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Posts Tagged ‘s’accrocher’

Et s’il ne s’accrochait plus à rien (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2018




    
Et s’il
Ne s’accrochait plus à rien,

A rien qu’à son désir
De s’accrocher.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Relier
Traduction:
Editions: Gallimard

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Du calme, vieux fou (William Faulkner)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2018



    

Du calme, vieux fou: ce n’est pas pour toi.
Quelque part c’est le printemps avec du vert et de l’or pur
Et cruel avril ensemencé par une vallée encaissée,
Quelque part l’amère lune décroissante pâlit
Et le jour de colline en colline s’éveille dans un froid féroce.

Sur la terre déjà alerte et pleine de vent et de soleil
Où les printemps refécondent leur mouvement vernal,
Où je dors maintenant, je gis et m’accroche,
Mais sauvage la terre qui m’abrita à mes vingt et un ans.

Quelque part une lune croissante qui ne me trouvait pas
Priva ensuite du bleu les jardins sans vent,
Quelque part une verte blessure perdue (mais c’est mieux
Qu’un accablement totalement oublié)
Quelque part une jeunesse, une bouche charmante à embrasser…

***

Somewhere is spring with green and simple gold
And cruel April spawned by loined vale,
Somewhere the dying bitter moon grows pale
And day from hill to hill wakes fie ry-cold.

In earth yet quicked and filled by wind and sun
Where springs rewomb their vernal gesturing,
Where I now sleep, I closer lie and cling,
But wild were earth housed me at twenty-one.

Somewhere a moon that waxed and found me not
Then waned the windless gardens of the blue,
Somewhere a lost green hurt (but better this
Than in rich desolation long forgot)
Somewhere is youth, a grave sweet mouth to kiss —
Still, you fool, lie still: that’s not for you.

(William Faulkner)

 

Recueil: Hélène: ma cour
Traduction: Michèle Plâa et Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

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Alors existe-t-il quelque part (Israël Eliraz)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2018



Illustration
    
alors existe-t-il quelque part
un mot grâcieux

et proche des matières non-parlantes ?

À quoi s’accrocher dans cette angoisse
sinon au mur qui s’est donné une couleur
pour en projeter l’ombre ?

L’effroi, parler de lui comme d’un ustensile
sur la table.

Demander (immer langsamer*) :
qui est là?

Attendre que vienne une réponse.
Une chose simple va se produire :
l’abeille traversera le mur vers les voix.

L’obscurité surgit (dernièrement) plus d’une fois par jour

(Israël Eliraz)

 

Recueil: Comment entrer dans la chambre où l’on est depuis toujours
Traduction:
Editions: José Corti

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Les rivages (June Shenfield)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2018




    
les rivages
plus monstrueux
les uns
que les autres
refusent
l’empreinte de mes pas
les marées
anéantissent ces
châteaux
que je n’ai d’autre
moyen de construire
qu’en sable auquel
je n’ai moyen de
m’accrocher
qu’en rêve
sur un radeau
brisé
qu’emporte
incessant
le ressac
vague
après vague
en froids
rappels
du temps
révolu.

***

each shore
more
monstrous
than the next
rejects my
footprints
the tides crush
down those
castles
I find no other
way to build
no other ways
to cling to
sand
but dream
on a broken
raft
carried along
by the
never-ending
waves
each one
a cold
reminder
of what
has been.

(June Shenfield)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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Au moulin (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018



    
Au moulin d’encre on y apporte
les draps noirs de l’illusion
Les reflets indigo s’en vont
avec les frappes du torrent
et le gris ciselé des nuages

Au moulin d’eau on y apporte
les draps blancs de la famine
Les reflets jaunâtres s’en vont
et la solitude la bile
avec les croûtes d’argile

Au moulin d’or on y apporte
les draps verts de la magie
Les reflets de mousse s’en vont
drôles de barbes assagies
postiches sur des troncs d’arbre

Au moulin du rêve au moulin du son aigu
au moulin du raclement de gorge
on y apporte les draps incolores du sens
mais rien ne part rien ne s’accroche
ton sur ton ni foi ni teinte

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le rivage éternel (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2017



 

Le rivage éternel

Au-dessus des bonsoirs du rivage éternel
le bon soir de l’adieu la nuit bonne éternelle
au-dessus des végétaux noircis dans l’ombre
des arbres et des herbes qui dorment et sombrent
dans la bonne nuit du rivage éternel
où seul s’accroche au rocher du désir un mollusque
au-dessus des bonsoirs du rivage éternel
l’homme accroché mollusque au rocher du désir
regarde la nuit qui vient et le jour qui la suit
dans l’éclair fugace et vain du rivage éternel
qui ne voit plus le jour et ne voit plus la nuit

(Raymond Queneau)

Illustration

 

 

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Pourquoi regardes tu la lune? (Anouk Aïata)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2017



 
Illustration: ArbreaPhotos
    
Pourquoi regardes tu la lune?
De cet air triste et songeur
Pourquoi regardes tu la lune?
Que trouves tu dans cette lueur?

