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Poésie

Posts Tagged ‘sabot’

LE TEMPS (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2020



Illustration: Gilbert Garcin
    
LE TEMPS

Bête comme un moteur, bête comme un alexandrin,
le temps piétine et bouge et marche tout le temps.
Il ne peut pas rester en place, et son chemin
déroule son tricot de vers à soie bavant.

Le temps n’a pas le temps de perdre ses minutes,
ni de trouver jolies les choses ni les gens.
Il a toujours à faire, et s’il trébuche et bute
il repart tout de suite et rattrape le temps.

Mon échelle à monter aux grand’places d’aurore,
ma douce, ma songeuse, et mon seul passe-temps,
dans le chaud mélangé de notre double corps
nous n’entendons plus les gros sabots du temps.

Il n’est pourtant pas loin, bête comme un ruisseau,
il fait bouger le sang et le tic-tac du coeur,
les onze ou douze pieds de mes vers pas très beaux,
bête comme une rime qu’on saurait par coeur.

(Claude Roy)

 

Recueil: Claude Roy un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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La voiture (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2020


Une voiture haute à cocher
passe dans des quartiers de misère
et l’on entend sonner
les sabots des chevaux
la liste des commissions est cette fois longue
la nuit va tomber sur un pan du monde
s’éveille l’autre.

(Jean Follain)

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Cherchant le moine taoïste Chang, de Nan-qi (Liu Chang-qing)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2020



 

    
Cherchant le moine taoïste Chang, de Nan-qi

Le long du chemin, en maints lieux traversés :
Traces de sabots sur le tapis de mousse…

De blancs nuages entourent l’îlot paisible
Derrière les herbes folles, une porte oisive

Contempler, après la pluie, la couleur des pins
Puis atteindre, au-delà du mont, la source

Une fleur dans l’eau éveille l’esprit du Chan
Face à face : déjà hors de la parole

(Liu Chang-qing)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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VOICI ET VOILÀ (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2020



Illustration
    

VOICI ET VOILÀ

Voici les maquignons
les vendeurs d’arbalètes
les joueurs de caramel
les enfants sans icônes

Voici des fleurs sans épaulettes
des garçons malheureux
des amis sans pétrole

Voici le coeur à coeur
et la monnaie violette

Voilà une paire de claques
des sabots élastiques
et voici des voilà
et voilà des voilà

Nous n’en finirons pas
c’est bien ce qu’on demande
quand voilà les voilà

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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La grenouille (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2020



La grenouille, qui se reprend à essayer ses cordes
depuis l’étang qui noie
joncs et nuages, le bruissement des caroubiers
entrecroisés où vient éteindre ses torches
un soleil sans chaleur, sur les fleurs l’indolent
bourdonnement des coléoptères qui sucent
encor des sèves, d’ultimes sons, l’avare
vie des champs. Dans un souffle
l’heure s’épuise : un ciel d’ardoise
se prépare à l’irruption des chevaux
décharnés, à leurs sabots pleins d’étincelles.

***

La rana, prima a ritentar la corda
dallo stagno che affossa
giunchi e nubi, stormire dei carrubi
conserti dove spenge le sue fiaccole
un sole senza caldo, tardo ai fiori
ronzio di coleotteri che suggono
ancora linfe, ultimi suoni, avara
vita della campagna. Con un soffio
l’ora s’estingue : un cielo di lavagna
si prepara a un irrompere di scarni
cavalli, alle scintille degli zoccoli.

(Eugenio Montale)

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Chanson du rémouleur (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2020



Illustration: Paul Hey
    
Chanson du rémouleur

Donnez-moi je vous prie
Vos ciseaux
Vos couteaux
Vos sabots
Vos bateaux
Donnez-moi tout je vous prie
Je rémoule et je scie

Donnez-moi je vous prie
Vos cisailles
Vos tenailles
Vos ferrailles
Vos canailles
Donnez-moi tout je vous prie
Je rémoule et je scie

Donnez-moi je vous prie
Vos fusils
Vos habits
Vos tapis
Vos ennuis
Je rémoule et je fuis

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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NOËL DE LA FEMME QUI VA AVOIR UN PETIOT ET QUI A FAIT UNE MAUVAISE ANNEE (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2019



Illustration: Charles de Groux
    
NOËL DE LA FEMME QUI VA AVOIR UN PETIOT ET QUI A FAIT UNE MAUVAISE ANNEE

Les cloches essèment au vent
La joi’ de leur carillonnée,
Qui vient me surprendre, rêvant,
Dans le coin de ma cheminée ;
Noël ! Noël ! c’est aujourd’hui
Que Jésus vint sur sa litière,
Noël ! mon ventre a tressailli
Sous les plis de ma devantière.

O toi qui vas, dans mon sabot,
Me descendre, avec un petiot,
De la misère et de la peine,
Noël ! Noël ! si ça se peut
Attends encore ! Attends un peu ! …
Attends jusqu’à l’année prochaine !

Noël ! Noël !cette anné’-ci
Le froid tua les blés en germe,
Tous nos ceps ont été roussis ;
Le « jeteux d’sorts », sur notre ferme,
A lancé son regard mauvais
Qui fait que sont « péri’s » mes bêtes,
Que mes pigeons se sont sauvés
Et que mon homme perd la tête.

Tous mes gros sous, à ce train-là,
Ont filé de mon bas de laine,
Quand reviendront ? Je ne sais pas !
Mais, à la récolte prochaine,
J’espère voir les blés meilleurs
Et meilleure aussi la vendange,
Pour mon bonheur et le bonheur
De l’enfant dont j’ourle les langes.

(Gaston Couté)

 

 

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CHEVAL BLEU (Dora Teitelboïm)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2019



Illustration: Marc Chagall
    
CHEVAL BLEU

Cheval bleu, cheval de feu
Plus vite, plus vite,
Plus loin et plus loin,
File encore, file
Au galop,
Franchis
Les jours tels des fleuves profonds,
Les nuits, ces abîmes, sans
Pourtant m’y précipiter.
Il est triste, il est décharné
Ton cavalier.
Traces perdues,
Les vents – rênes dénouées,
Les lampes au loin – éteintes,
Les épis de la vie, – battus,
Mon rêve – une étoile
Déjà brillée sur mes épaules,
Et la bouche aux paroles blanches –
Des dents brisées.
Cheval bleu, cheval de feu
Plus vite, plus vite,
Frappe de tes sabots les pierres,
Vole par la flamme et l’épée,
Dans la nuit, que tes étincelles
Allument les étoiles sur la terre.

(Dora Teitelboïm)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Paris (Max Olivier Bizeau)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2019




    
Paris, son paraphe
La Tour au cou de girafe
Et quatre sabots

***

(Max Olivier Bizeau)

 

Recueil: Paris … en haïku et en brèves
Traduction:
Editions: La Simarre

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Mousse (Tristan Corbière)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2019



mousse rl

Mousse : il est donc marin, ton père ?…
— Pêcheur. Perdu depuis longtemps.
En découchant d’avec ma mère,
Il a couché dans les brisants…

Maman lui garde au cimetière
Une tombe — et rien dedans —
C’est moi son mari sur la terre,
Pour gagner du pain aux enfants.

Deux petits. — Alors, sur la plage,
Rien n’est revenu du naufrage ?…
— Son garde-pipe et son sabot.

La mère pleure, le dimanche,
Pour repos… Moi : j’ai ma revanche
Quand je serai grand — matelot ! —

(Tristan Corbière)

 

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