mir singt noch ein Beginnen
— oder ein Enden — und wehrt meiner Flucht,
ich will dem Pfeil dieser Schuld entrinnen,
der mich in Sandkorn und Wildente sucht.

Vielleicht kann ich mich einmal erkennen,
eine Taube einen rollenden Stein…
Ein Wort nur fehlt! Wie soll ich mich nennen,
ohne in anderer Sprache zu sein.

(Ingerborg Bachmann)

 

Recueil: Toute personne qui tombe a des ailes
Traduction: Françoise Rétif
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je ne suis pas arrivé (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2019



Illustration: Lucie Llong   
    
Je ne suis pas arrivé
Ton corps va, vient, s’élève
Tombe – Une nuit
Se perd entre tes seins. Ce pli ?
Non…
Je ne suis pas arrivé. Un dé de tristesse
Roule du haut des épaules – supplication
Je ne suis pas arrivé. Je ne suis pas arrivé
Ton croissant de lune ? Que dis-tu ? Nos lèvres. Ville
De nos secrets ? Nous ne sommes pas arrivés
Nous ne sommes pas arrivés

(Adonis)

 

Recueil: Lexique amoureux
Traduction: Vénus Khoury-Ghata Issa Makhlouf Houria Abdelouahed
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Retouche à l’adieu (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2019



Retouche à l’adieu

en fin de jour à long halage
l’ortie ranime le canal
le soleil touche l’eau
son odeur de cheval fait trembler la haie d’ombre
de rive à l’autre un couple se sépare
poussiéreux de tilleul et sur un même signe

un oiseau roule en larme sur la joue du ciel

(Daniel Boulanger)


Illustration: Pierre-Auguste Renoir

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le vent (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 26 octobre 2019


341_Le_vent
Le vent
hésitant
Roule une cigarette d’air.

(Paul Eluard)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , | 7 Comments »

Floridum mare (José-Maria de Hérédia)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2019



Salvador Dali papillons s [800x600]

Floridum mare

La moisson débordant le plateau diapré
Roule, ondule et déferle au vent frais qui la berce ;
Et le profil, au ciel lointain, de quelque herse
Semble un bateau qui tangue et lève un noir beaupré.

Et sous mes pieds, la mer, jusqu’au couchant pourpré,
Céruléenne ou rose ou violette ou perse
Ou blanche de moutons que le reflux disperse,
Verdoie à l’infini comme un immense pré.

Aussi les goëlands qui suivent la marée,
Vers les blés mûrs que gonfle une houle dorée,
Avec des cris joyeux, volaient en tourbillons ;

Tandis que, de la terre, une brise emmiellée
Éparpillait au gré de leur ivresse ailée
Sur l’Océan fleuri des vols de papillons.

(José-Maria de Hérédia)

Illustration: Salvador Dali

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je la connais (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2019



 


    
Je la connais

Le tintement de l’heure au sommet des églises
scande un pas solitaire et mon ombre perdue
se débat sur les murs en sursauts de pendu
la nuit vient maquiller la maigre fiancée grise

si je dors elle arrive et tempête chez moi
si je dis le vin bon elle brise mon verre
si je gagne au bonheur elle envoie d’un revers
rouler le jeu je ne sais plus ce que je crois

si je serre une main elle crache dessus
si je montre le blanc elle exhibe le noir
elle brille et s’aiguise à la meule du soir
elle rit elle danse et je suis son bossu

ma sans-sommeil ô ma grinçante
ma questionneuse ma rusée
ma radoteuse ma butée
mon frein brûlé ma folle pente

je suis ta chose et tu me hantes
toi le marteau qui sans fin plantes
dans mon étau les treize coins
des questions de ta question.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La vague roule et s’effondre (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2019



 

Adamov Alexey 12 [1280x768]

La vague roule et s’effondre,
Se reploie et remonte et s’éploie :
— Son culte étreint le monde
D’un océan de joies.

La vague se dresse et s’écroule,
S’assemble et brandit sa clarté :
— Elle donne une âme à la foule
Et la pare de sa beauté.

La vague surgit et nous porte,
Nous qui chantions sous nos treilles,
Assis devant notre porte
À compter nos jours pareils ;

Nous qui chantions en poètes,
L’un pour l’autre, nos mêmes soucis,
Savons-nous si nos âmes sont prêtes
Pour les lendemains que voici ?

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Adamov Alexey

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE VENT SE LEVE AVEC LE JOUR… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2019



LE VENT SE LEVE AVEC LE JOUR…
A Maurice Fombeure.

Le vent se lève avec le jour
Et fait le tour de la maison
Où la douleur sommeille encore
Entre les bras qui l’on bercée
A l’ombre des futaies du sang.

Le vent se lève avec le jour
Et crache noir dans la rosée
Sur les chalands aux longes molles
Sur les ferrailles oubliées
Qui recommencent d’exister.

Le vent se lève avec le jour
Et sous l’aisselle un vieux soleil
Qui roule à travers la mémoire
Comme un morceau de pain rouillé
Sur les dalles de la prison.

L’homme ne tardera plus guère
On l’entend geindre et se débattre
Dans le cilice de sa chair
Et réchauffer de son haleine
L’oeuf purulent de son amour.

(Jean Rousselot)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :