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Poésie

Posts Tagged ‘s’accrocher’

RIVIÈRE (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2020


 


RIVIÈRE

La rive était fraîche encore
Ce matin quand nous passions.
Nous aurons vu bien des herbes
Renoncer à suivre l’eau.

Le geste ancien de boire
Les deux mains sur le bol
Quand l’horloge sonnait
Dans l’odeur de l’étable.

Le bois épais des bancs
Et de la table usée,
Où des mains s’accrochèrent
Qui tremblaient de colère.

(Eugène Guillevic)

 

 

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Préface (Edward Stachura)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2020



 

Catherine Réault-Crosnier  boyl-mai02-19

Préface
Vraiment, il est juste et bon
De rire aux éclats
Pleurer doucement
La pluie s’arrête
Les jardins sont en fleurs
Et il faut s’accrocher à cela

Vraiment, il est juste et bon
De marcher et de tomber
Et se lever après la chute
La guerre est passée
L’herbe se lève
Et il faut s’accrocher à cela

Vraiment, il est juste et bon
De suivre les étoiles
De jouer du violon
L’astronomie
Et la musique
Et il faut s’accrocher à cela

Vraiment, il est juste et bon
De faire attention
D’être plein de passion
Carpe diem
Les chevaux au galop
Et il faut s’accrocher à cela

Vraiment, il est juste et bon
Pour que l’homme
Dans sa vie unique
Soit juste
Et bon

Pour que l’homme
Soit l’homme
Les feuilles volent
La forêt murmure
Le vent tresse
Les nuages
Et il faut s’accrocher à cela

(Edward Stachura)

Illustration: Catherine Réault-Crosnier

 

 

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Agonie (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2019



agonie

Bientôt aspiré
par quel vide
quel rythme
quel plein ?

Ton souffle s’accroche encore
aux turbulences du monde
au dernier signe d’amour…

(Andrée Chedid)

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Dans les brisants (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2019



Dans les brisants,
Dans les cris des goélands,
Dans l’écume qui retombe en eau,
Dans la marée qui commence à monter,
Dans le goémon qui s’accroche aux rochers,

Je me convie.
Je m’y retrouve.

(Guillevic)


Illustration

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On n’oublie pas les yeux que la femme invente pour jouer à l’amour (Marc Alyn)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2019



 

Eduard Fleminsky 0

On n’oublie pas les yeux que la femme invente pour jouer à l’amour

Tes yeux perdus dans ce silence
fait d’horizon mêlé à la terre des montagnes
tes yeux sans feu ni lieu
tes yeux sans dieu ni foi
traînés parmi les pierres de cent villes entassées
entre l’abîme de ma voix et l’éternité d’un regard
je les soupèse de la main pour en faire sortir l’amertume
La nuit s’accroche au monde de toutes ses griffes
Il est là invisible comme la limite du ciel
debout dans sa puissance de roi des microbes
il y a tant d’obstination dans la fixité de ses yeux
qu’on dirait la tête morte d’un pharaon
dans son sarcophage de sable

On n’oublie pas les yeux que la femme invente
pour jouer à l’amour
On lui fait croire qu’elle est belle
en se noyant dans son regard
pour ne pas voir les rides que la vie dessine autour des lèvres
en s’en allant.

(Marc Alyn)

Illustration: Eduard Fleminsky

 

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Je crie (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2019



Illustration: France Mondello
    
Je crie
J’écris

Mes mots n’y sont pour personne

Envolés
Bouquet fugace

Durs et affilés
Jetés comme des pierres
Dans les jardins stériles

Ils s’accrochent
Les uns derrière les autres
Wagons dépareillés

Ni en train
Ni en phrase

Comment écrire les cris

(Josée Tripodi)

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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ATTACHEMENT (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2019



Illustration: Josephine Wall
    
ATTACHEMENT

Je vis de si peu qu’ainsi,
Une perte vaut une perte :
Même celle d’une miette pousse
Mon esprit à se lamenter.

Telle l’une des rives du ruisseau, en vain,
Je tâche de m’accrocher à ses courants,
Une par une, les vaguelettes disparaissent
En cognant contre ma poitrine,
Je vis de tellement peu qu’ainsi,
Une perte vaut une perte :

Si, à Tes pieds, je savais soumettre
Tout ce que je perds et tout ce qui me reste,
Il n’y aurait pas d’usure, tout existerait
Magnanime en Toi.

En Toi brillent tant de soleils et de lunes,
Nul atome ni molécule ne s’y égare :
Tous mes trésors de babioles perdues
Ne trouvent-ils pas refuge à Tes pieds ?
Je vis de tellement peu qu’ainsi,
Une perte vaut une perte.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt dièse tantôt bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: La Différence

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QUAND ON REGARDE UNE MONTRE (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2019



Illustration: Patricia Blondel 
    
QUAND ON REGARDE UNE MONTRE

Je n’ai pas fini d’espérer
infatigable comme une araignée vigilante
je guette pour les retenir
dans ma toile quotidienne
les joies du soir et du matin
qui filent à toute vitesse
Tant pis pour les chagrins et les douleurs
et les emmerdements
qui passent lentement
et qui s’accrochent

Oui mais voilà
je sais que je dois chaque jour
chaque heure
m’avancer vers cette falaise
et vers ce grand trou sans fond
je me retourne souvent
et j’aperçois très loin
le brouillard de ma naissance
Je suis le nomade qui marche la nuit
et qui attend le jour et l’oubli

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et Poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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Tenir le coup (Guillaume Siaudeau)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2019



Illustration: Anne-Marie Zylberman
    
Tenir le coup

Il faut
tenir le coup
on s’accroche
à ce qu’on peut
En ce moment je suis
suspendu à
ton sourire

(Guillaume Siaudeau)

 

Recueil: Inauguration de l’ennui
Traduction:
Editions: Alma

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Ce que j’ai (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2018



Illustration: Alex Stevenson Diaz
    

Ce que j’ai

Sous ma peau j’ai une route
sous ma peau j’ai une veste
dix parents infatigables
qui s’accrochent aux deux pans

moi je rentre dans ma peau
et je tire sur l’étoffe
laissez-moi aller aux pierres
laissez-moi ficher le camp
j’aime mieux mâcher le vent
que le bouilli du samedi

sous ma peau j’ai une route
sous ma peau j’ai une porte
je la claque je cours dehors
mais je sens dans tout mon corps
les parents qui s’agrippent encore.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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