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Il a plu cette nuit (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2018



 

Daniel Siguier  4da59p10002622

Il a plu cette nuit,
c’est la première fois que je regarde,
jusqu’au silence qui résonne.

Sac, ressac, je ne juge pas,
l’instant demeure,
l’écume transparente.

Je m’interromps comme je parle,
en la marée,
chaque jour y a-t-il un jour de plus?

Le ciel n’est jamais vide, le sol nous porte,
on n’aperçoit aucun arbre,
on sait pourtant qu’ils sont proches.

Une marge, un rivage,
il n’y a de secret que le visible
épanoui…

(Pierre Dhainaut)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Daniel Siguier

 

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ETUDE D’AME (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2018



 

Clara Lieu

ETUDE D’AME

Je suis la maison hantée, croulante
Qui se tient ici comme une plante et se penche au-delà.

Demeure pour âmes anciennes, domicile pour revenants
J’existe, je suis
Comme si j’ignorais
Que cette bâtisse
Est comme un fil
Un coup d’air froid et vide
Entre moi-même
Et la mort.

J’existe, je sens mon poids
Ma lourdeur m’effraie.

Des actes lourds, pesants, vains,
Des objets écrasants, ainsi qu’un vieux sac de pierres.

Comment viendraient-ils me soulever, me porter
Une charge pénible remplie de son essence.

(En arrière, mon Dieu, en arrière, à recommencer…)

(Georges Themelis)

Illustration: Clara Lieu

 

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BONNE OREILLE (Norge)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018



BONNE OREILLE

J’entends mourir des enfants au fond d’un sac.
J’entends miauler ton chat, mère Michel.
J’entends le vent du sabre,
j’entends la souris grignoter ta robe, tante Valentine,
j’entends la rouille germer sur la clé des songes.
Jacques, j’entends pâlir ta signature sur tes lettres d’amour.
Et j’entends, Marie, j’entends ton plus beau cil tomber à la rigole, partir à la dérive.

Tant d’oreille, c’est fatigant.

(Norge)


Illustration: Laurence Cleyet-Merle

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SOLEIL DES TRISTESSES (Jean-Baptiste Para)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2018



Illustration: Edvard Munch
SOLEIL DES TRISTESSES
    
Celui qui chante son chemin
s’en va du même pas que le jour
un sac de ciment sur l’épaule

La chaleur est si forte
et tous nos gestes sans défense
comme un oiseau sorti des laîches

Des portes closes la clé brille
à quel rebord d’une fontaine
perdant toujours son eau rouillée

Enfant qui tousse au ciel de mai
amour trop seul en son langage
un peu de vent sur les fougères

Amour jamais ô neige sale
couleur d’étain qui monte en vrille
et le protège de sa faute

Au thé lampé dans les soucoupes
aux pas qui mâchent le gravier
la vie se froisse dans l’obscur

(Jean-Baptiste Para)

 

Recueil: La faim des ombres
Traduction:
Editions: Obsidiane

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Un samedi (Georges-L. Godeau)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2018


l'aube-800

 

Il y en a partout qui posent leur sac
sur le trottoir, autour du marché,
et qui respirent avant de repartir.
Celui-ci a posé le sien et il s’appuie
à bout de forces sur sa canne.
Sa figure de terre s’accroche à tous
comme pour dire:
« Vous ne voyez donc pas…? »
Nul ne peut se charger, un samedi,
d’un vieux qui va mourir.

(Georges-L. Godeau)

Illustration

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Il y a tellement de beauté (American Beauty)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018




La plus belle chose jamais filmée…
il y a tellement de beauté… dans le monde…
que c’en est insoutenable.

American Beauty (wikipedia)

« C’était une de ces journées grises
où il va se mettre à neiger d’une minute à l’autre
et qu’il y a comme de l’électricité dans l’air.
On peut presque l’entendre.

Et ce sac était là.
En train de danser avec moi.

Comme un enfant qui m’invitait à jouer avec lui.
Pendant 15 minutes.

C’est là que j’ai compris qu’il y avait autre chose.
Au delà de l’univers.
Plus loin que la vie.

Je sentais cette force, incroyablement bienveillante
qui disait qu’il n’y avait aucune raison d’avoir peur.

Jamais.

Sorties du contexte, les images n’ont aucun sens je sais mais…
ça m’aide à m’en souvenir.

