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Poésie

Posts Tagged ‘rutiler’

Mouvements (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2019



Mouvements

Je passe
Une nuit légère et vaporeuse
Après un jour pesant
Sous un soleil de feu

Je me promène
Dans une aube timide
Comme une fille nubile
Et respire des odeurs vivantes

Je vibre
Dans un exil de luxe
Quand le soleil
Chauffe le ciel à petit feu
Et me réchauffe à peine
Dans le sentier griffé
De buissons épineux
Et piqué d’orties

Je gravis les hauteurs
Jusqu’à l’épanouissement
Voluptueux des eaux
Et j’y rencontre le silence
Quand le couchant colore
De rose l’horizon
Que toutes les vitres rutilent
Et que le village flamboie

J’éprouve le frisson
Du soir sur mon épaule
Une lune maussade brille
Sur une mer anxieuse
Et sous les nuages fissurés
La terre s’allonge sous le ciel

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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INVENTAIRE (Anne Hébert)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2017



INVENTAIRE

Dans un réduit
Très clair et nu
On a ouvert son cœur
En toute pitié :

Fruit crevé
Fraîche entaille
Lame vive et ciselée
Fin couteau pour suicidés.

Le sang (qui n’étonne personne)
Rutile
Goutte à goutte
(Quand il brunira
Nous serons loin
Et bien à couvert.)

Des deux mains plongées
Nous avons tout saisi
Tout sorti :

Livres chiffons cigarettes
Colliers de verre
Beau désordre
Lit défait
Et vous chevelure abandonnée.

Joies bannies
Désespoirs troués
Nul insolent trésor
En ostensoir

La châsse d’or
Que nous avions faite au mystère
Se dresse pillée
Spacieux désert.

Sur une table sans pieds
Son propre visage rongé
Qu’on a aussitôt jeté.

(Anne Hébert)

Illustration

 

 

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Femmes (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2016



Femmes

La sainte du vitrail se gratte,
sort du corsage un sein
dont le bourgeon
s’enfle comme au printemps
l’annonce d’une rose.
Ah, quelle fleur de chair,
quelle tendre blessure
ici dans le secret de l’ombre se prépare?
Et sur la bouche qui s’entrouvre –
lèvres mordues,
sang vierge qui rutile –
quel songe rôde
dont le baiser l’embrase?

Sur son lit, la fille de joie,
souillée de sueur et de morsures,
dans la nuit chevelure s’endort,
se voit en rêve
grosse d’un dieu
qui bouge, qui la fend,
l’irrigue de lumière.

Femmes, je vous allie
d’un même élan, d’un même
amour,
dans la splendeur indivisée de l’aube.

(Jean Joubert)

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Il faut laver ce que tu dis (Hélène Cadou)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2016



 

Il faut laver
Ce que tu dis

les galets blancs
Les planètes

Il faudrait laver
Le ciel et la pluie

Pour que l’amour
rutile sous l’averse

Il faut laver ton regard
Laver le jour à grande eau

Laver ton coeur
De tes larmes

Si tu veux lire enfin
Le monde en clair
dans la fenêtre.

(Hélène Cadou)

 

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DE LA FONTE DES NEIGES – 66 (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2016




DE LA FONTE DES NEIGES – 66

Eau qui croule qui croule fracas vieille hypnose.
Le torrent inonde le cimetière de voitures, rutile derrière les masques.
Je serre fort le parapet du pont.
Le pont: ce grand oiseau de fer qui plane sur la mort.

(Tomas Tranströmer)

Illustration: Gustave Caillebotte

 

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LE GRAND DÉFI (Jacques Rabemananjara)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2015




LE GRAND DÉFI

I

Ton corps était tendu de grâce et d’insolence :
Le grand défi brillait d’un feu de diamant
dans tes yeux où l’amour en pleine virulence
rutilait comme un astre au fond du firmament.

Nous reprîmes le chant de nos premières fêtes :
Le monde de nouveau chancela sous nos poids,
tellement nous étions lourds de tous nos émois ;
royale tu m’ouvris les alcôves secrètes.

Aussitôt jaillissant du sarcophage d’or
telle tu m’apparus qu’en songe j’avais prise :
reine Néfertiti sans voile ni trésor,

ayant pour seul atour sa beauté reconquise
ou bien, livrée à la caresse de nos brises,
ondine d’Alassour, nymphe des lacs du Nord.

II

Royale tu m’ouvris les alcôves du ciel :
Par quel prodige, par quelle métamorphose
dans ton lit devenu l’axe de toute chose,
l’Univers retrouva son centre essentiel !

Ce fut le tourbillon fantastique des sens
pris soudain dans la ronde éternelle des astres.
Et tel fut le combat que jouant les désastres
il nous rongea les os et nous brilla le sang.

Cherchant de nos volcans les plus riches vestiges
nous tournions, nous tournions sur nos propres vertiges
avant la chute d’or dans le cratère en feu.

Le bonheur renaissait de la chaude coulée
des laves dévalant les flancs nus et nerveux
de ta divinité de nouveau révélée.

III

O Déesse, voici le temps de l’apogée :
La terre disparaît avec son rituel
et son cortège de soucis habituels.
C’est l’ivresse du ciel par l’amour propagée

qui déferle sur nous en beaux cyclones d’or.
Quelle force nous lance au-delà de nous-mêmes,
plus haut que notre rêve et plus loin que la mort.
Le zénith nous délivre un message suprême

pour franchir la frontière au col de l’infini.
Nous avons à passer la charge la plus lourde
dont un simple mortel se soit jamais muni.

Notre soif est si grande et si fraîche la gourde
que du désert brillant le sable et les rocailles
s’en trouvent attendris jusque dans les entrailles.

(Jacques Rabemananjara)

Illustration

 

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L’éveil du silence (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2015


reflux

Non pas le reflux, l’éveil du silence,
les brisants qui rutilent.

(Pierre Dhainaut)

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