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Poésie

Posts Tagged ‘sablier’

Chaque vague (Bashô)

Posted by arbrealettres sur 26 avril 2018



 


Chaque vague
reprend quelques grains de sable
du sablier cassé

(Bashô)

Illustration: ©Lara http://www.ipernity.com/home/lara-alpha

 

 

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Il est des visages sans issue (Hélène Dorion)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2018




    
Il est des visages sans issue, des fenêtres
qui ne donnent sur aucun ailleurs
des silences mêlés de silence.

Il est des sommeils dont on ne rentre pas.

Au bout de tant de ciels vides
on se dit qu’il vaut mieux renoncer.
Que le sablier
jamais plus ne se retournera.

(Hélène Dorion)

 

Recueil: Sans bord sans bout du monde
Traduction:
Editions: La différence

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Vivez (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2018



En voilà une affaire pour du sel renversé,
Un sablier brisé,
Une bouteille débouchée,
Une voiture dans le fossé
Et la culbute ratée.
Remettez le sel dans la salière,
Le bouchon sur la bouteille,
La voiture sur la route,
La tête par-dessus le cul.

Mais le sablier ?
Vous pouvez le retourner,
Temps passé est bien passé
Tâchez d’en profiter.

Le vent emporte le sable
Nos souvenirs et nos amitiés…
Ne vous montez pas le bourrichon !
Avec vous-mêmes, pas de chiqué.

Temps passé est bien passé
Vivez.

(Robert Desnos)

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Je froisse mes chansons (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 5 décembre 2017




    
Je froisse mes chansons
je détourne mes lèvres de mes amours
car le temps est compté
le grain d’or du soleil tombe au lent sablier
qu’aucune main jamais ne saura retourner.

Avant que notre sang ne soit froid comme la mer
et que le silence ne fasse son refuge bien-aimé de nos os
il n’y a que le tire d’ailes d’une alouette

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Le sablier (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2017



Le sablier

Mourir est une fête
Pour les vainqueurs du temps.

Les suicidés s’en vont
Deux par deux sous la lune.
Lèvre pour lèvre, échange
De baisers, de murmures.

Oiseau, dit la complainte.
Tigre, dit le poème.
Humain, dit le silence.

La nuit, les femmes brûlent
pour renaître au matin.
De longs serpents se glissent
Dans les rêves des morts.
Les mots mangent la bouche
De celui qui les dit.

Papillon ? — Crépuscule.
Rumeurs ? Non, quelques pierres
Parmi les trous d’un crâne.
Vases, bijoux, calices
Et nourritures mortes.

Et sans un cri, la mer.
Sans un regret, le ciel.
Sans un sourire, un arbre
Tremblant de son bois sec.

Cheveux de gazon vert,
Cheveux de neige et d’ombre,
Vibrez dans le vent noir.

(Robert Sabatier)

 

 

 

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Paysages intérieurs (Robert Momeux)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2017



Paysages intérieurs

Mourir près de la mer
Qui ne sort pas de ses lumières
Qui jette son sablier
Dans les roues de la fortune

Je fus marin

Mourir près de la mer
Immense qui rêve ses passions
Qui poudroie sa monnaie de sel
Dans les jambes du temps

Mais les voiliers étaient partis

Mourir près de la mer
Qui canonne le ciel vide
Qui lance les fusées pâles de son tocsin
A l’horizon levant les brumes

Le temps n’avait pas attendu
L’enfant leurré par la mer oisive

Mourir près de la mer
Son peignoir de pigeons stupéfaits
Ouvert comme un balcon
Par dessus le désespoir des rêves

(Robert Momeux)

Illustration

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Je l’ai écrit et je l’écrirai pendant l’éternité (Auguste Blanqui)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2017



L’univers tout entier est composé de systèmes stellaires.
Pour les créer, la nature n’a que cent corps simples à sa disposition.
Malgré le parti prodigieux qu’elle sait tirer de ces ressources
et le chiffre incalculable de combinaisons qu’elles permettent à sa fécondité,
le résultat est nécessairement un nombre fini,
comme celui des éléments eux-mêmes,
et pour remplir l’étendue,
la nature doit répéter à l’infini
chacune de ses combinaisons originales ou types.

Tout astre, quel qu’il soit, existe donc en nombre infini
dans le temps et dans l’espace,
non pas seulement sous l’un de ses aspects,
mais tel qu’il se trouve à chacune des secondes de sa durée,
depuis la naissance jusqu’à la mort.
Tous les êtres répartis à sa surface,
grands ou petits, vivants ou inanimés,
partagent le privilège de cette pérennité.

La terre est l’un de ces astres.
Tout être humain est donc éternel
dans chacune des secondes de son existence.
Ce que j’écris en ce moment dans un cachot du fort du Taureau,
je l’ai écrit et je l’écrirai pendant l’éternité,
sur une table, avec une plume, sous des habits,
dans des circonstances toutes semblables. Ainsi de chacun.

Toutes ces terres s’abîment, l’une après l’autre,
dans les flammes rénovatrices,
pour en renaître et y retomber encore,
écoulement monotone d’un sablier
qui se retourne et se vide éternellement lui-même.
C’est du nouveau toujours vieux,
et du vieux toujours nouveau.

(Auguste Blanqui)

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Le Sablier (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2017



Illustration: Etzy
    
Le Sablier

Le bien-être s’en va de mon corps douloureux…
Et l’ombre revenue emplit encor mes yeux.
O bien-être ! reviens dans mon coeur douloureux !

La terreur d’une proche et certaine agonie
Me hante brusquement d’une horreur infinie
O spectre horrible et prompt de la proche agonie !

Instant inévitable, éloigne-toi de moi !
Je veux vivre et n’ai point la ferveur de la foi
Qui ferait éloigner toute crainte de moi !

Comme en un sablier glisse et coule le sable,
La vie insidieuse échappe, inexorable…
Voici que lentement glisse et coule le sable !…

(Renée Vivien)

 

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Mains sur un Front de Malade (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2017



 


    
C’est l’imposition fraîche et lente des mains
Sur mon front que remplit l’horreur des lendemains,
O bénédiction suave de ses mains !

Les douces mains de femmes ont des gestes de prêtre
Et répandent en vous la paix et le bien-être,
La consolation que vient donner le prêtre !

Elles n’apprennent point le geste qui guérit,
Elles l’ont toujours su… Dans l’horreur de la nuit
Cette imposition très calme nous guérit…

Apaise mon grand mal, de tes mains secourables,
Tandis que l’heure glisse aux sabliers des sables,
Car le bienfait me vient de tes mains secourables !

Donne-moi ta fraîcheur et donne-moi ta paix !
Et calme le démon qui sur moi se repaît,
En signant sur mon front le geste de la paix !

(Renée Vivien)

 

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Tu ne vieilliras point à mes yeux (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2017



Sonnet irrégulier

Tu ne vieilliras point à mes yeux, ô très belle !
Jamais tu ne perdras ce rythme de ton corps
Parfait et ressemblant aux plus nobles accords,

Et tu demeureras dans mes yeux, éternelle.

En ce temps si lointain de ta beauté décrue,
Je te verrai toujours comme aux temps de jadis,
Virginalement blonde et longue autant qu’un lys,

Telle qu’au soir lointain où tu m’es apparue.

Toi que j’aime, ne crains donc plus le temps futur,
Ni le front moins laiteux, ni le regard moins

pur,
Ni, dans le sablier, le glissement des sables.

Malgré l’aspect futur que tu revêtiras
Et les rides, et les rides inévitables !
Dans mes fidèles yeux tu ne vieilliras pas

(Renée Vivien)

Illustration: Jessie Marion King

 

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