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A la révolte, citoyen poète! (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
A la révolte, citoyen poète!

Contre le sabotage du monde
né de haine et guingois
parmi l’univers rond, plissé, froissé, comme on voudra,
va-t-en vers les provisions de bonheur
cachées çà et là, comme l’écureuil fait de sa nourriture.

Saisi par une passée d’hirondelles, un détail de tableau,
fais réserves de garde, de tendresse, et partage.

***

Zeit für den Aufstand, Dichterbürger!

Gegen die Sabotage dieser Welt,
aus Hass geboren, schief
im runden Universum, im faltigen, knittrigen, ganz nach Wunsch,
verschwinde zu den Vorräten des Glücks
die hier und dort versteckt, als sei’s die Nahrung eines Nagetiers.

Beglückt von einem Schwalbenzug, der Einzelheit eines Gemäldes,
leg Vorrat an, sammle Schutz, Zärtlichkeit
und teile.

(Marie-Claire Bancquart)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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Terminus (Bernard Lorraine)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2017



Terminus

Arrêt du train… Plus rien… Froid nuit brouillard.
Quelle heure est-il ? Exactement trop tard.
Masques figés des passagers blafards.
Où sommes-nous ? Et pourquoi ? Nulle part.
Mais la motrice a touché au butoir.
La faim la soif la peur le désespoir.
Qui a coupé le courant ? Sabotage ?
Où sont passés les tickets les bagages ?
Silence noir… Quelle est donc cette gare ?
Déserts les quais. On se tait. On s’effare,
Chacun n’entend que les coups de son coeur.
Puis cette voix à vous glacer les sangs
Pour cette annonce au micro hululée :
— « Nous informons messieurs les voyageurs :
Toute correspondance est annulée.
Néant, Néant. Tout le monde descend ».

(Bernard Lorraine)


Illustration: Gilbert Garcin

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Accompagnant tes cendres (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2017



 

Accompagnant tes cendres, à peine
écrites, effaçant
l’ode, les racines avivées, l’oeil
autre — de leurs mains gauches, ils t’ont traîné
dans la ville, t’ont serré
dans ce noeud de jargon, et ne t’ont rien
donné. Ton encre a appris
la violence du mur. Banni,
mais toujours au coeur
d’un calme fraternisant, tu retournes les pierres
d’une invisible terre, et rends douce ta place
parmi les loups. Chaque syllabe
est entreprise de sabotage.

(Paul Auster)

Illustration: Aron Wiesenfeld

 

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