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Au fond de la nuit (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2018



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Au fond de la nuit, les fermes sommeillent,
Cadenas tirés sur la fleur du vin,
Mais la fleur du feu y fermente et veille
Comme le soleil au creux des moulins.

Aux ruisseaux gelés la pierre est à fendre
Par temps de froidure, il n’est plus de fous,
L’heure de minuit, cette heure où l’on chante
Piquera mon cœur bien mieux que le houx.

J’avais des amours, des amis sans nombre
Des rires tressés au ciel de l’été,
Lors, me voici seul, tisonnant des ombres
Le charroi d’hiver a tout emporté.

Pourquoi ce Noël, pourquoi ces lumières,
Il n’est rien venu d’autre que les pleurs,
Je ne mordrai plus dans l’orange amère
Et ton souvenir m’arrache le cœur.

(Luc Bérimont)

 

 

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O lune fais surgir… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2017




    
Ô lune fais surgir…

Ô lune, fais surgir, lune aux odeurs suaves,
Des marais langoureux où traîne ta clarté,
Des écluses filtrant une écumeuse bave,
Des ruisseaux étalant leur blême nudité,

Lune, fais s’élever, langage intelligible,
Ces parfums sensuels dont j’aime à m’enivrer,
Révélateurs lointains d’un monde inaccessible
Où nous pouvons par eux un instant pénétrer.

O lune qui promets des délices perverses,
Répands tes lents reflets sur les genêts fumeux;
Leurs groupes inccertains que ta pâleur traverse
Ont des enlacements de couples amoureux:

Corps blancs, corps enivrés! – O lune aromatique,
Tels les rameaux des houx, mon coeur est saturé
De ton baume fluide et, prêtresse extatique
Que sourdement possède un délire sacré,

Je me tiens dans la nuit où coule ton haleine,
Pressentant épuisée au souffle qui m’atteint
Et qui monte vers toi des prés et des fontaines,
Les voluptés sans borne et dont mon âme a faim.

(Marie Dauguet)

 

 

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Celle que j’aime (Carmen Oriol)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2015


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Ton coeur est frais comme tes bras,
Ta bouche est fraîche comme l’ombre,
Ton ombre est fraîche comme une eau
Qui s’écoulerait de ton coeur.

Beau corps, violoncelle d’amour,
Les cheveux sont les harpes.
Au ruisseau d’ombre et d’herbes longues
Etincelle le saut des carpes.

Celle que j’aime est un ruisseau
Qui me caresse de sa course.
Celle que j’aime est un berceau
Où je m’endors au bruit des sources.

Celle que j’aime est un rosier
Dont je voudrais cueillir la rose.
Celle que j’aime est un brasier
Qui me purifie toute chose.

Celle que j’aime est un roseau
Qui me courbe sous ses bras frêles.
Celle que j’aime est un oiseau
Sa voix c’est du soleil qui grêle.

Celle que j’aime est une aurore
Qui me sépare de la mort.
Mais la mort qu’elle porte en elle
Est un mystère de lumière.

(Carmen Oriol)

Illustration

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