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Poésie

Posts Tagged ‘sac’

LE COLLECTIF (Georges-L. Godeau)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2021




    
LE COLLECTIF

Nous habitons au faîte d’un collectif.
Le soir, dans l’escalier, ton souffle devient court. Je prends le
sac à provisions et nous continuons à monter, côte à côte.

parfois, une porte s’ouvre violemment. Un enfant roule sur le
palier. Il pleure. Parfois, c’est une femme qui roule.

Il y a huit paliers. À chacun quatre portes.
Trente-deux inconnues.
Tu es toujours très pâle quand tu cherches ta clé.

(Georges-L. Godeau)

 

Recueil: Les poètes et la ville
Traduction:
Editions: Le cherche midi

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Objets (Mireille Gaglio)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2021



Objets

C’était un vieux sac d’écolier
Tout éventré, oublié,
D’où quelques cahiers bâillaient…
Mais c’est mon vieux cartable,
Là, sous la table
Dans le grenier !

C’est en rangeant que je l’ai retrouvé,
Et avec lui une bouffée de mon passé :
La fraîcheur du lever,
La main de Papa sur mon visage,
Disant : »Réveille-toi, il est tard,
Tu vas être en retard ! »
C’est tout mon plus jeune âge…

Comme il a l’air désuet
Ce vieil objet !
Mais que de secrets,
Que de souvenirs écoulés,
Que d’orages !
C’est toute une page…
Des odeurs et des senteurs,
Des bonheurs, des malheurs,
Des joies et des solitudes,
Des contraintes et des habitudes …

Tout est là, dans ce vieux sac abandonné !

(Mireille Gaglio)

Illustration

 

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Tous les meuniers du monde (Georges de Cagliari)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2021



âne 7

Tous les meuniers du monde jurent
que les ânes adorent porter des sacs.

(Georges de Cagliari)

 

 

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Roulette russe (Roxana Sicoe-Tirea)

Posted by arbrealettres sur 26 avril 2021



Illustration: Ivan Puni 
    
Roulette russe

depuis que je vis en moi à plein temps
j’ai compris que le cœur était un organe
charrié dans un sac à provisions
et déposé à la porte des voisins

ou une meute de chiens errants qui s’acharne
contre l’ennemi caché dans les poumons
une ancre employée pour faire rentrer au port
les jours égarés ou la galère d’un proche

le cœur – notre ceinture de sûreté
toujours prêt à sauter sur une mine
pour donner un coup de main
ou pour retrouver son chemin

en l’an de grâce 2020
nous jouons tout au va-et-vient :
certains s’en vont en séries
certains reviennent à la vie

(Roxana Sicoe-Tirea)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Le blues roumain
Traduction: Traduit du roumain par Radu Bata
Editions: Unicité

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Vous en rirez (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2021



Illustration: Christen Dalsgaard
    
Vous en rirez. Mais j’ai toujours trouvé touchants
Ces couples de pioupious qui s’en vont par les champs,
Côte à côte, épluchant l’écorce de baguettes
Qu’ils prirent aux bosquets des prochaines guinguettes.
Je vois le sous-préfet présidant le bureau,
Le paysan qui tire un mauvais numéro,
Les rubans au chapeau, le sac sur les épaules,
Et les adieux naïfs, le soir, auprès des saules,
À celle qui promet de ne pas oublier
En s’essuyant les yeux avec son tablier.

(François Coppée)

 

Recueil: Promenades et interieurs
Traduction:
Editions:

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A une pauvre vieille femme (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2020



A une pauvre vieille femme

mâchant une prune dans
la rue un sac de papier
plein dans la main
Quel goût elles ont pour elle
Quel goût elles ont
pour elle. Quel goût
elles ont pour elle.

(William Carlos Williams)

Illustration

 

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Sécheresse (Khamîd ägg Äfiser)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2020



    

Sécheresse

Les sacs sont légers, les chèvres sont sèches;
vient un pauvre, il s’assoit sur les talons,
on n’en a nul souci, qu’il meure de faim s’il le veut!
La sécheresse pèse sur le pays comme le mont Oûdan;
elle se lèche les lèvres de satisfaction, elle ne recule pas d’un pas;
elle veut nous ôter jusqu’à nos voiles de visage
et nos pantalons, et nous empêcher d’aller aux réunions galantes.
Les chamelles et les chamelons d’un an sont arrêtés et retenus aux lieux où ils sont, tant ils sont épuisés;
Les chameaux s’arrêtent en plein désert sans pouvoir avancer, de faiblesse;
qu’arrivera-t-il, à plus forte raison, aux petits des vieilles chèvres
qui à grand-peine déplient leurs articulations pour marcher?

(Khamîd ägg Äfiser)

Chants touaregs, recueillis et traduits par Charles de Foucauld, Albin Michel,1997.

Recueil: 120 nuances d’Afrique
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Les bergers (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2020



Les bergers

Par les chemins poudreux, je les ai vus venir,
Les bergers de naguère. Ils parlaient des langages
Anciens en égrenant de bien vieux souvenirs,
Les dictons fleurissant dans leur barbes sauvages,
Avec des inflexions de métal émoussé.
Ils nous ont raconté de très longues histoires
De brigands, de trésors dans des montagnes noires,
Assis près du vieux puits. Puis, l’Ancien a toussé;
Dans le sac, ils ont mis le litre et les croûtons
Et sont partis, drapés d’un nuage de moutons.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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Jusqu’à la nuit (Pascal Commère)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2020


 


 

Antoine Serra  dockers 35

Jusqu’à la nuit il faut porter le poids du jour.
Ils entassent des sacs sur le quai ne savent pas qui doit en prendre livraison on ne leur a rien dit, ce n’est pas leur affaire.
Devant c’est un peu gris, plus loin on ne voit pas à cause du mur.
De l’autre côté des carcasses sans doute des abats de bêtes abîmées, on ne sait pas vraiment.
Ici c’est le quai, de moins en moins solide dans la brume.
En insistant peut-être leur dirait-on de quoi sont pleins les sacs.

(Pascal Commère)

Illustration: Antoine Serra

 

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LIEDER DU VENT À DECORNER LES BŒUFS (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2020



    

LIEDER DU VENT À DECORNER LES BŒUFS

Le vent court à brise abattue
il court il court à perdre haleine
Pauvre vent perdu et jamais au but
où cours-tu si vite à travers la plaine

Où je cours si vite où je cours si vite
Le vent en bégaye d’émotion et d’indignation
Se donner tant de mal et de gymnastique
et qu’on vous pose après de pareilles questions

À quoi bon souffler si fort et si bête
et puis s’en aller sans rien emporter
Quelle vie de chien qui toujours halète
qui tire sa langue de chien fatigué

Jusqu’au bout du monde il faut que tu ailles
poussant ton charroi de vent qui rabâche
Vente vent têtu de sac et de paille
Gémir pleurer prier est également lâche

Déjà autre part j’ai entendu ça
Je ne veux plus être vent dit le vent qui boude
Je change de peau je change de pas
Je me fais flûtiau route ou pierre qui roule

Mais il dit tout ça sans conviction aucune
Il sait qu’il faut bien en passer par là
venter quand on est vent luner quand on est lune
et quand on n’est qu’un homme nommer ce qui est là

Le vent la pluie le froid le chaud la solitude
la belle vie qui prend de mauvaises habitudes.

(Claude Roy)

 

Recueil: Claude Roy un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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