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Poésie

Posts Tagged ‘roulis’

Bateau-mouche (Max Olivier Bizeau)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2019



Illustration: Eugène Chigot
    
Bateau-mouche, à bord
Roulis de robes légères
J’ai le mal d’aimer

(Max Olivier Bizeau)

 

Recueil: Paris … en haïku et en brèves
Traduction:
Editions: La Simarre

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La Chevelure (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



La Chevelure

Ô toison, moutonnant jusque sur l’encolure!
Ô boucles! Ô parfum chargé de nonchaloir!
Extase! Pour peupler ce soir l’alcôve obscure
Des souvenirs dormant dans cette chevelure,
Je la veux agiter dans l’air comme un mouchoir!

La langoureuse Asie et la brûlante Afrique,
Tout un monde lointain, absent, presque défunt,
Vit dans tes profondeurs, forêt aromatique!
Comme d’autres esprits voguent sur la musique,
Le mien, ô mon amour! nage sur ton parfum.

J’irai là-bas où l’arbre et l’homme, pleins de sève,
Se pâment longuement sous l’ardeur des climats;
Fortes tresses, soyez la houle qui m’enlève!
Tu contiens, mer d’ébène, un éblouissant rêve
De voiles, de rameurs, de flammes et de mâts:

Un port retentissant où mon âme peut boire
À grands flots le parfum, le son et la couleur
Où les vaisseaux, glissant dans l’or et dans la moire
Ouvrent leurs vastes bras pour embrasser la gloire
D’un ciel pur où frémit l’éternelle chaleur.

Je plongerai ma tête amoureuse d’ivresse
Dans ce noir océan où l’autre est enfermé;
Et mon esprit subtil que le roulis caresse
Saura vous retrouver, ô féconde paresse,
Infinis bercements du loisir embaumé!

Cheveux bleus, pavillon de ténèbres tendues
Vous me rendez l’azur du ciel immense et rond;
Sur les bords duvetés de vos mèches tordues
Je m’enivre ardemment des senteurs confondues
De l’huile de coco, du musc et du goudron.

Longtemps! toujours! ma main dans ta crinière lourde
Sèmera le rubis, la perle et le saphir,
Afin qu’à mon désir tu ne sois jamais sourde!
N’es-tu pas l’oasis où je rêve, et la gourde
Où je hume à longs traits le vin du souvenir?

(Charles Baudelaire)

Illustration: Alena Klementeva

 

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Navigateur solitaire (Horacio Castillo)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2018



 

Navigateur solitaire

À présent, chaque mille que je naviguerai vers l’ouest
m’éloignera de tout. Pas le moindre signe
de vie : ni poissons, ni oiseaux, ni sirènes,
ni cafard zigzaguant sur la couverture.
Seulement l’eau et le ciel, l’horizon détruit,
la mer, qui chante toujours comme moi la même chanson.
Ni poissons, ni oiseaux, ni sirènes,
ni cette étrange conversation sur la sentine
que perçoit l’oreille aux heures de calme.
Seulement l’eau et le ciel, le roulis du temps.
La nuit, l’étoile Achernar apparaît sur la proue;
entre les haubans, Aldébaran; à tribord,
un peu plus haut que l’horizon,
le Bélier. Alors je me rends, je dors. Et le néant,
avec délicatesse, vient manger dans ma main.

(Horacio Castillo)

Découvert chez Lara ici

 

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CHANSON DES MARINS DE NANTES (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



Illustration: Gildas Flahault
    
CHANSON DES MARINS DE NANTES

C’est les marins de la marine
Qui mangent que des haricots,
N’ont que de l’eau salée z’à boire,
Pas un sou dans le boursicot.
Ho hisse hého.

C’est les marins de la marine
Qui prennent des coups de chicot,
Qui crèvent sous la discipline
Des quartiers-maîtres corsicots.
Ho hisse hého.

Nous, on a le pain et le vin,
Et le bordel et l’aventure
De la fille de premier grain
Et du roulis dans la mâture.
Ho hisse hého.

Nous, on est les marins de Nantes
Les marins du commerce ô gué,
Les gars de la « Julie-Galante »,

(Maurice Fombeure)

 

Recueil: A dos d’oiseau
Traduction:
Editions: Gallimard

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NUIT (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2018



    

NUIT

Le jour las décline vers la nuit,
le roulis de la houle s’est assoupi,
le soleil s’est éteint, et la lune
songeuse, glisse sur le monde.
La plaine en silence écoute
le murmure du ruisseau paisible.
La forêt sombre, penchée, somnole,
un rossignol lance ses trilles.
Tout ouïe et caressant
le fleuve chuchote avec ses rives.
On entend au-dessus de l’eau
le joyeux froissement des roseaux.

