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Poésie

Posts Tagged ‘saccade’

La danseuse espagnole (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2018



Illustration
    
La danseuse espagnole

Ainsi qu’une allumette qui avant de flamber
darde autour d’elle des langues blanches de lumière;
ainsi commence, — enserrée dans le cercle
des spectateurs , — nerveuse et ronde, brûlante et claire
à s’étendre saccadée sa danse.

Et tout à coup elle est flamme tout à fait.

D’un regard elle allume ses cheveux
et d’un geste révélant un art téméraire
elle lance sa robe toute dans l’incendie
d’où les bras tels des serpents effrayés
s’élancent vifs et claquants.

Puis, comme si le feu lui semblait trop étroit,
elle le ramasse tout entier et le jette,
fière, avec des gestes hautains
et regarde : il est là furieux par terre,
flambant toujours et ne se rendant point.

Cependant victorieuse et sûre d’elle-même
elle lève son visage, d’un doux sourire saluant
et le piétine de ses petits pieds fermes.

(Rainer Maria Rilke)

 

Recueil: Oeuvres 2 Poésie
Traduction: Jacques Legrand, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Armel Guerne, Maurice Betz
Editions: Seuil

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J’aime les matins (Sarah Kéryna)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018



Illustration
    
J’aime les matins. Sortir de la douche, la musique.
Mettre de la crème sur ma peau, mettre des odeurs.
Et la lotion sur les cheveux. Et brosser les dents.
Et la vaisselle. Balayer. Place neuve.
L’aspirateur et la radio.
Les poubelles jetées.
Et le thé parfumé.
Les tartines, le beurre et la confiture.

Les mouettes sur les toits. Et les antennes.
Et les avions qui passent.

Légèreté des bruits qui filent.

Le vent fait bouger les rideaux qui vont et viennent,
s’engouffrent dans la fenêtre avec des mouvements
brefs et saccadés comme ceux des danseurs.

Un flottement.

(Sarah Kéryna)

 

Recueil: rappel
Traduction:
Editions: Le Bleu du Ciel

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Me déshabille (Jacques Izoard)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018



 Illustration: Henri Lebasque 
    
Me déshabille et provoque une érection
qui n’est qu’un arbre en l’air,
pour mieux mouiller le ciel.
Et mes saccades font trembler
le saint-frusquin, la dégelée.

(Jacques Izoard)

 

Recueil: Lieux épars
Traduction:
Editions: De la Différence

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Mais la très vieille machine (Claude Esteban)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2018




    
Mais la très vieille
machine

travaillera, tant bien que mal,
jusqu’à demain

le sang cognera
plus fort contre les tempes

comptera, saccade
par saccade, ce qui cède, ce qui
résiste, ce qui se rompt.

(Claude Esteban)

 

Recueil: La mort à distance
Traduction:
Editions: Gallimard

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La rizière moissonnée (Keiko Niwa)

Posted by arbrealettres sur 2 novembre 2017



??????,?? (Rice terraces in early morning mist, Guangxi Province

La rizière moissonnée,
un vent saccadé souffle au crépuscule
sur de nouvelles pousses

(Keiko Niwa)

 

 

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Infirmes, nos gestes (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2017




   
Infirmes, nos gestes,
ils se détachent
les uns des autres,
accumulent
les saccades, plus
acérées, urgentes,
mais ce qui les attire,
qu’ils réussissent
à ne pas le cerner, ils s’aèrent,
ils se suivent,
laissant à vif ces lèvres
que rien ne fermera
d’une blessure : à nous
maintenant de répondre,
d’accomplir leur rôle,
sans prudence
ils ont rendu l’espoir

(Pierre Dhainaut)

 

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Gestes (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2017



Illustration: Aaron Siskind

    

Gestes
gestes de la vie ignorée
de la vie
de la vie impulsive
et heureuse à se dilapider
de la vie saccadée, spasmodique, érectile
de la vie à la diable, de la vie n’importe comment

Gestes du défi et de la riposte
et de l’évasion hors des goulots d’étranglement

Gestes de dépassement
du dépassement
surtout du dépassement
(pré-gestes en soi, beaucoup plus grands que le geste,
visible et pratique qui va suivre)

(Henri Michaux)

 

Recueil: Face aux verrous
Editions: Gallimard

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Au vacarme (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2017



Illustration: Caroline Duvivier
    
Au vacarme
au rugissement, si l’on donnait un corps…
Aux sons du cymbalum, à la foreuse perçante
aux trépignements adolescents qui ne savent encore
ce que veut leur poitrine qui est comme si elle allait éclater
aux saccades, aux grondements, aux déferlements
aux marées de sang dans le coeur
à la soif
à la soif surtout
à la soif jamais étanchée
si l’on donnait un corps…

(Henri Michaux)

 

Recueil: Face aux verrous
Editions: Gallimard

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Assis le soir (Jacqueline Saint-Jean)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2017



Assis le soir
aux terrasses dévastées de l’histoire
dans le cercle affolé des hirondelles
saccades d’ailes dans le corps
les pieds dans les décombres
dénombrant ce qui tremble
portes qui battent tôles gouttières
feuilles roulées de ruelle en ruelle
vers ce cheval aveugle au milieu de la place
Assis le soir à l’ombre de la Tour
il nomme à voix basse ce qui reste de jour
priant pleurant peut-être
dans le rayonnement des pierres

(Jacqueline Saint-Jean)


Illustration: Odilon Redon

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A… l’inconnue (Jan Hanlo)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2017




    
A… l’inconnue

Tu as produit un roucoulement perçant
comme si la fête allait commencer
Comme un coq — jeune fille — un vautour enchanté
un gnou en plein désarroi
de toutes façons quelque chose de sauvage

Tu t’es mis aussi à danser comme quelque chose de sauvage
un marabout excité ou quelque nom de bête
Toute en aiguilles et en saccades
Tu as pointé tes fesses dans tous les sens
mais surtout vers moi
Et dans tes yeux déjà l’inoubliable
Pourtant tu ne t’es pas jetée dans mes bras
car je n’ai pas dit Viens donc mon amour

(Jan Hanlo)

 

Recueil: Poètes néerlandais de la modernité
Traduction: Henri Deluy
Editions: Le Temps des Cerises

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