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Poésie

Posts Tagged ‘rugueux’

Les vieux murs aux pierres inégales (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2019



Les vieux murs
Aux pierres inégales
S’élèvent
Selon la main
Le lieu
Et le hasard

Rugueux et tendres
Ils épousent les ans
S’allient aux feuillages

Nos rêves s’y agrippent
Et les traversent
Parfois…

(Andrée Chedid)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Franchises vénéneuses (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018




    
Franchises vénéneuses
salutaires mensonges
subtilités sauvages
agressives patiences
pardons impitoyables
dévorants aliments
nourrissantes morsures
baisers qui font saigner
aveux qui font mystère

Si rugueuses tendresses
si donnantes conquêtes
si riantes rigueurs
si douces cruautés
si ferventes froideurs
et si fraîches brûlures
qu’on ne sait pas
entre ombre et jour
entre supplice et volupté
où naît et meurt l’amour

(Robert Mallet)

 

Recueil: Presqu’îles presqu’amours
Traduction:
Editions: Gallimard

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Arbres (Anne Goyen)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
à la mémoire de Jean Onimus

Arbres
Soyez
Les obscurs veilleurs
Sous l’écorce des siècles
Le souffle spiralé
Des germinations

Soyez
La cantate rugueuse
Des racines
La voix enfouie qui frémit
Aux fractures des rocs

Arbres
Soyez
Le pleur des ramures d’hiver
Le cri aveugle des bourgeons
Tâtonnant dans leurs songes

Soyez
La louange verticale
La paix ruisselante
Le contre-point d’or et d’ombre
Sous l’immuable clarté

Arbres
Soyez
L’Alleluia feuillu
L’Amen fleuri des cimes
Le Répons murmurant
A la ferveur infuse
Des étoiles.

(Anne Goyen)

 

Recueil: Arbres, soyez
Traduction:
Editions: Ad Solem

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Demeure ainsi mille ans encore (Pierre Emmanuel)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2018




    
Demeure ainsi mille ans encore sans bouger
Calleux, rugueux à force d’immobilité
Et tes bras fleuriront comme un pêcher d’automne
Peut-être un passereau viendra-t-il s’y percher

(Pierre Emmanuel)

 

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Impressions (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2017



Impressions

Des soleils naufragés
S’égarent sur la terre
Une robe de mousse s’ouvre
Sur la plaie de l’écorce
Blessure de lumière charnelle
Qui fait les silences rugueux.

Le vent pousse les nuages
Mais les cailloux se désespèrent
De troubler les reflets de l’eau
Les cloches de la soif tintent
Dans une église d’arbres
Les papillons de la pluie
Accourent vers ma fenêtre

(Jean-Baptiste Besnard)

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Je salue ton corps d’oiseau prêt au vol (Jean-Dominique Rey)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2017




Je salue ton corps d’oiseau prêt au vol
ta couleur d’apsara
descendue des temples aux pierres grèges
ta langueur d’herbe bénie
tes hanches de cyclades
lorsque
le soleil achève
entre les vagues
et le silence du premier matin
sa naissance
rouge

à tes narines rapides
j’offre
l’encens du désir
le copal des marches
ivre de sang

à tes yeux
l’eau tendre
qui sourd des rochers

à l’oreille
cachée sous la forêt
le chant rugueux
de la mémoire

au front
la neige ronde
d’un tympan

aux cils
la sentence
d’une plume tigrée

à tes lèvres
la rumeur
de l’horizon sans trace

là-bas
les moteurs tremblent
entre les vitres
du jour brouillé
près de la pampa
sèche
l’arbre acajou
ruisselle d’ombre
un colibri
remonte à l’envers
le temps
couleur de nuit

(Jean-Dominique Rey)

Illustration: Alan Lee

 

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LES PHOTOGRAPHIES (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2017



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LES PHOTOGRAPHIES

C’était presque en hiver ce jour-là
Le temps des grandes promenades
Qu’on se rappelle aujourd’hui confusément —
La route traversait le milieu de la montagne
Et la main glissait sur de rugueux murs de pierre et de
mousse —
Le temps des portraits photographiés
Les yeux plissés par le soleil en face
Les portraits qui gardent à jamais
Le parfum de pinède des après-midi
Et le parfum de bois et de moût des villages

***

AS FOTOGRAFIAS

Era quase no inverno aquele dia
Tempo de grandes passeios
Confusamente agora recordados —
A estrada atravessava a serra pelo meio
Em rugosos muros de pedra e musgo a máo deslizava —
Tempo de retratos tirados
De olhos franzidos sob urn sol de frente
Retratos que guardam para sempre
O perfume de pinhal das tardes
E o perfume de lenha e mosto das aldeias

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

 

 

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Le Figuier (Juana de Ibarbourou)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2016



Le Figuier

Parce qu’il est rugueux et laid
parce que toutes ses branches sont grises,
j’ai pitié pour le figuier.

Dans ma villa il y a cent beaux arbres :
pruniers ronds
droits citronniers
et orangers aux bourgeons lustrés.

Au printemps,
tous se couvrent de fleurs
autour du figuier.

Et le pauvre semble si triste
avec ses branches tordues qui jamais
ne s’ornent de bourgeons serrés.

Alors,
chaque fois que je passe à ses côtés
je dis, en procurant
à mon accent la douceur et l’allègresse :
« C’est le figuier, le plus beau
des arbres de mon jardin. »

S’il m’écoute,
s’il comprend la langue que je parle,
quelle douceur si profonde se nichera
dans sa sensible âme d’arbre !

Et peut être la nuit,
quand le vent évente sa palme,
engourdi de joie, le figuier lui raconte :
« Aujourd’hui l’on m’a dit que j’étais beau. »

***

LA HIGUERA

Porque es áspera y fea,
porque todas sus ramas son grises,
yo le tengo piedad a la higuera.

En mi quinta hay cien árboles bellos:
ciruelos redondos,
limoneros rectos
y naranjos de brotes lustrosos.

En las primaveras,
todos ellos se cubren de flores
en torno a la higuera.

Y la pobre parece tan triste
con sus gajos torcidos que nunca
de apretados capullos se visten…

Por eso,
cada verz que yo paso a su lado,
digo, procurando
hacer dulce y alegre mi acento:
-Es la higuera el más bello
de los árboles en el huerto.

Si ella escucha,
si comprende el idioma en que hablo,
¡qué dulzura tan honda hará nido
en su alma sensible de árbol!

Y tal vez a la noche,
cuando el viento abanique su copa,
embriagada de gozo, le cuente:
-Hoy a mi me dijeron hermosa.

(Juana de Ibarbourou)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 

 

 

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La guêpe posée (Lysiane Rolland)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2016



guêpe potiron 66

La guêpe posée
Au flanc rugueux
Du potiron soleil

(Lysiane Rolland)

Illustration

 

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