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Posts Tagged ‘sabre’

BATELIER DE L’ALLIER (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2019



BATELIER DE L’ALLIER

Batelier de la Loire,
Joli batelier, batelier d’Allier,
Il a tiré au sort,
Au sort et le premier,
Batelier de l’Allier.

L’est parti pour la gloire,
Batelier de la Loire,
Dans les chasseurs à pied,
Batelier de l’Allier.

C’est un beau régiment,
Un régiment de gloire,
Batelier de la Loire,
Un régiment qui plaît,
Batelier de l’Allier.

S’il en revient gradé,
Botté z’à l’écuyère,
Batelier de la Louère,
Sa femme sera fière
De s’aller promener
Le dimanche après dîner,
Batelier de l’Allier.

Un coup de sabre au ventre,
C’est beaucoup moins cherché,
Batelier de la Loire.
Dans la gloire on y entre
Mais n’en sort plus jamais,
Batelier de l’Allier.

Batelier de la Loire,
Y fut tué le premier ;
Mourut à la nuit noire,
Batelier de la Loire.
Tout seul dans un hallier,
Batelier de l’Allier.

Buvons à sa mémoire,
Bateliers de la Loire,
Un coup de muscadet,
Bateliers de l’Allier.

(Maurice Fombeure)

Illustration: Otto Dix

 

 

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La rouille (Henri Gougaud)

Posted by arbrealettres sur 17 octobre 2019



Elle fait mal aux charnières
mal aux morts mal à la scie
et mal aux vieilles prières
elle tue le sabre aussi

Rampe et jamais ne s’enlise
elle est l’eau elle est le feu
elle est déjà dans la brise
au premier souffle de Dieu

Mieux que rage mieux que foudre
elle est la crasse du ciel
et passerelle de poudre
entre l’abeille et le miel

Je sens bien sa langue brune
à chaque tour de mon sang
à grands efforts sur l’enclume
mon coeur lui forge des dents.

(Henri Gougaud)


Illustration

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AU CONDITIONNEL (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2019



Illustratio: René Magritte
    
AU CONDITIONNEL

Si je savais écrire je saurais dessiner
Si j’avais un verre d’eau je le ferais geler et
je le conserverais sous verre
Si on me donnait une motte de beurre je
la ferais couler en bronze
Si j’avais trois mains je ne saurais où
donner de la tête
Si les plumes s’envolaient si la neige fondait
si les regards se perdaient, je
leur mettrais du plomb dans l’aile
Si je marchais toujours tout droit devant
moi, au lieu de faire le tour du
globe j’irais jusqu’à Sirius et
au-delà
Si je mangeais trop de pommes de terre je
les ferais germer sur mon cadavre
Si je sortais par la porte je rentrerais
par la fenêtre
Si j’avalais un sabre je demanderais
un grand bol de Rouge
Si j’avais une poignée de clous je les
enfoncerais dans ma main
gauche avec ma main
droite et vice versa.

Si je partais sans me retourner, je
me perdrais bientôt de vue.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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Saluez bas ce drapeau (Marc-Adolphe Guégan)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2018



drapeau [800x600]

Le sabre

Une oeuvre d’art, la poignée
De ce sabre fier.
Comme on embellit le crime!

***

Le quart

Quart en forme de sébile.
Piètre insigne
Des mendiants de la gloire.

***

Progrès

On tue à distance.
Plus de mains sanglantes.
La guerre est très propre.

***

Reportage

Le moribond criait: Maman!
De l’arrière, le journaliste
A entendu: Vive la France!

***

Testament

De sa poitrine déchirée
Sortit, en guise d’âme,
Un portrait de fillette blonde.

***

Cimetière

Petite croix. Epitaphe.
Ci-gît le soldat Gribouille.
Il mourut pour vivre libre.

***

L’emblème

Saluez bas ce drapeau.
On en fit l’emplette
L’autre jour dans mon bazar.

(Marc-Adolphe Guégan)

 

 

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BONNE OREILLE (Norge)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018



BONNE OREILLE

J’entends mourir des enfants au fond d’un sac.
J’entends miauler ton chat, mère Michel.
J’entends le vent du sabre,
j’entends la souris grignoter ta robe, tante Valentine,
j’entends la rouille germer sur la clé des songes.
Jacques, j’entends pâlir ta signature sur tes lettres d’amour.
Et j’entends, Marie, j’entends ton plus beau cil tomber à la rigole, partir à la dérive.

