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Poésie

Posts Tagged ‘ruisseau’

Sans se lasser (Won’gam)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2022



Illustration: Bang Hai Ja Souffle de lumière
    
Sans se lasser, contempler
la montagne jour après jour
Sans se lasser, écouter le chant du ruisseau
Ainsi se clarifient écoute et regard
Son et couleur enfantent la joie sublime

(Won’gam)

Recueil: Les mille monts de lune Poèmes de Corée
Traduction: Sunmi Kim
Editions: Albin Michel

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Tu es assis (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2022



Illustration: Lucie Llong
    
Tu es assis
devant le métier haut dressé de cette harpe,

Même invisible, je t’ai reconnu,
tisserand des ruisseaux surnaturels.

(Philippe Jaccottet)

Recueil: L’encre serait de l’ombre
Traduction:
Editions: Gallimard

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Toujours je languis de désir (Fiodor Tiouttchev)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2021



    

Toujours je languis de désir,
Toujours mon âme vole vers toi,
Dans la pénombre du souvenir,
C’est ton image que je vois…
Ta chère image, inoubliée,
Partout, sans cesse, elle me suit,
Inaccessible, inaltérée,
Comme une étoile dans la nuit…

Larmes humaines, ô larmes des hommes,
Vous coulez au matin et au soir de la vie…
Vous coulez inconnues, vous coulez innombrables,
Vous coulez invisibles et intarissables,
Vous coulez comme coulent les ruisseaux de pluie,
Dans la profonde nuit, à la fin de l’automne.

(Fiodor Tiouttchev)

Recueil: POÈMES
Traduction: traduit du russe par Sophie Benech
Editions: Interférences

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Coupures (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2021


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refaire le chemin
envahi par les ronces les genêts
comme tous les ans
jusqu’au ruisseau
qu’on entend bien couler
et couper ce qui pousse
sauvagement
à la hache sécateur ou serpette
en se méfiant des vipères
près des pierres tombées
pour les enfants surtout
et dans ces gestes
qu’on fait un peu comme un poème
(on casse toujours pour avancer)
penser que c’est dérisoire
que cela va repousser
que tout ceci est vain
et frapper de toutes ses forces
sur les branches piquantes
pour le plaisir en bas
de trouver l’eau glacée
d’y plonger nu
pour y laver des écorchures

(François de Cornière)

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DUBLIN BLUES (Paul Gilson)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2021



 

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DUBLIN BLUES

LE temps me saisit de sa main courante
par un bout de rue où nul ne m’attend
sauf dans le saloon aux portes battantes
la barmaid qui sert les morts sur un rang

J’avais trop rêvé d’une fée aux miettes
qui donc l’appelait mirette d’oiseaux
pour ne pas finir par perdre la tête
en virant au noir d’encre du ruisseau

La nuit qu’écrasaient les chevaux de frise
fait un abattoir de mon carrousel
et mon Opéra se change en cerise
au fond d’un bocal du dernier bordel

(Paul Gilson)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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Fille sauvage (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2021





Fille sauvage

Sous l’écorce du matin
Sous les feuilles
Dans ta robe de coton
Transparente comme un ruisseau
Je te cherche
Pour voir le soleil briller dans tes yeux
Qui font chanter les couleurs
Tes hanches font danser l’horizon
Et la mer vient se réfugier dans tes bras

Le soleil se crucifie sur la colline
Et le déclin du jour frôle ton visage
Alors que la lumière chuchote
Reflétée par la vitre
Tes cheveux se baignent dans le miroir
Et tu presses tes lèvres
Sur celles de la nuit
Avant de les poser
Sur les miennes
Qui attendaient.

(Jean-Baptiste Besnard)

Illustration: André Patte

 

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DE NOIRS NUAGES-TEMPS-DE-DEUIL (Egon Schiele)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2021



    

DE NOIRS NUAGES-TEMPS-DE-DEUIL

s’élevaient de toutes parts en tourbillonnant —
forêts-d’eau menaçantes.
Huttes murmurantes et arbres-gémissements —
Je me dirigeai vers le ruisseau noir —
Des oiseaux, semblables à des feuilles blêmes livrées au vent.

ORAGE S’APPRÊTANT

***

SCHWARZE TRAUERWETTERWOLKEN

rollten allüberall hoch
warnende Wasserwälder.
Raunige Hütten und Brummbäume —
Ich ging gegen den schwarzen Bach —
Vögel, gleich wie fahle Blätter im Wind.

GEWITTERANZUG

(Egon Schiele)

 

Recueil: Moi, éternel enfant
Traduction:Nathalie Miolon
Editions: Comp’act

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Chats de partout (Henri Monnier)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2021



 

 

Chats de partout

Je suis le chat de cimetière,
De terrain vague et de gouttière,
De Haute-Egypte et du ruisseau
Je suis venu de saut en saut.

Je suis le chat qui se prélasse
A l’instant où le soleil passe,
Dans vos jardins et dans vos cours
Sans avoir patte de velours.

Je suis le chat de l’infortune,
Le trublion du clair de lune
Qui vous réveille dans la nuit
Au beau milieu de vos ennuis.

Je suis le chat des maléfices
Condamné par le Saint-Office ;
J’évoque la superstition
Qui cause vos malédictions.

Je suis le chat qui déambule
Dans vos couloirs de vestibules,
Et qui fait ses petits besoins
Sous la porte cochère du coin.

Je suis le félin bas de gamme,
La bonne action des vieilles dames
Qui me prodiguent le ron-ron
Sans souci du qu’en dira-t-on.

Epargnez-moi par vos prières
Le châtiment de la fourrière
Où finissent vos émigrés
Sans demeure et sans pedigree.

(Henri Monnier)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

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Ton Corps (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2021



Ton Corps

Ton corps sent la terre et la feuille
Quand il enlace la campagne
Tu dénoues tes cheveux
Qui retombent sur les collines
Et sur le village assis
Au bord de la route

Tes mains empoignent l’ombre
Pour l’écarter du sol
Avant de les poser
Pour posséder le monde

Entre tes doigts le soleil
Fait chanter les couleurs
Sur les fleurs de ta robe
Transparente comme un ruisseau
Et tes hanches font tanguer l’horizon

Voix de rire
Main de caresse
Seins gonflés à l’extrême
Ton corps se donnera
Ta chevelure enfante de l’or
Et dans ton décolleté
Plongent le regard du jour
Et l’ardeur de mes mains.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: William Bouguereau

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Le lieu où je suis, quel est-il? (Roger Munier)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2021



Le lieu où je suis, quel est-il?
Ce n’est jamais le lieu où je me vois, où tu me vois.
Il est comme inapprochable, même de moi.
Non, ce qui se passe n’est pas ce qui se passe en ce moment.
Autre chose advient dans ce qui se passe.
Non hors de lui, non ailleurs qu’en lui,
mais en lui, comme ce qui se passe.

Le mystère de ce qui existe prend la forme de ce qui existe.
Il est pierre et feuille et arbre et ruisseau.
Il n’est justement ce mystère
que parce qu’il prend la forme de ce qui existe.

(Roger Munier)


Illustration

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