Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘ruban’

CHANSON ANDALOUSE (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2019



 

Cayetano De Arquer-Buigas b39dd4b8

CHANSON ANDALOUSE

Galant,
beau petit galant,
on brûle chez toi du thym.

Vainement tu vas, tu viens :
Je ferme ma porte à clef.

Avec une clef d’argent
attachée à un ruban;

Sur le ruban est écrit :
« Mon petit coeur est bien loin !

Ne rôde pas dans ma rue,
Laisse-la bien toute au vent.

Galant,
beau petit galant,
on brûle chez toi du thym.

(Federico Garcia Lorca)

Illustration: Cayetano De Arquer-Buigas

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le temps n’est pas unique (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2018



 

Le temps n’est pas unique :
plusieurs rubans glissent, parallèles
souvent en sens contraire et rarement s’entrecroisent.

C’est quand se révèle la seule vérité que, dévoilée,
elle est aussitôt biffée par qui surveille engrenages et aiguillages.

Puis on replonge dans le temps unique.
Mais ce fut l’instant où les rares vivants se sont reconnus
pour se dire, non au revoir, mais adieu.

(Eugenio Montale)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Gilbert Garcin

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE BANC (Christiane Barrillon)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2018



LE BANC

Les myosotis bleus, blancs, roses,
sont mille fois plus séduisants
quand ils éclosent
dans le jardin de vos quinze ans.
Venez, rusées, venez, moqueuses,
poser vos robes sous mes yeux,
vos rubans de rire précieux,
volants, froufrous, jambes agiles
sur la fragilité du banc
bordé de bleu, bordé de blanc…

(Christiane Barrillon)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

SUR DES CHRYSANTHEMES (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018



 

chrysantheme-jaune-flottant-dans-l-39-eau

SUR DES CHRYSANTHEMES

Des chrysanthèmes,
Secouant leurs oripeaux,
Hagards de vent et saoulés d’eau,
Tanguent, roulent de la tête.

Cheveux éplorés, — et si mouillés ! —
La vieille s’en va, la tête nue,
Par les chemins gris et par les rues,
Gros mouchoir en boule à son poing crispé…

Drame… deuil… douleur… La vieille est folle ;
Et ses cheveux blancs s’emmêlent, s’envolent,
Ét ses cheveux blancs se plaquent, se collent,
Quelques-uns verdis, d’autres rouillés.

*

Des chrysanthèmes,
Lassés de vent, bavant l’eau,
Dodelinent de la tête.

L’étique roulotte est embourbée…
Diaphane de faim, grise de crasse,
En vieilles savates, une finasse
S’attèle à la roue, et sa tignasse
Jaune égoutte au long de son grand nez…

De très nobles chrysanthèmes,
Profanés de vent et d’eau,
Sont prostrés par leur défaite…

Les grands oiseaux blancs en gris exil,
Plantés sur leur patte, corail frêle,
La tête en sommeil au fond de l’aile,
Rêvent à des Gange ou à des Nil…

Mais ce parc ! ce parc alentour grelotte ;
Oh le fond boueux des flaques d’eau
Où piteux, si long ! trempe et clapotte
Le plumage déchu de ces oiseaux…

*

Oh cueillez et recueillez
Le chrysanthème au coeur noyé !

Quoi, elle est tombée à la mare !
Ah dans quel état, ses longs rubans !
Voici qu’elle en sort en claquant les dents :
Ét son chapeau ! Et son écharpe !

— C’est qu’elle a voulu aller en barque
Malgré les claques de la bourrasque :
Elle a glissé sur la banquette.

(Charles Vildrac)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le bateau rose (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2018



Illustration: Georges Jeanclos
    
Le bateau rose

Je m’embarquerai, si tu le veux,
Comme un gai marin quittant la grève,
Sur les flots dorés de tes cheveux,
Vers un paradis fleuri de rêve.

Ta jupe flottante au vent du soir
Gonflera ses plis comme des voiles,
Et quand sur la mer il fera noir,
Tes grands yeux seront mes deux étoiles.

Ton rire éclatant de vermillon
Fera le fanal de la grand’hune.
J’aurai ton ruban pour pavillon
Et ta blanche peau pour clair de lune.

Nos vivres sont faits et nos boissons
Pour durer autant que le voyage.
Ce sonts des baisers et des chansons
Dont nous griserons tout l’équipage.

Nous aborderons je ne sais où,
Là-bas, tout là-bas, sur une grève
Du beau pays bleu, sous un ciel fou,
Dans le paradis fleuri de rêve.

