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Poésie

Posts Tagged ‘ruisselet’

Je veux bien (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020



Je veux bien que vienne une image éclatante
Comme un coup de griffe du soleil sur le ruisselet
Comme un regard qui vous donne tout le besoin d’un autre de vous aimer
Et qu’on perd au milieu des rues
Je veux bien, mais cet éclat va-t-il se dissoudre
Ou me rayer ma vie?

(Pierre Morhange)


Illustration: William Blake

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Ce Ruisselet parvule et frais (Saint-Pol Roux)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2020


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Ô l’onde qui file et glisse, vive, naïve, lisse!
Parmi les prairies du songe,
des filles se révèlent parfois la chevelure telle.
Ce Ruisselet parvule et frais,
sans doute est un lézard de désirs purs…
épanoui lézard qu’une étincelle d’oeil ferait s’évanouir?
L’azur inclus est, n’est-ce point?
la perceptible remembrance des prunelles nymphales
qui s’y séduisirent.

(Saint-Pol Roux)

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L’éclair des prédicants (Robert Momeux)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2020



L’éclair des prédicants

La machine mangeuse alternait ses sourires et ses élans.
Chaque fois, l’énorme reflet rejetait plus loin
les pauvres gestes étriqués et ridicules des victimes
vers on ne sait quel océan de stupeur et d’espoir.
C’était comme un va-et-vient.

L’inlassable tapis-roulant (était-ce quelque affreuse langue ?)
les charriait, pèle-mêle, hébétés et peureux
jusqu’à cet entonnoir comme un gosier avide
qui les engouffrait tous dans un horrible remugle de dissection malsaine.
Et c’était là-dedans, illuminé de soufre et d’or,
plus haut que le sifflement des courroies et des vapeurs,
la clameur affolée, affolante.
C’était des roues dentées, des axes,
une machine compliquée, inquiétante, des chairs hurlantes,
froissées, dans des lueurs de cavernes.
De ce concassement fusaient des boues et des lambeaux,
tel qu’un volcan éructe.

Puis après, c’était l’immense calme,
une douceur venant d’une tendre musique,
infinie et plus haut, bien plus haut dans l’azur,
de très simples couleurs reposantes et neuves,
un ruisselet candide allant on ne sait où,
la fin comme d’un cauchemar.

(Robert Momeux)



Illustration: Gilbert Garcin

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Le roseau (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2020



Le roseau qui effeuille
mollement son rouge
éventail au printemps;
l’avenue encaissée, sur le noir
ruisselet survolé des libellules;
et le chien haletant qui revient,
sa charge entre les dents,

aujourd’hui en ce lieu je ne puis reconnaître;
mais là où le reflet se fait le plus ardent
et très bas le nuage, derrière
ses prunelles désormais lointaines, juste deux
faisceaux de lumière, en croix.
Et le temps passe.

***

La canna che dispiuma
mollemente il suo rosso
flabello a primavera;
la rédola nel fosso, su la nera
correntia sorvolata di libellule;
e il cane trafelato cire rincasa
col suo fardello in bocca,

oggi qui non mi tocca riconoscere;
ma 1à dove il riverbero più cuoce
e il nuvolo s’abbassa, oltre le sue
pupille ormai remote, solo due
fasci di luce in croce.
E il tempo passa.

(Eugenio Montale)

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Au temps de ma jeunesse (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2019



 

Au temps de ma jeunesse …

Au temps de ma jeunesse, harmonieuse lyre,
Comme l’eau sous les fleurs, ainsi chantait ta voix ;
Et maintenant, hélas ! C’est un sombre délire :
Tes cordes en vibrant ensanglantent mes doigts.

Le calme ruisselet traversé de lumière
Reflète les oiseaux et le ciel de l’été,
Ô lyre, mais de l’eau qui va creusant la pierre
Au fond d’un antre noir, plus forte est la beauté.

(Jean Moréas)

Illustration

 

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Les paroles de l’eau (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2019




    
Les paroles de l’eau

La lumière était de plus en plus lumière
clarté pure et sèche froide avec douceur
pendant que nous montions le chemin des alpages
où les clochettes des vaches tintent nonchalamment
Nous avons pris ensuite le sentier de terre
qui longe la forêt de grands sapins noirs
noirs du noir bleuté d’un plumage de choucas

Tout le long de la route une eau secrète nous parle
visible un instant quand le léger ruisselet traverse
le sentier puis de nouveau cachée mais toujours s’enchantant
parole de fraîcheur patience murmurée
l’incessante la volubile l’eau qui avance à notre pas

Toi dans ma vie ma chantante en sourdine
rire caché dans l’herbe source ma continuelle

(Claude Roy)

 

Recueil: À la lisière du temps suivi de Le voyage d’automne
Traduction:
Editions: Gallimard

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Ouvre-toi, paume du soir (Pascal Riou)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2018




Ouvre-toi, paume du soir, laisse
sourdre la douleur
le voyage inachevable et l’impossible séjour.

Ainsi, l’été, va la bouche
au ruisselet prodigue.

(Pascal Riou)

 

 

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L’EAU VIVE (Guy Béart)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



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L’EAU VIVE

Ma petite est comme l’eau
Elle est comme l’eau vive
Elle court comme un ruisseau
Que des enfants poursuivent

Courez courez
Vite si vous le pouvez
Jamais jamais
Vous ne la rattraperez

Lorsque chantent les pipeaux
Lorsque danse l’eau vive
Elle mène mes troupeaux
Au pays des olives

Venez venez
Mes chevreaux mes agnelets
Dans le laurier
Le thym et le serpolet

Un jour que sous les roseaux
Sommeillait mon eau vive
Vinrent les gars du hameau
Pour la mener captive

Fermez fermez
Votre cage à double clé
Entre vos doigts
L’eau vive s’envolera

Comme les petits bateaux
Emportés par l’eau vive
Dans ses yeux les jouvenceaux
Voguent à la dérive

Voguez voguez
Demain vous accosterez
L’eau vive n’est
Pas encore à marier

Pourtant un matin nouveau
A l’aube mon eau vive
Viendra battre son trousseau
Aux cailloux de la rive

Pleurez pleurez
Si je demeure esseulé
Le ruisselet
Au large s’en est allé

(Guy Béart)

Illustration

 

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MATRICE ET RÊVE (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2018



 

MATRICE ET RÊVE

Choses imperceptibles, taillées
chaque nuit :
souffle, traversée
souterraine de l’hiver : mots-puits
tombant dans la lumière minée
de ruisselet-berceuse
et gouffre.

Tu passes.
Entre peur et mémoire,
l’agate
de ton pas devient
pourpre
dans la poussière de l’enfance.

Soif : et coma : et feuille —
des bribes
de ce qu’on ne sait plus : le message non signé
enfoui dans mon corps.

Le linge blanc
étendu sur la corde. L’armoise
écrasée
dans le champ.

L’odeur de menthe
venant des ruines.

(Paul Auster)

Illustration: Andrej Gorenkov

 

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AUTOMNE (John Clare)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2018



 

    

AUTOMNE

Le duvet de chardon voyage
Bien que les vents soient tous tranquilles
Tantôt là sur le pâturage
Tantôt gravissant la colline
Le courant qui vient de la source
A présent bout comme un chaudron
Et franchit d’innombrables pierres
En bouillonnant à gros bouillons

Le sol racorni craquelé
A la mine d’un pain trop cuit
Le gazon vert est saccagé
Ses tiges desséchées sans vie
Les jachères comme de l’eau
Miroitent à perte de vue
Les fils de la vierge tremblotent
D’une herbe à l’autre suspendus.

Les collines tel un fer ardent
Brûlent à leur faîte au soleil
Et les ruisselets dans leur cours
Flambent clair à de l’or pareils
L’air aussi est de l’or liquide
La terre brûle comme un four
Quiconque promène les yeux
Voit l’Éternité alentour

***

AUTUMN

The thistledown’s flying
Though the winds are all still
On the green grass now lying
Now mounting the hill
The spring from the fountain
Now boils like a pot
Through stones past the counting
It bubbles red hot

The ground parched and cracked is
Like overbaked bread
The greensward all wracked is
Bents dried up and dead
The fallow fields glitter
Like water indeed
And gossamers twitter
Flung from weed unto weed

Hill-tops like hot iron
Glitter hot i’ the sun
And the rivers we’re eyeing
Burn to gold as they run
Burning hot is the ground
Liquid gold is the air
Whoever looks round
Sees Eternity there

(John Clare)

 

Recueil: Poèmes et Proses de la Folie de John Clare
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Mercure de France

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