Tant d’oreille, c’est fatigant.

(Norge)


Illustration: Laurence Cleyet-Merle

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Tu m’apprenais à voir (Balbino)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2018


 


 

placard

Tu m’apprenais à voir

Tu m’apprenais à voir,
à travers les murs
par-delà l’unique pièce
de mon royaume.
L’odeur du cigare dans ta barbe,
cette nuit
j’en ai rêvé.
Les placards de ta chambre,
regorgeaient de mystères
les plans d’une banque ?
Une arme cachée ?
Un sabre ancien ?
… seulement
l’odeur du papier.
Quelques toiles,
qui tordaient cet univers d’attente
cache tendre
vers un autre possible.

(Balbino)

 

 

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Comme une goutte d’eau demeurée sur une feuille de lotus (Anonyme VIIIème siècle)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2018



 

Comme une goutte d’eau demeurée
Sur une feuille de lotus
De l’étang de Tsurugi
(Évocateur d’un sabre),
Je ne sais où aller.
A l’heure que j’avais fixée
Je voulais vous rencontrer
Quoique ma mère m’eût dit :
« Ne couche pas avec cet homme
Que tu as déjà rencontré! ! »
Le coeur pur et clair
Comme le fond de l’étang
De Kiyosumii
Jusqu’à ce queje vous rencontre
je ne vous oublierai.

(Anonyme VIIIème siècle)

 

 

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LE LAC S’ENDORT (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
LE LAC S’ENDORT

Avec la paix de l’étang s’endormant
Et l’infini s’installant, qu’ils me laissent
L’amour, avec celui qui me l’adresse
Et dont la main fut un apaisement.

Mes petits malheurs oubliés d’avance,
Tombe mon canif, en sabre agrandi.
Avec ta fleur criarde tu pâlis.
T’éveille alors la branche du silence.

J’ignore ta parole : ça frémit.
Ses mots me sont étrangers, mais ça tonne.
Très fort serait donc l’amour qu’il me donne,
Pour dans mon coeur te tolérer ainsi.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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Les mensonges (Anonyme XVIIIème siècle)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2018



    
Les mensonges

Ah j’ai vu, j’ai vu
Compère qu’as-tu vu ?
J’ai vu une vache
Qui dansait sur la glace
A la Saint Jean d’été
Compère vous mentez

Ah j’ai vu, j’ai vu
Compère qu’as-tu vu ?
J’ai vu une grenouille
Qui faisait la patrouille
Le sabre au côté
Compère vous mentez

Ah j’ai vu, j’ai vu
Compère qu’as-tu vu ?
Ah j’ai vu un loup
Qui vendait des choux
Sur la place Labourée
Compère vous mentez

Ah j’ai vu, j’ai vu
Compère qu’as-tu vu ?
J’ai vu une anguille
Qui coiffait sa fille
Pour s’aller marier
Compère vous mentez.

(Anonyme XVIIIème siècle)

 

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Celle qui (Iso no Kami Otomaro)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018



 

ame

 

Celle qui de la montagne en automne
Avait les belles couleurs
L’enfant dont comme un jeune bambou
La taille était flexible,
De quelle façon
Peut-elle penser ?
Longue comme un câble de fibre
Promettait d’être sa vie.
Elle fut la rosée
Qui, déposée le matin,
Au soir
A disparu.
Elle fut le brouillard
Qui, s’élevant le soir,
Au matin
S’est dissipé.
Même moi, qui appris cette nouvelle
Brusque comme le son d’un arc de catalpa,
De l’avoir si peu vue
J’ai des regrets…
Alors, son époux,
jeune comme une herbe nouvelle,
Qui dormait allongé à son côté
Comme un sabre plaqué au corps
Et l’entourait de son bras
Pour lui faire un oreiller
Ne se sent-il pas désolé
De dormir en rêvant à elle ?
Ne la regrette-t-il pas,
pensant à elle avec nostalgie ?
La fille a passé
Avant son temps
Comme la rosée du matin
Comme le brouillard du soir.

(Iso no Kami Otomaro)

Illustration

 

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