J’ai besoin de m’en souvenir.

Parfois je me dis qu’il y a tellement de beauté… dans le monde…
que c’en est insoutenable.

Et mon coeur est sur le point de s’abandonner… »

(American Beauty)

etc…

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CECI (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2018


 


Ernest Pignon-Ernest

 

CECI

(…)

Ceci fut un vivant
Cette chose fut une personne

Ce sang dilapidé sur le bitume
s’ordonnait, hier encore, dans un réseau de veines
retissait, hier encore, la loi de l’existence

Ce coeur-sentinelle
s’est raidi sous le plomb

Ce sac-à-vermine
abritait des entrailles
où s’ouvrait le plaisir
où germinait la vie

Un rictus a drainé toute la pulpe de ces lèvres
Ces orbites-à-fourmis logeaient oeil et regards.

Ceci fut un vivant
Cette chose fut une personne

L’esprit travaillait cette motte d’indifférence
La parole soulevait cette forme interrompue.

La femme vêtue de noir
tremble dans la tourmente
hurle dans le chaos

S’agglutine aimantée
à ce profil d’écorce
à cette main qui stagne
à ce marécage d’humeurs
à ce balluchon putride

à ce « Toi, que j’appelle
et qui ne sera plus ! »

(Andrée Chedid)

Illustration: Ernest Pignon-Ernest

 

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Le brouillard (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2018



Le brouillard a tout mis
Dans son sac de coton;
Le brouillard a tout pris
Autour de ma maison.

Plus de fleurs au jardin,
Plus d’arbres dans l’allée;
La serre du voisin
Semble s’être envolée.

Et je ne sais vraiment
Où peut s’être posé
Le moineau que j’entends
Si tristement crier.

(Maurice Carême)

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PRIÈRE (Shuntarô Tanikawa)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



 

Anne Bachelier  (26)

PRIÈRE
TANOMI

Ouvrez-moi retournez-moi
Cultivez mes terres intérieures
Asséchez mon puits intérieur
Ouvrez-moi retournez-moi
Allez, lavez-moi l’intérieur
On y trouvera sans doute une perle merveilleuse
Retournez-moi ouvrez-moi
Mon moi intérieur est-ce la mer?
Est-ce la nuit?
Un chemin lointain?
Un sac en plastique?
Ouvrez-moi retournez-moi
Quelque chose pousse en moi
Un champ de cactus trop mûrs?
L’enfant prématuré d’une licorne?
Un marronnier qui a manqué d’être violon?
Retournez-moi
Que le vent blanchisse mes entrailles
Que mes rêves attrapent froid
Retournez-moi
Que ma pensée se désagrège dans les vents

Retournez-moi
Ouvrez-moi retournez-moi
Cachez ma peau
Mon front est maintenant gelé
Mes yeux sont rouges de honte
Mes lèvres fatiguées de baisers
Retournez-moi
Ah, retournez-moi
Que mes entrailles adorent le soleil
Étalez donc sur l’herbe mon estomac, mon pancréas
Faites évaporer ces rouges ténèbres
Fourrez le ciel bleu dans mes poumons
Mes conduits spermatiques s’emmêlent
Laissez les étalons noirs m’écraser
Laissez mon amante manger
Avec des baguettes de bois blanc mon coeur et mon cerveau

Retournez-moi
ouvrez-moi
Laissez mes mots intérieurs
Bavarder tant qu’ils veulent vite
Laissez mon quatuor intérieur
Résonner tant qu’il peut
Laissez mes vieux oiseaux intérieurs
S’envoler tant qu’ils veulent
Et mon amour intérieur
Perdez-le tant qu’il peut
Retournez retournez retournez-moi

Puisque je vais vous donner ma fausse perle intérieure
Retournez-moi retournez-moi ouvrez-moi
Mais mon silence intérieur, laissez-le
Faites-moi partir
À l’extérieur de moi
dans les salles de jeux
Dans l’ombre de ces arbres
Au-dessus de cette femme
Dans ce sable

(Shuntarô Tanikawa)

Illustration: Anne Bachelier

 

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Je porte (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018


 


 

Je porte le soleil dans ma coupe d’or,
La lune en un sac d’argent.

***

I carry the sun in a golden cup,
The moon in a silver bag.

(William Butler Yeats)

 

 

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