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Poésie

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Chanson sur le fleuve (Bernard Lorraine)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2019



Chanson sur le fleuve

Du ru clair à l’embouchure
je perdure,
De la source à l’estuaire
du mystère
Sur la barque du présent,
je descends

La rivière Nostalgie
de la vie.
Chaque seconde indivise
s’éternise
Quand je rame dans le sang
de l’instant.

Je ne peux dans ses méandres
jeter l’ancre
Ni louvoyer à la voile
vers l’Étoile
Pour remonter le courant
trop puissant.

Ni savoir l’heure et l’état
du delta…

(Bernard Lorraine)


Illustration: Vladimir Kush

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DESTIN D’UNE EAU (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



    

DESTIN D’UNE EAU

Où cours-tu, ru ?
où cours-tu, ru,
au fond des bois ?
agile comme une ficelle
tu coules liquide étincelle
qui éclaire les fougères
minces souples et légères
abandonnant derrière toi
la mobile splendeur des bois

où cours-tu, ru ?
où cours-tu, ru,
du fond des bois
tu te précipites à la mort
tu perdras tes eaux vivaces
dans un courant bien plus fort
que le tien qui se prélasse
au pied des fougères
minces souples et légères
ignorant sans doute tout ce qui t’attend
la rivière le fleuve et le dévorant océan

(Raymond Queneau)

 

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L’ORAGE (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



Illustration:Ana Cruz
    
L’ORAGE

Tout à coup l’orage accourt
avec ses grosses bottes mauves
il piétine les bégonias les blés les prés
il marche sur les chênes
il emplit les rus de son urine
il crache de la boue
il broie l’air entre ses bras
et puis il s’en va
content de lui

(Raymond Queneau)

 

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MÉLANCOLIE DU SOIR (Georg Trakl)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



 

MÉLANCOLIE DU SOIR

La forêt qui défunte s’étend —
Et des ombres la cernent, comme des haies.
Le gibier quitte en tremblant ses refuges
Tandis qu’un ru glisse tout bas,

Suivant des fougères et de vieilles pierres
Et scintille argenté à travers le feuillage.
On l’entend bientôt dans des gouffres noirs —
Peut-être que déjà brillent aussi des astres.

La plaine sombre semble illimitée,
Villages dispersés, marais, étangs,
Un je-ne-sais-quoi te fait croire à un feu.
Un éclat froid sur des routes se glisse.

Au ciel se devine une agitation,
Une armée de migrateurs prend son essor
Vers ces pays là-bas, autres et beaux pays.
Et monte et retombe le rythme des joncs.

(Georg Trakl)

Illustration: Arnold Böcklin

 

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Les plaisirs (Robert Burns)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2017



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Les plaisirs, comme les coquelicots dans les prés,
Se fanent si vous les cueillez;
Ou comme un blanc flocon qui tombe dans un ru
Blanc un instant, puis pour toujours fondu
ou le chatoiement boréal merveilleux
Qui fuit dés qu’on y veut poser les yeux
Ou comme la forme gracieuse de l’arc-en-ciel
évanescente dans l’orage

***

But pleasures are like poppies spread,
You seize the flower, its bloom is shed
Or like the snow falls in the river,
a moment white – then melts for ever;
or like the borealis race,
that flit ere you van point their place;
Or like the rainbow’s lovely form
Evanishing amid the storm –

(Robert Burns)

Illustration: Alexander Goudie

 

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