Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘s’absenter’

Incertitude (Esther Granek)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2018



 

Andrey Kartashov girl-in-armchair

Incertitude

T’absentant,
tu m’habites.
Tendrement.
Comme présent.
Dis-moi vite…
et ne mens :
M’absentant,
je t’habite
mêmement ?
Ne sachant,
je m’irrite.
Questionnant
bassement.
Etouffant
mes élans.
Bâillonnant
mes redites.
T’assommant.
M’assommant.
Qu’il est fort
mon tourment !
Et pourtant…
Mais encore…
Dis-moi vite :
M’absentant,
je t’habite ?

(Esther Granek)

Illustration: Andrey Kartashov

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Une rumeur à peine audible (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
une rumeur
à peine audible
mêlée à une poussée
un appel

elle hausse le ton
se précise

des mots étouffés
vite perdus

je me sonde
les cherche
tâtonne
au sein du silence
qui les a repris

ce qui voudrait
éclore
ne cesse de coaguler
se défaire
se recomposer

ne cesse de s’absenter
et de réapparaître

des mots plus vaillants
luttent s’imposent se nouent
donnent consistance
à ce qu’il leur faut
engendrer

la main entre en action
transcrit le poème
qui lui est dicté

que dit-il

(Charles Juliet)

 

Recueil: une joie secrète
Traduction:
Editions: Voix d’encre

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Une rumeur à peine audible (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2018




    
Une rumeur
à peine audible
mêlée à une poussée
un appel

elle hausse le ton
se précise

des mots étouffés
vite perdus

je me sonde
les cherche
tâtonne
au sein du silence
qui les a repris

ce qui voudrait
éclore
ne cesse de coaguler
se défaire
se recomposer

ne cesse de s’absenter
et de réapparaître

(Charles Juliet)

 

Recueil: L’Opulence de la nuit
Traduction:
Editions: P.O.L.

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

BOUE (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018



Illustration
    
BOUE

Le chemin boueux
entre les arbres malingres,
les lichens spongieux,
les pas sans échos.

Un oiseau qui prend son vol,
le vent qui court s’absenter
dans le haut des arbres.

La fleur de la ronce,
sa pâleur dans le roncier.
La pâleur du ciel.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Nathanaël
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

D’UN PIANO LOINTAIN (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018




    
D’UN PIANO LOINTAIN

Au piano, trois notes ont chanté.
Comme le goût… ou l’effluve d’un thé.
Subtile ivresse effleurant mon visage.
Plus d’une vie en moi s’ouvre un passage.

Voix de Márta, doux souvenir d’antan.
Voix de velours, qui pourtant n’est point d’elle.
Je n’ai pas pris, pauvre, son talisman.
Je ne suis plus, hélas, avec ma belle.

Son souvenir ne veut plus me laisser.
Je vois frémir sa lèvrе et son baiser.
Du piano, mon oeil, errant, s’absente.

Mais sans briser la peine qui me hante.
Comme le goût… ou l’effluve d’un thé,
Au piano, trois notes ont chanté.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Puisque je suis ce buisson (Henri Meschonnic)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2018



 

Puisque je suis ce buisson
(extraits)

je ne suis pas où je suis
les choses en savent
plus que moi
je continue un passé
je continue un futur
le présent
contraire à toutes
les promesses tous les savoirs
le présent s’est absenté
il doit être à portée
de souffle
à toucher du doigt
mais je n’y suis pas encore

***

aujourd’hui ce sont les mots
qui se retirent et je reste
au bord des mots je ramasse
des cassures du temps roulées
dans la mémoire
lisses
comme nous
je les garde dans ma main
pour me souvenir
et nous

(Henri Meschonnic)

Illustration: Michael Whelan

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Vous ne pouvez venir (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



Illustration
    
Vous ne pouvez venir

Le chemin parmi les prés.
Le soleil parmi les nuées.
L’horizon sur les collines.

Entends le chant des clarines
errer dans l’air du dimanche.

Soudain tout n’est que silence,
le soleil même est en deuil.
Tu crois que les gens s’absentent ?
Mais voyons, nous étions seuls.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Les parvis
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Lire ou écrire un poème (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2018



Lire ou écrire un poème,
c’est s’absenter des masques de soi,
retourner au premier cri du premier souffle
qui nous jeta, déchirés, des forges de la galaxie
ici sur cette terre, et retrouver l’éternel instant
de l’éternel début;

c’est encore l’autre, l’autrement,
l’inentendu des mots…
comme on laisse, dans une chaise longue,
sur les plages de l’espace et face à l’océan du temps,
le chapeau de paille de notre vie
et le nez de clown de nos destins.

(Werner Lambersy)

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

L’été nocturne (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018




    
L’été nocturne

Dans les herbages jaunes de cet été
Te souviens-tu, nocturne était notre tristesse
Cet été-là, au baiser de la boue
Au chant furieux mêlé au rien
A ces palais de feuilles tombées irrévélées

Et c’est là que ta voix se posait, tremblant
Sous mille fleurs conquises des arbres éternels

S’émeuvent autour de toi ces fleurs qu’on dit sans nom
Mais les fleurs ont un nom mais ta voix s’y absente
Ces fleuves labourés de barques qui s’achèvent
Perdues merveilleusement sur l’écume étagée

Des accords se poursuivent en leur exil noir
Sur ces eaux si amères où je parle en ton nom.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je voudrais je ne pourrai pas m’habituer (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2017



    

Illustration

Je voudrais je ne pourrai pas
M’habituer aux chevaux et aux fleurs de lilas

Le train qui passe à l’horizon est très ancien
Sa mécanique très moderne n’y fait rien

Il est graissé et sans défaut comme un poème
Mais ce sont les chants du Gaélique que j’aime

Je voudrais je ne pourrai pas
M’absenter des chevaux et des fleurs du lilas

L’aéroplane est vieux l’automobile est vieille
Seul le vrombissement mélodieux d’une abeille

Est jeune et jeune aussi ce vieillard attardé
Dans sa marche par la marche d’un scarabée

Je voudrais je ne pourrai pas
M’habituer aux chevaux et aux fleurs du lilas

Car j’ai peur de ne plus savoir mourir comme on s’aligne
Côte à côte pour un concours de pêche à la ligne

J’ai peur de n’être pas à la hauteur de mes voisins
Qui conduisent des automobiles et prennent le train

Et meurent dans leur lit sans souci des campagnes
Où l’amour tue comme un éclatement de châtaigne

Je mourrai mais je ne pourrai pas
M’absenter des chevaux et des fleurs du lilas

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Comme un oiseau dans la tête
Traduction:
Editions: Points

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :