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Posts Tagged ‘s’accouder’

Morceau à quatre mains (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2018



 

Claude-Zélie Girardin Jeune fille au piano 9

Morceau à quatre mains

Le salon s’ouvre sur le parc
Où les grands arbres, d’un vert sombre,
Unissent leurs rameaux en arc
Sur les gazons qu’ils baignent d’ombre.

Si je me retourne soudain
Dans le fauteuil où j’ai pris place,
Je revois encor le jardin
Qui se reflète dans la glace ;

Et je goûte l’amusement
D’avoir, à gauche comme à droite,
Deux parcs, pareils absolument,
Dans la porte et la glace étroite.

Par un jeu charmant du hasard,
Les deux jeunes soeurs, très exquises,
Pour jouer un peu de Mozart,
Au piano se sont assises.

Comme les deux parcs du décor,
Elles sont tout à fait pareilles ;
Les quatre mêmes bijoux d’or
Scintillent à leurs quatre oreilles.

J’examine autant que je veux,
Grâce aux yeux baissés sur les touches,
La même fleur sur leurs cheveux,
La même fleur sur leurs deux bouches ;

Et parfois, pour mieux regarder,
Beaucoup plus que pour mieux entendre,
Je me lève et viens m’accouder
Au piano de palissandre.

(François Coppée)

Illustration: Claude-Zélie Girardin

 

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IL EST UN AIR… (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018




    
IL EST UN AIR…

Repoussant les forêts de l’encre
Où l’on entend bâiller les loups,
Pour vous, ce soir, je veux écrire
Un clair poème comme vous.

Margoton s’accoude à la broche
De puits; les étoiles y font
Un autre ciel. Passe. Obéron
Fait tinter les clés dans nos poches.

Nos coeurs sont las; une fontaine
D’où la bonté ne jaillit plus,
La pluie m’a cloué sur la plaine
Où ruissellent mes membres nus.

— Survint un immense amour.
Ce n’est qu’en tournant autour
Que j’en connus l’étendue. —

(Maurice Fombeure)

 

Recueil: A dos d’oiseau
Traduction:
Editions: Gallimard

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UNE NUIT GLACIALE (Han Wo)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2018



UNE NUIT GLACIALE

Le vent accompagne un froid léger
Les pétales rouges des jeunes pruniers tourbillonnent
avec de gros flocons de neige
La nuit déjà profonde, je m’accoude
aux cordes de la balançoire
Mon pavillon se fond dans une pluie brumeuse

(Han Wo)

 Illustration

 

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Musique de chambre (Li Po)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2017




    
Musique de chambre

La fleur illustre et la beauté fatale l’une l’autre s’enchantent.
Souvent, le prince les regarde et sourit.
Sensible à la tristesse sans bornes du vent printanier,
Elle s’accoude sur la barrière nord du Pavillon de Santal.

(Li Po)

 

 

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Chaque jour (Georges Jean)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2017



Chaque jour

Chaque jour le voyage
dans les couloirs du matin
Interroger quelques portes
Un visage une absence
ou la route de pluie
par un matin d’automne

Puis s’accouder
La feuille la table
la solitude
Les yeux fermés

La plume glisse.

(Georges Jean)

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Chaque jour (Georges Jean)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2016



 

Chaque jour

Chaque jour le voyage
dans les couloirs du matin
Interroger quelques portes
Un visage une absence
ou la route de pluie
par un matin d’automne

Puis s’accouder
La feuille la table
la solitude
Les yeux fermés

La plume glisse.

(Georges Jean)

 

 

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Le gué (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2016



Le gué

Si je m’accoude au balcon de moi-même,
Je vois l’enfant noyé dans son alcool ;
Je vois ma vie à vau-l’eau dans sa barque
Et des requins alentour la guettant.

Pour traverser à pied ces océans.
Il faut jeter des mots comme des îles
Et le corps va sur un très vieux langage
Qui le maintient au-dessus de la mort.

Ainsi je vais de mon vague archipel
Vers la presqu’île où le monde m’attend.
Serai-je digne au moins de votre accueil?
Je sens les mots qui coulent sous mon poids.

(Robert Sabatier)

 

 

 

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Le Réveil (Sully Prudhomme)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2016



Si tu m’appartenais (faisons ce rêve étrange!),
Je voudrais avant toi m’éveiller le matin
Pour m’accouder longtemps près de ton sommeil d’ange
Egal et murmurant comme un ruisseau lointain.

Oh! Comprends ce qu’il souffre et sens bien comme il aime,
Celui qui poserait, au lever du soleil,
Un bouquet, invisible encor, sur ton sein même,
Pour placer ton bonheur plus près de ton réveil!

(Sully Prudhomme)

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LA VILLE DU PASSE (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2016


LA VILLE DU PASSE

Quand on va s’accouder au balcon de la vie
Pour contempler la fin pensive du printemps,
On se sent envahir par l’impossible envie
D’étreindre dans ses bras les horizons flottants.

Là-bas, comme une ville aux vitres allumées,
Tout la Passé s’étend sous le grand ciel blafard
Et la tristesse bleue et lente des fumées
Ressemble à des ruisseaux coulant dans le brouillard.

Soleil de la Jeunesse aux blessures saignantes,
Tu meurs ou tu t’endors aux bras noirs de la nuit !
Et dans le navrement de ces heures poignantes
Le vol effarouché des Réves blancs s’enfuit.

La ville du Passé s’efface ainsi qu’un rêve
Sous la brume qui tremble en d’invisibles doigts,
Mais un faisceau confus de Souvenirs s’élève
Par delà le sommeil des pignons et des toits :

Campaniles ! clochers des choses de l’enfance,
Dômes de la jeunesse où l’Idéal s’endort,
Beffrois, triomphateurs de la nuit qui s’avance
Avec les boucliers ce leurs grands cadrans d’or,

Tourelles de granit dominant les rafales,
Toujours debout, chantant le Passé souverain
Et déléguant vers nous leurs cloches triomphales
Qui traversent le ciel dans leurs robes d’airain !

(Georges Rodenbach)

Illustration

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Dans le murmure de notre attente (Léon-Paul Fargue)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2015



 

[…]

Dans le murmure de notre attente, un soir pathétique, quelque créature viendra.
Nous la reconnaîtrons à sa pureté clandestine,nous la devinerons à sa fraîcheur de paroles.
Elle viendra fermer nos yeux, croiser nos bras sur notre poitrine.
Elle dira que notre amour, tout cet amour qu’on n’a pas vu,
tout cet amour qu’on a piétiné, qu’on a meurtri, oui, que notre amour n’est plus que notre éternité.
Alors, mon âme, tandis que je serai allongé et déjà bruissant,
tu iras t’accouder à la fenêtre, tu mettras tes beaux habits de sentinelle,
et tu crieras, tu crieras de toutes tes forces !
On entendra
Qui est cet On ?
Qui ? demandes-tu ?
Mais toutes les âmes le savent.

(Léon-Paul Fargue)

Illustration: Andrzej Malinowski

 

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