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Poésie

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AS-TU BIEN REFLECHI ? (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2018



As-tu bien réfléchi ?
Tu quittes ce toit étalé,
La fumée, les fenêtres,
Les rues, les autos,
Les gueules, les faces,
Les garces, les vieilles,
Les hommes, les droits,
Les devoirs, les pensées,
Les chances, l’avenir,
Les livres, le cinéma,
La nourriture, le riz,
La viande, la loi,
Les vaches, les cibles,
Les coups, les lois,
Les pavés, les nez,
Les rats, les trots,
La lumière, la nuit,
La vie, la mort.

(Pierre Morhange)

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NUMÉRO UN (Ewa Lipska)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2018




    
NUMÉRO UN

La planète a été réservée.
Et alors
qu’est-ce que ça peut bien faire.

La lune est inscrite au registre du cadastre.
Le soleil légué par acte notarial.

Villes numérotées. Rues alignées.
Un destin à plusieurs chiffres.

De nouvelles guerres
sont garanties
sur les biens immobiliers du Décalogue.

Des sommes folles d’espoir
s’envolent aux enchères.

Qu’est-ce que ça peut nous faire
si l’amour
brindille qui se balance au vent
reste toujours Numéro Un
et se penche vers nous.

(Ewa Lipska)

 

Recueil: Moi ailleurs l’écharde
Traduction: Isabelle Macor-Filarska et Irena Gudaniec-Barbier
Editions: Grèges

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LA GRANDE HUMANITÉ (Nâzim Hikmet)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018



 

LA GRANDE HUMANITÉ

La grande humanité voyage sur le pont des navires
Dans les trains en troisième classe
Sur les routes elle marche
La grande humanité

La grande humanité s’en va au travail à huit heures
Elle se marie à vingt ans
Meurt à quarante
La grande humanité

Sauf à la grande humanité le pain suffit à tous
Pour le riz c’est pareil
Pour le sucre c’est pareil
Pour le tissu pareil
Pour le livre pareil
Cela suffit à tous sauf à la grande humanité.

ll n’est pas d’ombre sur la terre de la grande humanité
Pas de lanternes dans ses rues
Pas de vitres à ses fenêtres
Mais elle a son espoir la grande humanité
On ne peut vivre sans espoir.

(Nâzim Hikmet)

Illustration: Tarsila do Amaral

 

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Le chant du départ (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018




    
Le chant du départ

Le vent court sur les talus
de peur de salir les rues
avec ses prémonitions.

Le vent connaît tout d’avance,
la tristesse et les douleurs,
la guerre et les pénuries.

Et ces lettres déchirantes
laissées contre un mur de ferme
le jour du dernier assaut.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Les vasistas
Traduction:
Editions: Gallimard

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LUNE (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018




    
LUNE

La lune d’arcade en arcade
et mes pas sur les pâleurs
dont elle a dallé nos rues.

Le demi-jour de ses nuits,
les demi-deuils de la vie.

Et l’odeur de l’ombre
à la porte du sépulcre.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Nathanaël
Traduction:
Editions: Gallimard

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GRILLE (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018



Illustration
    

GRILLE

Le verger las de soleil.
Le soir va venir bientôt
mais les oiseaux n’y croient guère.

Oblicité des barrières,
bras dressés d’un arbre mort,
la rue sous la haie boudeuse.

On entend grincer la grille.
Ainsi jadis l’autre grille
grinçait quand passaient les morts.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Nathanaël
Traduction:
Editions: Gallimard

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CILS (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018




    
CILS

Le vent hurle dans les rues
couche les fumées sur les toits.
Le vent ferme les volets
au nez des chambres voyeuses.

Le vent, ses violences,
ses escadres dans le ciel,
leur ombre sur nous.

La beauté du vent. Les feuilles
se retournent quand Il passe.
Ses doigts frôlent mes cils.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Nathanaël
Traduction:
Editions: Gallimard

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NUIT D’HIVER (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2018



NUIT D’HIVER

Quand je passe par les nuits silencieuses
Et que ma pensée t’évoque
En de muettes douleurs…
O rêve, âme idéale,
Amour
Qui voudrait renaître,
Pour te faire frissonner de volupté…
O rêve, âme idéale,
Pourvu que n’en aient vent
Les amantes d’antan…

*

Quelle ombre à ta fenêtre jaillit,
Ombre d’amours vaincues ?
Vieux poète, abîme de la nuit
Sur la neige des rues.
Des sanglots par cette nuit d’hiver
Où la tempête engloutit tout
Courent Dieu sait où,
En l’instant lourd, amer…

(George Bacovia)

Illustration

 

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Deux rectangles vitrés(Petr Král)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2018



    

L’image de la rue se divise pour moi en deux rectangles vitrés,
séparés par un mètre de mur opaque.

Chaque fois qu’un passant disparaît du premier créneau, je suis pris d’inquiétude
— si peu puis-je prévoir sous quelle forme il m’apparaîtra dans le second, s’il s’y présente jamais.

Il est vrai que la plupart des marcheurs
gardent la même identité dans les deux créneaux.

Comme, toutefois, ils ne surviennent dans le second qu’avec un irréparable retard,
mes soupçons ne se concentrent que davantage sur l’intervalle
où me les dissimule le fatal pan de maçonnerie.

(Petr Král)

 

Recueil: Cahiers de Paris
Traduction:
Editions: Flammarion

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A quoi bon dresser des murailles (Thierry Cazals)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2018



 

James Zwadlo vbrl

A quoi bon dresser des murailles

dans ta rue, il y a
des passants, des pastèques
des flic-floc dans les flaques
des cagettes d’igname et de manioc
des bazars turcs
des coiffeurs pakistanais
des tailleurs juifs
deux joueurs de go poussant leur pions
sur la nappe en papier
d’un restaurant chinois

ton corps
est prêt à tout accueillir

tout

à quoi bon dresser des murailles
pour séparer les différentes couleurs
du vent?

(Thierry Cazals)

Illustration: James Zwadlo

 

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