(Jean Richepin)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La solitude véritable (Claudine Helft)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2018




    
La solitude véritable ressemble au cardiogramme d’un mort:
elle a l’immobilisme d’un ruban plat qui déroule le vide.

(Claudine Helft)

 

Recueil: Une indécente éternité
Traduction:
Editions: De la Différence

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Alors je t’ai vue (Herman Gorter)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2018



Illustration: Margot Lovinger
    
Alors je t’ai vue —
Dans toute cette lumière,
la chambre comme une fleur fermée
soudain éclose s’est mise à briller,
des rubans de lumière volaient tout autour.

J’étais immobile je ne pensais rien,
tu as levé les yeux et le vent
s’est engouffré dans ma tête,
comme il se lâche l’été
au dessus d’un vaste, vaste champ,
dans un vaste pays ouvert —
j’étais alors dans cette chambre
cette chambre rouge ponctuée d’or
que la lumière dorée traversait sur des ailes
ailes battant ailes chassant ailes ramant
dans l’air tendre
dans l’air frémissant
dans l’air qui fuit si tu insistes —
écoute écoute écoute oh j’écoute,
ta voix de gorge fragile et sèche,
qui s’élève puis se calme
tout près de moi, je sentais ta chair tendre,
ta chair qui irradiait, nature morte,
j’étouffais sous ton regard
ce regard nu étincelant
ce calme mouvement de tête
ce tremblement ce mouvement
de tes mains et ta tête et ton pied
comme aujourd’hui encore.
Oh si seulement je trouvais
la rapide déferlante rivière de mots étoilés
Pour tout dire
avant de m’effacer
de la vie où j’ai tant erré.

Mais o couleur étincelante
derrière les grandes portes lumineuses
de l’été soleil,
et toute la clarté lumineuse,
la haute messe sacrée
des jours
et la lumière dorée et le crépuscule
dans la chambre rouge
où elle se tenait alors
son corps de verre
si transparent, si léger,
ensemble pour toujours
en moi qui l’ai vue
en ce jour d’un clair rouge doré blanc.

Car il ne me reste qu’à frémir
me dissoudre
dans des mots afin qu’il ne reste rien
que sa lumière.

(Herman Gorter)

 

Recueil: Ce que tu es
Traduction: Saskia Deluy et Henri Deluy
Editions: Al Dante

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

SONGERIE CREUSE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2018



Illustration: Olga Naletova

    
SONGERIE CREUSE

A celui qui pense au néant
on fit pourtant voir
les jeux multiples
des ombres
drapeaux au-dessus d’hommes armés
carrefours au soleil voilé
laines douces aux mains vives
tresses de cheveux ornées
de rubans déchirants
battant de porte ouvert sur les champs
carreau de fenêtre
où frappe le fou serviable
pour héler en passant
un morne habitant.

(Jean Follain)

 

Recueil: Des Heures
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

DERNIÈRES VOLONTÉS (Hans Magnus Enzensberger)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2018



Illustration: Otto Dix
    
DERNIÈRES VOLONTÉS

Ôtez donc de mon visage ce drapeau : ça me chatouille !
Ensevelissez dedans mon chat ensevelissez-le là-bas
où se trouvait mon jardin chromatique.

Ôtez donc de ma poitrine cette couronne de fer-blanc :
ça bat la breloque !
Foutez-la sur le stock de statues en vrac
et donnez les rubans aux putains qu’elles s’en parent.

Dites des prières au téléphone mais coupez le fil,
ou bien enveloppez-les dans un mouchoir avec des miettes de pain
et jetez-les dans l’étang à ces crétins de poissons.

Que l’évêque reste chez lui et se soûle
Qu’on lui donne un barillet de rhum,
prêcher donne soif.

Et fichez-moi la paix avec vos monuments et vos huit reflets !
de ce beau marbre pavez une ruelle inhabitée
une ruelle pour oiseaux.

(Hans Magnus Enzensberger)

 

Recueil: Mausolée
Traduction: Maurice Regnaut et Roger Pillaudin
Editions: Gallimard

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

A SA MÈRE (Eurydice El-Etr)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2018




    
A SA MÈRE

– Qu’est-ce que tu veux être après ta mort ?
– Une libellule.
– Et comment est-ce que je vais te reconnaître ?
– Je volerai autour de toi.
– Ça ne suffit pas. Je te mettrai un petit ruban autour du cou.

(Eurydice El-Etr)

 

Recueil: Je tousse de la lumière
Traduction:
Editions: La Délirante

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :