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VARIATIONS SUR LE RIEN (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2017



VARIATIONS SUR LE RIEN

Ce rien de sable qui s’écoule
Du sablier en silence et se pose,
Et, fugaces, les traces en l’incarnat,
En l’incarnat s’éteignant d’un nuage…

Puis si la main renverse la clepsydre,
Le mouvement recommencé du sable,
L’argentement tacite du nuage
Aux premières lividités brèves de l’aube…

La main a retourné le sablier dans l’ombre
Et de sable, silencieusement, le rien
Qui s’écoule, est la seule chose qu’on entende
Et, entendue, qui ne sombre dans le noir.

(Giuseppe Ungaretti)

Découvert ici: https://poisonetcaramel.wordpress.com/

 

 

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Cauchemar (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2017



 

Salvador Dali [1280x768]

Cauchemar

J’ai vu passer dans mon rêve
Tel l’ouragan sur la grève,
D’une main tenant un glaive
Et de l’autre un sablier,
Ce cavalier

Des ballades d’Allemagne
Qu’à travers ville et campagne,
Et du fleuve à la montagne,
Et des forêts au vallon,
Un étalon

Rouge-flamme et noir d’ébène,
Sans bride, ni mors, ni rêne,
Ni hop! ni cravache,entraîne
Parmi des râlements sourds
Toujours! toujours!

Un grand feutre à longue plume
Ombrait son oeil qui s’allume
Et s’éteint. Tel, dans la brume,
Éclate et meurt l’éclair bleu
D’une arme à feu.

Comme l’aile d’une orfraie
Qu’un subit orage effraie,
Par l’air que la neige raie,
Son manteau se soulevant
Claquait au vent,

Et montrait d’un air de gloire
Un torse d’ombre et d’ivoire,
Tandis que dans la nuit noire
Luisaient en des cris stridents
Trente-deux dents.

(Paul Verlaine)

Illustration: Salvador Dali

 

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Diapasons Tordus (Marie-Anne Bruch)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2017



Diapasons Tordus

Si ma tête était un bocal mes yeux déploieraient leurs nageoires.
Si l’amour n’était pas le pansement il serait la plaie ouverte à la belle étoile et nous pourrions dormir dessus.
Si j’étais double je serais l’amie de l’autre mais je suis une et méfiante à mon égard.
Si la réalité perdait son âme nous ferions des cauchemars moins troglodytes.
S’il n’y avait pas d’oasis cachés dans les sabliers on verrait le temps se promener à dos de chameau.
Si les mots contenaient le réel je tatouerais ton nom sur chaque personne que je rencontre.
Si je pouvais dire la vérité elle me raconterait des mensonges.
Si le hasard ne jouait pas les bouffons à la cour de la mort nous ne serions que fées d’hiver.
S’il n’y avait pas la menace d’un supplice sous la moindre goutte d’eau je craindrais moins de disparaître.
Si le rêve devenait absurde et sournois il s’appellerait la vie et nous aussi.
Si je savais de quoi j’espère être sauvée je cesserais toute résistance.
Si j’attendais l’avenir il viendrait certainement en armure brinquebalante me demander l’aumône.
Si l’oubli ne dirigeait pas l’esprit je serais un livre fermé sans voie aux chapitres.
Si j’étais dupe du malheur je chercherais le bonheur.

(Marie-Anne Bruch)

Découvert ici: Lucarne Poétique

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Miniature (Aïcha Arnaout)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2016




Miniature

Il a déposé le sablier
dans l’une de ses petites chaussures
et il a dit
ce qui ressemble à un non
dans une langue très particulière

De tous les murs
des larmes
coulaient

(Aïcha Arnaout)

 

 

 

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JAN SIX (Heather Dohollau)

Posted by arbrealettres sur 8 décembre 2016



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JAN SIX

Derrière sa tête le ciel se creuse
Cet homme seul
Qui lit à la fenêtre
Ouvre un autre espace
Comme dans un sablier d’or
Le temps s’éblouit
Et l’heure brève s’écoule absente
Adossé au soleil
Le visage porté par les ailes du col
Danseur immobile
Il se meut en lui-même
Et l’eau informe le verre
D’une buée fragile

(Heather Dohollau)

Illustration: Rembrandt van Rijn

 

 

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À L’ENVI (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2016


 


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À L’ENVI

Loin dans les triomphes du soleil
Ce penchant victorieux
Cette ascension recrue de tragédies
Mais de force renaissante
Mais de force insolente
Avec un grand rire à jamais sauvé
À jamais semé sur le monde
Et que l’on n’entend pas

Je vois au travers des murs et des portes
Sans renoncer au labyrinthe
Ni à la rage du Minotaure intime
Qui ressuscite à la suite autant qu’il a tué
Qui fouille et crie
En s’évadant d’une autre nuit
D’un vieux séjour

La trame était donc trop serrée
Le linceul incertain
Il fallait prendre sur soi
Comme une balle au bond

J’ai déblayé les rives et vendu le limon
J’ai mis le cap au meilleur sort
D’un simple coup de reins
J’ai dévié la mort
Alors que les arènes n’inspiraient que des ombres

L’espace a retrouvé sa haute fréquence
Le pouvoir d’enchanter à tout va
En tous pays
Et le sablier n’encombre plus les rêves

S’imposent un instinct qui ne trompe pas
Une clairvoyance digne et farouche
Quand le corps se souvient qu’il a son mot à dire
Et que soudain rôdent à l’envi
Deux syllabes ou un nom dans le creux des épaules

(André Velter)

 

 

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Vivez (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2016



En voilà une affaire pour du sel renversé,
Un sablier brisé,
Une bouteille débouchée,
Une voiture dans le fossé
Et la culbute ratée.
Remettez le sel dans la salière,
Le bouchon sur la bouteille,
La voiture sur la route,
La tête par-dessus le cul.

Mais le sablier ?
Vous pouvez le retourner,
Temps passé est bien passé
Tâchez d’en profiter.

Le vent emporte le sable
Nos souvenirs et nos amitiés…
Ne vous montez pas le bourrichon !
Avec vous-mêmes, pas de chiqué.

Temps passé est bien passé
Vivez.

(Robert Desnos)

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LE TEMPS QUI BRÛLE (René Depestre)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2016



 

LE TEMPS QUI BRÛLE

Lente, gloire lente, femme lente,
Lente, tu es lente,
À l’heure somptueuse du corps.
Tu es le temps qui console
Tu es le sablier de la douceur
Ton corps mesure en moi la force des marées
Ton corps indique le temps infini
Encore un instant de bonheur !
Encore l’oubli, encore une victoire glorieuse sur la mort !
Encore toi, encore ta haute vague !
Encore ta jeunesse qui brûle !
Encore ta gloire, encore ton délire !
Lente, gloire lente, femme lente,
Tes cheveux, tes cuisses, tes os,
Ton enfance, tes poupées, ta joie
Pénètrent jusque dans mes os.
Lente, gloire lente, femme lente
Tes caresses me suivront jusque dans la poussière !

(René Depestre)

Illustration: Marc Chagall

 

 

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D’inconsolables sabliers (Emmanuel Dall’aglio)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2016



D’inconsolables sabliers,
d’inguérissables vides.

(Emmanuel Dall’aglio)

Illustration: Sonia Fournier

 

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Le sablier (Jean-Louis Rambour)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2016



Le souffleur (d’autres diront: le vent)
Lui serre la ceinture.

Mais toujours le temps passe
Par le trou du temps;

Ce sable
Dont je suis le centre.

(Jean-Louis Rambour)

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