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Posts Tagged ‘ruissellement’

LA LANTERNE SUR LE PUITS (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2020



LA LANTERNE SUR LE PUITS

Cette source sur laquelle tu te penches
et qui est toi la source
de ta voix même en silence

cherche de tous côtés
tu ne trouveras pas
qui l’a créée.

Elle t’échappe quand tu deviens
son ruissellement
quand par des milliers de mains
et de regards tu la répands
tu la dispenses sans la voir.

Et sur la fraîcheur noire
ne flotte plus qu’un souvenir une buée.

(Jean Mambrino)

Illustration

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QUAND VIENDRAS-TU? (Leiser Aichenrand)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2019



Illustration: Véronique Wibaux 
    
QUAND VIENDRAS-TU?

Dans l’océan des nuits
Tes paroles deviennent
Huîtres perlières
Et tes yeux, des pêcheurs
Portant filets de mélodies.

Le jour
Leur soif décoche
Des flèches de feu vers le soleil.
Qui de ton coeur pourtant
Fait le cri déchiré
Des mouettes
Effrayant même
La solitude ancienne
Du vent?

Intouché par les temps
Tu mets la voile
Dans la pluie des regards
À travers le ruissellement
Des tristesses
Là-bas
Où sur mon pays d’attente
Croît
Noire, l’herbe.

Quand viendras-tu ?

(Leiser Aichenrand)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Présence informelle du silence (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2019



 

Présence informelle du silence
au coeur de l’homme
comme l’art en témoigne au dehors
La musique dans le ruissellement
des silences
Le poème en son propre dépassement
dans le silence
L’érection sur les sables
des tours de silence

Et si l’éblouissement sans forme
donnait forme à ce qu’il nous inspire

(Michel Camus)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Le creux (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2018


Le creux au fond
des créatures humaines
se ressent certains jours bas
au silence des maisons
il semble que rien ne vaille
des animaux élèvent pourtant
leurs cris stridents
se poursuit ce ruissellement
de l’histoire
par routes et places à tout venant.

(Jean Follain)

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La lucide ivresse (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2018



Illustration: Carrie Vielle
    
la lucide ivresse
du ruissellement
exacerbée
par la conscience
du tragique de la vie

puis la vague te dépose
au creux du quotidien

tu n’en es pas dépité

persistent
la paix et la lumière

(Charles Juliet)

 

Recueil: L’Opulence de la nuit
Traduction:
Editions: P.O.L.

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Allons baise, baise-moi (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2018



Illustration: Nicole Roggeman
    
Allons baise, baise-moi, mords
jusqu’au sang, jusqu’au cri.
Le ruissellement d’un coeur ardent
ne souffre pas de froideur.

La cruche répandue de joyeux drilles
ce n’est pas pour nous, car
comprends-tu, petite amie ?
sur terre nous n’avons qu’une vie !

Promène ton regard alentour,
et vois dans la nuit moite
la lune comme un corbeau jaune
qui tourne et plane là-haut.

Allons, baise-moi ! Je le veux.
Pourriture déjà me joue un petit air.
Celui qui plane dans les hauteurs
a flairé ma mort, c’est clair.

Ô forces déclinantes !
S’il nous faut mourir, mourons !
Mais que jusqu’à la fin
je baise ces lèvres aimées.

Qu’ainsi dans nos rêves bleus,
sans honte ni fard,
au doux frisson des merisiers
résonne toujours : « Je suis à toi. »

Que toujours sur la coupe pleine,
écume légère, danse la lumière ;
ores chante et bois, petite amie :
sur terre nous n’avons qu’une vie !

***

(Sergueï Essénine)

 

Recueil: Journal d’un poète
Traduction: Christiane Pighetti
Editions: De la Différence

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L’exode (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2017




    
L’exode

Rentrer en la substance aveugle d’un seul coup
Et tel à son liteau vient s’endormir le loup.
Ah! n’être pas celui dont tout désir avorte,
Qui va traînant sa chair comme un lourd vêtement!
Dans son tournoiement d’or que la nuit me remporte,
Qu’une étoile me mêle à son ruissellement!

Ah! que je ne sois pas celui qui se résigne
Et pâlement sourit en l’automne attiédi,
Dont la décrépitude a marqué de son signe
La lèvre détendue et le pas engourdi!
Je veux, dans du soleil, d’un bras plein de révolte,
Violer l’inconnu dont j’ai forcé la porte

Et devenir chanson, mouvement ou rayon,
Le vol de la tempête ou l’aile d’un grillon,
N’être pas le vieillard dont la force agonise
Lentement; mais debout, jeune et audacieux,
Puisque j’ai blasphémé et la vie et les dieux,
Que sur les hauts sommets l’éclair me pulvérise.

(Marie Dauguet)

 

 

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Murmuré pendant l’après-midi (Georg Trakl)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2017



Murmuré pendant l’après-midi

Soleil d’automne timide et mince,
Et les fruits tombent des arbres.
Le calme habite des pièces bleues
Un long après-midi.

Sons de mort du métal ;
Et une bête blanche s’effondre.
Les chants âpres des filles brunes
Se sont dissipés dans la chute des feuilles.

Le front rêve les couleurs de Dieu,
Sent les ailes douces de la folie.
Des ombres sur la colline,
Frangées de pourriture noire.

Crépuscule plein de calme et de vin ;
Ruissellement de guitares tristes.
Et vers la douce lampe à l’intérieur
Tu t’en retournes comme en rêve.

(Georg Trakl)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

 

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Cependant, à cette heure (Émile Zola)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2017



Illustration
    
Cependant, à cette heure, le parc entier était à eux.
Ils en avaient pris possession, souverainement.
Pas un coin de terre qui ne leur appartint.

C’était pour eux que le bois de roses fleurissait,
que le parterre avait des odeurs douces, alanguies,
dont les bouffées les endormaient, la nuit,
par leurs fenêtres ouvertes.

Le verger les nourrissait,
emplissait de fruits les jupes d’Albine,
les rafraîchissait de l’ombre musquée de ses branches,
sous lesquelles il faisait si bon déjeuner,
après le lever du soleil.

Dans les prairies, ils avaient les herbes et les eaux:
les herbes qui élargissaient indéfiniment leur royaume,
en déroulant sans cesse devant eux des tapis de soie;

les eaux qui étaient la meilleure de leurs joies,
leur grande pureté, leur grande innocence,
le ruissellement de fraîcheur
où ils aimaient à tremper leur jeunesse.

(Émile Zola)

 

Recueil: Quand on n’a que l’amour
Editions: Bruno Doucey

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Zone de soi (Serge Sautreau)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2017




    
Zone de soi
la traversée obscure
écoute le ruissellement rythmique des neurones

(Serge Sautreau)

 

Recueil: Abalochas
Editions: Pierre Bordas et fils

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