***

(Sergueï Essénine)

 

Recueil: Journal d’un poète
Traduction: Christiane Pighetti
Editions: De la Différence

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Reprendre goût à la vie (Daniel Deleuze)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2018



 

Illustration
    
Reprendre goût à la vie
avec ou sans excès
avec ou sans alcool.
Nudité subtile
du cours de la vie.
Casser les flûtes comme Pan,
tirer les nymphes
à sa façon,
dans les roseaux,
ou quelque pastourelle
dans un grenier soyeux.
Du roulis vivant
en veux-tu, en voilà !
Un rai de lumière
éclaire la poussière
en suspens
dans la sous-pente
aux joyeux ébats.

(Daniel Deleuze)

 

Recueil: Courtoises frimousses avec fleurs précédé de Troubadour de service
Traduction:
Editions: Tarabuste

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LA BROUETTE (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2017




    
LA BROUETTE

Commères de tout ce qui se passe au large les mouettes
crient papa maman au-dessus du bastingage
elles dansent dans le ciel pour accompagner la brouette
qui navigue non loin du port avec roulis et tangage

Une brouette que vient faire une brouette sur ce papier
a-t-on jamais vu brouette chevaucher les vagues maritimes
et pourtant elle apparaît au bout du crayon conté
qui la dessine sur les eaux avec une obstination enfantine

Qu’est-ce que cela veut dire à coup sûr cette énigme
réclame un sens profond au poète étonné
s’envolant comme mouette au-dessus des paradigmes
il n’en pousse pas moins la brouette rimée

(Raymond Queneau)

 

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Le coquillage (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2017



Le coquillage

Peut-être te suis-je inutile,
Nuit; de l’abîme universel
Je suis sur ta rive jeté
Comme un coquillage sans perle.

Ta vague indifférente bat,
Et tu chantes, inconciliable;
Mais tu aimeras, tu apprécieras
Le mensonge de l’inutile coquillage.

Tu vas revêtir ta chasuble,
T’étendre sur le sable auprès de lui,
Y nouer avec des liens indissolubles
La cloche énorme des roulis.

Et le coquillage fragile
Tu vas l’emplir d’un murmure d’écume,
Comme la maison d’un coeur inhabité,
Et de vent, et de pluie, et de brume…

(Ossip Mandelstam)


Illustration: Sabin Balasa

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Il préfère à ces valises funèbres le sac à main des femmes (Jean-Michel Maulpoix)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2016



Il préfère à ces valises funèbres le sac à main des femmes,
où il y a des mouchoirs blancs parfumés,
des tubes de rouge à lèvres,
de la poudre rose, une palette de bleus,
un portefeuille avec des photos d’enfants
qui se baignent au bord de la mer,
un petit miroir et des lettres chiffonnées.
Il voudrait se glisser dans cette féerie
et se laisser aller au roulis de leurs hanches.
Curieux de leur parfum et de leurs amours,
il voudrait prendre la température exacte de leur cœur.

(Jean-Michel Maulpoix)

Découvert ici: https://litteratureportesouvertes.wordpress.com/

 

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JEUNE FILLE (Christiane Barrillon)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2016



JEUNE FILLE,

ma fille,

en fleur sous mon toit de ciel,
par la fenêtre ouverte
le grand air, le soleil
te sucrent, te dorent,
te duvètent, te veloutent,
et je sais que tes rêves
ont déjà pris leur vol…

Le jour passe à grands pas
— je sais à qui tu penses —
et la nuit étoilée
s’écoule en scintillant
sur tes seins et tes hanches…

Berceuse de mes jours,
veilleuse de mes nuits,
lorsque la femme-fruit
t’aura pris corps et âme,
au bras de ton amour
tu quitteras ma branche
et t’en iras riant
dans tes pétales de dents blanches…

Je suis le vent du soir
qui délie l’amarre
de ton bateau
et l’emporte
d’une main forte
au large
au libre cours de l’eau

Les bras de l’aulne se dénouent
et la tête du saule
roule sur mon épaule
cheveux épars
plongés parmi les fleurs
de lune
des nénuphars

Je suis le vent du soir
levant les voiles
sur les flots
déploiement d’ailes
qui s’élancent
roulis de rêves
où se balance
ton âme nue
en son berceau

(Christiane Barrillon)

Illustration: David Brayne

 

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