Un peu d’espoir, un peu d’amour
Que tu ne vois pas en plein jour
Un peu de bonheur, pas trop de larmes
Un sourire à l’ombre d’un charme

La lune est belle, elle le sait,
elle s’embrume de rouge sablé,
Quand le ciel saigne en magenta
La lune dit « Regardez-moi »

Pourquoi regardes tu la lune?
Que trouves tu dans cette lueur?

Elle se reflète dans tes yeux
Elle y déverse de sa lumière bleue
La lune est pleine ce soir c’est beau
On pourrait peut-être prendre une photo

Mets toi devant, voilà souris
Allez souris, allez je t’en prie
Non tu ne peux pas, ne souris pas
La lune pleure, regarde-la

Pourquoi regardes tu la lune?
Que trouves tu dans cette lueur?

De la chaleur, du réconfort
Des fleurs séchées, perdus dehors
Le soleil n’a que sa lumière
Celle des étoiles est trop amer

Réveille moi lorsque tu pars
Embrasse moi s’il n’est pas trop tard
La lune n’a rien de mieux à faire
que de s’accrocher au dessus de la Terre

Et faire rêver le monde entier
A travers ses rayons de beauté
Au clair de la lune on oublie
Ca l’ami Pierrot l’a compris

Ne pleure plus, sèche tes yeux
Allons faire un tour, tous les deux
Sous le ciel noir de cette nuit
La lune n’est pas là aujourd’hui

Pourquoi regardons-nous la lune?
De cet air triste et rêveur
Pourquoi regardons-nous la lune?
Que nous apporte cette lueur?

(Anouk Aïata)

 

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Chuchotements (James Denis)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2017



Illustration: Paul Delvaux
    
Chuchotements

Au bord d’un lac glacé, un vestige miroir
S’est dévêtu d’un gel qui ornait sa guêpière
D’un soupir noir, Vénus était beauté d’un soir,
Un secret décoiffé par un fil de lumière.

Un sombre désespoir au regard de satin,
Un esprit engorgé d’acide ! Des étoiles
Aux paupières de sang se sont émerveillées
En s’aveuglant d’un ciel bleu au petit matin.
Chaussés de sable fin les rides sont les voiles
D’un secret s’accrochant à des Lunes fardées.

L’éclat s’est assoiffé de plaisirs élégants,
Les racines de l’âge ont sucré mes entrailles,
Un gout de miel poivré de souvenirs fondants,
Chuchote ainsi l’amour aux douces funérailles.

(James Denis)

 

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Au bout du jour (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2017



au bout du jour
il n’est pas grand-chose à quoi
peuvent s’accrocher les doigts
dans un silence de chair remuée
vive
le plus souvent on s’est tenu
à la surface des gens ou des choses
avec en dedans
un grand désir
muet

***

les êtres s’échappent

d’autres amis remplacent les morts

on est toujours là
peut-être un peu plus lourd de souvenirs
pour personne

***

hommes sans cesse
très vite disparaissant
dans la terre sans livre

tant de terre et tant d’hommes
remués
si longtemps
sans faire d’histoire
décisive

on ne crie plus guère

on veille parmi les livres
lorsque les mains sont vides

***

l’élargissement viendra
du dedans
s’il doit venir

pour l’heure
on aménage l’espace restreint
et sous les livres
on arrive à ne plus voir les murs

ainsi
à l’étroit dans ce qui est possible
on est
debout
encore

on dure

(Antoine Emaz)

Illustration: Misha Gordin

 

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Je m’accroche aux racines (Coplas Poèmes Andalous)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2017



Illustration
    
Je m’accroche aux racines
qui sont dessous la terre,
mais ne m’accroche pas aux branches
parce que le vent les emporte.

(Coplas Poèmes Andalous)

 

Recueil: Coplas Poèmes de l’amour andalou
Traduction: Guy Lévis Mano
Editions: Allia

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