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Poésie

Posts Tagged ‘ruminer’

Au pas, à pas, petit âne (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019



 

Anon

Au pas, à pas, petit âne,
rumine et mâche de l’âme,
seul à seul tu trottes seul,
le maitre attend sur le seuil.

(Georges Libbrecht)

Illustration

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BERGERIE (Armand Robin)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2019




    
BERGERIE

Avec une lenteur où bouge un paysage,
Les clochettes à brebis du songe
Prétendent descendre des montagnes

Et l’âme, animale et sereine,
Sous les cyprès que la brume amenuise,
Rumine une voix dans sa laine,

Une voix d’eau blessée pour épines,
Une voix de fruits pour l’eau des plaines
Une voix d’eau tendre pour Beethoven.

Même si j’étais mort
La voix serait toujours
En tout bosquet bienfaitrice mutine.

Je me suis depuis lors
Fait mendiant d’images.
Nul noisetier, nul trèfle ne me refuse.

(Armand Robin)

 

Recueil: Ma vie sans moi suivi de Le monde d’une voix
Traduction:
Editions: Gallimard

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Girouette (Norge)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2018


Girouette

Beaucoup d’amour, peu d’espoir,
Le vent tourne mal, Gustave.
Mieux vaut glisser dans ton noir,
Dans ta mine, dans ta cave.

Mieux vaut glisser dans ta mine,
La fille a le coeur pourri
Et l’espoir que tu rumines
S’enfuit comme une souris.

Mais le vent tourne, Gustave
Et ce bel épi fauché,
C’est la fille au coeur suave
Qui, près de toi, vient coucher.

— Trop tard ; le vent a viré,
L’amour est mort, dit Gustave,
Est mort de faim dans la cave !
I1 est mort et enterré.

(Norge)

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Déjà le soleil se calme (Jean Cocteau)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2018



 


    
Déjà le soleil se calme
la lune : un cadavre;
la terre,
entre les deux,
rumine, vache,
avec ses continents peints sur le ventre.

(Jean Cocteau)

 

Recueil: Le Cap de Bonne-Espérance suivi de Discours du Grand Sommeil
Traduction:
Editions: Gallimard

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A TRAVERS LES BRANCHES (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2018



Illustration: Françoise Arbelot    
    
A TRAVERS LES BRANCHES

Quand je suis là
Quand je ne pense plus à refermer les bras
Quand l’âme trop longtemps polit sa feuille blanche
Quand je sens des oiseaux s’éveiller de mes hanches
Tu peux tout effacer
Si tu laisses les branches

Mais je vous porte en moi libres cités du feu
Trèfles couleur de sang
Vertus des gerbes chaudes
Chanvres liés à la nuque épaisse du dormeur

O végétal
O main fragile sur le coeur
Cri du coquelicot qui tourne dans l’étable
Espace traversé de strideurs
O ma table
Boiteuse dont le pied est un môle berceur
Le vent rumine au bord des marbres et des fleurs.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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Quelque part en toi (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2018



 

Quelque part en toi
Où nul œil ne voit

Tu rumines ta plaie
Comme du verre pilé.

(Guillevic)

 

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Les Mangeurs d’herbe (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2017



Les Mangeurs d’herbe

C’EST l’heure où l’âme famélique des repus
Agonise, parmi les festins corrompus.

Et les Mangeurs d’herbe ont aiguisé leurs dents vertes
Sur les prés d’octobre aux corolles larges ouvertes,

Les prés d’un ton de bois où se rouillent les clous…
Ils boivent la rosée avec de longs glous-glous.

L’été brun s’abandonne en des langueurs jalouses,
Et les Mangeurs d’herbe ont défleuri les pelouses.

Ils mastiquent le trèfle à la saveur du miel
Et les bleuets des champs plus profonds que le ciel.

Innocents, et pareils à la brebis naïve,
Ils ruminent, en des sifflements de salive.

Indifférents au vol serré des hannetons,
Nul ne les vit jamais lever leurs yeux gloutons.

Et, plus dominateur qu’un fracas de victoires,
S’élève grassement le bruit de leurs mâchoires.

(Renée Vivien)

Illustration: Ernest Biéler

 

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Deux vaches (Anneke Brassinga)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2017



    

Deux vaches dans l’autre monde
ruminent leur vie qui continue
les yeux embués nostalgiques
d’une faim qui ne cède pas
devant l’herbe.

(Anneke Brassinga)

 

Recueil: Poètes néerlandais de la modernité
Traduction: Kim Andringa
Editions: Le Temps des Cerises

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Ta main (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2017



main

 

Toutes les mains
Sont aventure,
Partent pour toucher,
Se savoir alors,
Se résumer.
Dans toutes les mains
Gronde la fureur
Qui permet aux rocs
De tenir encore.
Toutes les mains ruminent
L’histoire de la terre,
Tremblent de cette histoire.
Parmi ces mains, la tienne
Emerge de l’histoire
Et se souvient de moi.

(Guillevic)

 

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Chanson pour un âne mort de mon pays (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2016



II y a un âne qui n’a pas de parents
et qui brait tout le temps.

Il y a un charretier qui le bat
et qui crache sur ses coups.

Il y a une route que ruminent les vaches
et un trou qui est l’enfer.

Il y a aussi un arbre
et l’âne à l’envers dessous.

(Edmond Jabès)

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