Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘route’

J’hésite (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2021



J’hésite
Debout entre deux chemins
La seule route que je connaisse
Est celle du retour

(Abbas Kiarostami)


Illustration

Posted in méditations | Tagué: , , , , , | 2 Comments »

UN DÉSIR D’ODYSSÉE (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2021




    
UN DÉSIR D’ODYSSÉE

Relever la parole ancienne
Ranimer les mots refroidis
Fermente aux lèvres un nouveau chant
Embrasements ? non, embrasures
Où sur la fresque de midi
S’éploie un désir d’odyssée

Un désir d’odyssée
Par les routes imprononcées
Par les routes jamais écrites
Par les mers encore inchantées

Par les lagunes innommées
Et les déserts indénombrés
Par les chemins non murmurés
Un désir d’odyssée
Par les vents à réinventer
Les orages inéclatés
Les azurs à revisiter

Par les prodiges improclamés
Les sirènes à réenchanter
Sur le portulan des légendes

Un désir d’odyssée
Par les îles inépelées
Et les embruns imbalbutiés
Des vagues jamais chuchotées

Un désir d’odyssée
Vers le lieu ou l’Improféré
Sibylle des mots à venir
Guette en sa grotte improfanée
Le poète qui, d’un baiser
Sur sa bouche délivrera
Les oracles inapaisés.

(Jacques Lacarrière)

Recueil: A l’orée du pays fertile
Traduction:
Editions: Seghers

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Comme j’aimerais me laisser prendre au jeu (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2021




    
[…]

comme j’aimerais me laisser prendre au jeu,
lier conversation… dire la vérité…
envoyer le spleen au diable et
prendre l’autre par la main — sois gentil,
si nous faisions un bout de route ensemble ?

(Ossip Mandelstam)

 

Recueil: Nouveaux poèmes 1930-1934
Traduction: Traduction du russe par Christiane Pighetti
Editions: Allia

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Premier matin (David Herbert Lawrence)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2021



Premier matin
La nuit a été un échec
Mais pourquoi pas – ?
Dans le noir
L’aube pâle moussant à la fenêtre
A travers la croisée noire
Je n’ai pu être libre
Me libérer du passé; de ces autres –
Et notre amour a tourné au chaos,
A l’horreur
Tu t’es détournée pour me fuir
Maintenant, au matin
Assis sur le banc près du petit autel,
Nous regardons les parois montagneuses
Parois d’ombre bleue,
Et voyons tout près, à nos pieds dans la prairie
Les aigrettes de pissenlit par milliers
Bulles enchevêtrées dans l’herbe vert foncé
Immobiles sous l’éclat du soleil …
Cela suffit, tu es proche …
Les montagnes sont en équilibre
Les semences de pissenlit à demi enfouies dans l’herbe :
Toi et moi ensemble
Nous les portons, allègres et superbes
Sur notre amour
Fier et joyeux
Elles se dressent sur notre amour,
Tout part de nous,
Nous sommes la source.

***

First morning

The night was a failure
but why not–?

In the darkness
with the pale dawn seething at the window
through the black frame
I could not be free,
not free myself from the past, those others–
and our love was a confusion,
there was a horror,
you recoiled away from me.

Now, in the morning
As we sit in the sunshine on the seat by the little shrine,
And look at the mountain-walls,
Walls of blue shadow,
And see so near at our feet in the meadow
Myriads of dandelion pappus
Bubbles ravelled in the dark green grass
Held still beneath the sunshine–

It is enough, you are near–
The mountains are balanced,
The dandelion seeds stay half-submerged in the grass;
You and I together
We hold them proud and blithe
On our love.
They stand upright on our love,
Everything starts from us,
We are the source.

(David Herbert Lawrence)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Fuyant dédaignant (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2021



Illustration: Francine Mayran-Hertzog
    
fuyant
dédaignant

ce qu’il est
ce qu’il a

cherchant
de toutes parts

la terre
qu’il porte

en lui
chemine

sans fin
l’affamé

sur les routes
de l’exode

(Charles Juliet)

 

Recueil: Moisson
Traduction:
Editions: P.O.L.

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les marches (Louise de Vilmorin)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2021



Les marches

Monterai-je encore souvent ces marches vertes ?
Monterai-je encore souvent pensant à toi
Ces marches conduisant à ma chambre déserte ?
Referai-je toujours la route d’autrefois ?

(Louise de Vilmorin)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

J’écris ces vers (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2021



    

J’écris ces vers, ainsi qu’on fait des cigarettes,
Pour moi, pour le plaisir ; et ce sont des fleurettes
Que peut-être il valait bien mieux ne pas cueillir ;
Car cette impression qui m’a fait tressaillir,
Ce tableau d’un instant rencontré sur ma route,
Ont-ils un charme enfin pour celui qui m’écoute ?
Je ne le connais pas. Pour se plaire à ceci,
Est-il comme moi-même un rêveur endurci ?
Ne peut-il se fâcher qu’on lui prête ce rôle ?
– Fi donc ! lecteur, tu lis par-dessus mon épaule.

(François Coppée)

 

Recueil: Promenades et interieurs
Traduction:
Editions:

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

NOËL (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2020




    
NOËL

Je n’ai pas désir
de plonger
dans une pelote
de routes

J’ai tant
de lassitude
sur les épaules

Laissez-moi donc
comme une
chose
posée
dans un
coin
oubliée

Ici
on ne sent
rien d’autre
que la bonne chaleur

Je demeure
avec les quatre
cabrioles
de fumée
de l’âtre

(Giuseppe Ungaretti)

 

Recueil: Vie d’un homme Poésie 1914-1970
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le vin d’éternité (Hâfez Shirâzi)(Hafiz)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2020



    
Le vin d’éternité

En ce temps-ci, il n’est d’autre ami sans défaut
qu’un verre de vin pur, un recueil de poèmes:

Pars sans bagage étroit est le pas du salut.
Prends la coupe, car rien, rien ne vaut une vie.

Je ne suis pas le seul à être négligent : les
savants, eux aussi, sont tristes de ne pas
mettre en pratique ce qu’ils savent.

On voit bien que ce monde est un passage obscur
et que tout, ici-bas, est déplacé, instable.

Tiens-t-en aux beaux cheveux ! Ne conte pas de fable !
Ce sont les astres seuls qui sont les responsables : de
Saturne et Vénus dépend notre destin.

Mon cœur espérait tant s’unir avec le tien,
mais la mort a coupé la route de la vie.

On ne trouve jamais notre Hâfez lucide :
n’est-il pas toujours ivre du vin éternel?

***

(Hâfez Shirâzi)(Hafiz)

 

Recueil: L’amour, l’amant, l’aimé
Traduction: Vincent-Masour Monteil
Editions: Actes Sud

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Mais que cherchais-tu donc (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2020




    
Mais que cherchais-tu donc qui ne fût pas
le vent debout, ni le ressac d’enfance
dans les soirs gris, ni le redoublement
du vertige d’aimer

une autre terre que celle-ci, un autre
ciel, un autre temps ? Que cherchais-tu
sur la route que tu n’aies pas trouvé déjà
dans l’herbe familière

et déjà reperdu, bague de rosée ou signe
qu’un homme allant à son pas t’a laissé
sur la vitre avant de disparaître,
ouvrant entre les arbres

un puits où la lumière se nourrit de tes yeux.

(Guy Goffette)

 

Recueil: Le pêcheur d’eau
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :