Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘s’abattre’

LA PUISSANCE DE L’AMOUR (Egypte ancienne)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2022




    
LA PUISSANCE DE L’AMOUR
(extrait)

L’harmonie du lieu de mon repos est troublante.
La bouche de ma bien-aimée est un bouton de fleur.
Ses seins sont des pommes d’amour,
Ses bras sont des étaux.

Son front est un piège en bois de saule,
Et moi, je suis le canard sauvage.
Mes yeux prennent pour appât ses cheveux
Dans le piège prêt à s’abattre.

(Egypte ancienne)

Recueil: 35 siècles de poésie amoureuse
Traduction:
Editions: Saint-Germain-des-Prés Le Cherche-Midi

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

Le néant s’agite et crie (Marcel Béalu)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2021



Le néant s’agite et crie
Mais le miracle attendu
Depuis le début des temps
Arrive à pas de souris

Ah reste encore immobile
Un seul geste un seul regard
Le ferait s’évanouir

11 grandit grandit grandit
Il va s’abattre sur toi

Non ne te retourne pas
Tu pourrais mourir de joie.

(Marcel Béalu)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Acte de foi (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2021



Acte de foi

Alors que l’arbre offre son feuillage
Au premier oiseau venu
Que le soleil éclabousse le sol
Et que l’horizon bouscule les nuages
Je me partage avec le monde entier

Alors que la clarté lisse les cailloux du chemin
Et que les oiseaux qui s’abattent sur les sillons
Lacèrent jusqu’à la faire saigner
La poitrine du champ
Je bois l’espace
À longues lampées

Ma pensée crée le monde
Si je meurs il meurt avec moi
Être de chair je marche vers l’éternité

Sous un soleil assoupi
J’écoute le rire des enfants dans le pré
Et respire les odeurs de la grange

Tandis que la brise fait frissonner les arbres
Je contemple le bleu mouvement de la mer
Plus pures
Les couleurs se dépouillent de leurs formes
Dans la valse des vagues

J’empoigne l’univers
Et défie le mystère profond
Des plus banales choses.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Beaucoup d’hommes souffrent de la solitude (Gilles Weinzaepflen)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2019



Illustration: Edvard Munch
    
Beaucoup d’hommes souffrent de la solitude. Ils ne sont pas
forcément méchants, ils ne sont pas forcément sournois. La
solitude s’abat sur eux comme l’aigle fond sur sa proie,
l’enfant sur sa glace, la glace dans sa main. On ne choisit
pas la solitude comme on choisit framboise: c’est elle,
framboise, qui vous choisit comme cône.

La solitude n’est pas une maladie, elle ne s’attaque pas
aux fonctions vitales. Pas de symptôme, pas de traitement:
autour de soi le lien se défait et l’on reste seul au bord
de la route, dans le fossé, comme la casserole détachée du
pare-choc arrière de la voiture des jeunes mariés, avec
quelques éraflures sur le manche.

La solitude crée le personnage du solitaire, comme la mort
crée le mort. Elle lui donne ce nom que lui-même porte comme
une croix:

– Tiens, voilà le solitaire.

(On entend un bruit de casserole)

(Gilles Weinzaepflen)

 

Recueil: Noël Jivaro
Traduction:
Editions: Le clou dans le fer

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

UNE HEURE (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2019




    
UNE HEURE

Voici des cerveaux voici des cours
voici des paquets sanglants
et des larmes vaines et des cris
des mains retournées
Voici tout le reste pêle-mêle
tout ce que regrette l’agonie
Le vent peut bien souffler furieusement
en gesticulant
ou siffler doucement comme un animal rusé
et le temps s’abattre
comme un grand oiseau gris
sur ce tas où naissent des bulles
Il ne reste après tout
que cette cendre sur les lèvres
ce goût de cendre dans la bouche
pour toujours

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et Poésies
Traduction:
Editions: Grasset

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’onde étale (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2019



les seins poudrés de la lumière
parmi les plis de robe
du parfum

les velours rebroussés
savants de nos salives difficiles
avant le mot

puis le tronc de la chaleur
s’abat

coupé d’un souffle

sous la caresse
ton corps
juste l’onde étale
après la grande gondole

(Werner Lambersy)


Illustration: Pascal Renoux

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Seuls peut-être subsisteront les restes ruinés d’un filet (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2019



Il est certaines heures
où semblent affleurer
la confusion de l’air,
le doute de la lumière,
la fatigue de l’eau,
la tristesse de la nuit.

Tout équilibre a besoin de repos.
Ainsi s’affaissera l’équilibre dernier
et s’abattront
jusqu’au chant des oiseaux
et jusqu’à la parole la plus secrète.

Seuls peut-être subsisteront
les restes ruinés d’un filet.

(Roberto Juarroz)

Illustration: Île Nancy

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Où se termine l’arc-en-ciel ? (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2019



Ne cesser d’attendre fait-il
plus souffrir que jamais n’attendre ?

Où se termine l’arc-en-ciel ?
Dans ton âme ou à l’horizon ?

Et si une étoile invisible
était le ciel des suicidés ?

Où sont les vignobles de fer
d’où le météore s’abat ?

(Pablo Neruda)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Ce qui meurt nous reste sur les bras (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2018



ce qui meurt
nous reste
sur les bras
mais nous
on n’a rien à voir avec la mort
c’est elle qui vient
nous serrer
du dehors
seulement un jour de plus
au bout d’un jour
au jour le jour
ainsi
des années durant
l’apprivoiser
simplement et sans bruit
elle se tait et croît doucement
même au soleil
d’une journée de printemps
dans le remuement des corps
lui faire sa part
la banaliser autant que possible
pour parvenir à croire un peu
qu’elle fait partie des choses
et que cela est bon
ainsi
au moins
tout le monde sait ce que cela veut dire
il est mort
c’est simple
elle recule encore
plus au fond
et nous ne verrons guère les visages
que par accident
remous
un pas lourd un rire une poigne
puis
un peu d’eau ou de temps
recouvrent le peu
puis
rien
mais de façon presque claire
on entend ce qu’on ne voit plus
tomber profond
loin
dedans
on rôde autour d’un manque
une zone devenue d’ombre
vite
cela tient mal à la mémoire
on reste autour du creux
les bords s’éboulent dedans
bientôt on ne verra plus
qui pleure
on dort avec elle au fond de soi
comme un chien roulé en boule
on sait que montera un jour ou l’autre
un vent de terre
et on attend les yeux ouverts
un corps infusé d’encre
une éponge gorgée
et dans la bouche la terre
au lieu des mots
les mots pesant enfin leur poids exact
terre et corps
dehors et dedans
et plus rien d’autre
que de l’herbe ou des arbres
d’ordinaire
les choses vont
et nous aussi
nous allons avec les choses
c’est clair
mais parfois il y a ce qui s’arrête
ou s’abat
en bloquant
et on est brutalement à nouveau
où il faut rire
fou
tout seul
on racle encore
entre le mensonge ancien
et ce qui vient
on a du mal à rester debout
à la fin
qu’est-ce qu’on a donc à voir avec la vie
la mort
on bouge avec ce qui bouge
on se tait avec ce qui reste
il n’y a pas grand-chose d’autre

(Antoine Emaz)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

Illustration: Mathieu Triolet

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Diagnostic existentiel (Pentti Vihtori Holappa)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018



Diagnostic existentiel

Une fois encore cloué à un soir solitaire il
chercha dans sa mémoire les moments de bonheur, pouvant
justifier son existence, et il ravit une place dans le vaisseau spatial.
Puis il se souvint que sur l’écran de télévision il avait vu un homme
que les dauphins avaient accepté pour compagnon de jeu.

Ainsi donc ils s’ébattaient à la surface des eaux de l’océan
gorgés d’existence, les dauphins comme l’homme,
chaque geste réglé selon leur seule présence.
Alors dès la nuit suivante il décida d’apprendre à nager,
d’attendre les dauphins, d’oublier. – Il oublia.

(Pentti Vihtori Holappa)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :