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Poésie

Posts Tagged ‘s’accroître’

D’abord il rencontra Adolfine (Eugène Savitzkaya)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2020



Illustration: Oskar Kokoschka  
    
D’abord il rencontra
Adolfine
mais il aima
Julie
et son amour pour Adolfine
s’accru
mais il aima
Alexandrine
et son amour pour Adolfine
s’accru
mais il aima
Gaétana
et son amour pour Adolfine
s’accru jusqu’à s’éteindre
puis il rencontra
Suzon
mais immédiatement aima
Anne
et son amour pour Suzon
s’accru…

(Eugène Savitzkaya)

 

Recueil: A la cyprine
Traduction:
Editions: Les Editions de Minuit

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JE DIS TOUJOURS LA MÊME CHOSE (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2020



Illustration: Pablo Picasso
    
JE DIS TOUJOURS LA MÊME CHOSE

Je dis de toi et de la rose
Mes poèmes sont évidents
Je dis toujours la même chose
La vie l’amour la mort le temps

Prenant les phrases toutes faites
les vérités de tous les jours
je ne suis ni ange ni bête
mais je me répète toujours

Je dis de toi et du bonheur
et la chaleur d’être avec toi
Je dis de toi et du malheur
le tourment de n’être que moi

Je dis ce que chacun devine
l’a b c de la clef des chants
Le fil sans fin que j’embobine
n’est qu’un gros fil cousu de blanc

Je me répète et recommence
Je ne dis que ce que je sais
mon souci mon insouciance
mon embarras C’est bien assez

Je me reprends sans fin ni cesse
Est-ce vraiment vraiment le même
qui dans sa fausse vraie paresse
n’est que l’absence de soi-même

Toujours distrait si je médite
toujours ailleurs si je suis là
qui donc en moi veille et persiste
à être moi si malgré moi

Un jour vient où la persistance
que j’avais cru perdre à tous vents
devient le fil de la constance
signant la trace d’un vivant

Ce n’est peut-être que ma mort
qui saura bien photographier
fini le jeu de j’entre-et-sors
cet inconnu qui m’échappait

Il dit toujours la même chose
il redécouvre à chaque instant
la même évidence morose
la même joie qui n’a qu’un temps

Mais un seul fruit songe et s’accroît
dans la fleur en métamorphose
se répétant moins qu’on ne croit
disant toujours la même chose.

(Claude Roy)

 

Recueil: Claude Roy un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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Chaque plume sur l’autre rayonne (Bernard Manciet)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2019



Chaque plume sur l’autre rayonne
et te diapre et t’accroît en épaules
d’une aile à l’autre échange de torches
quand te bouscule l’orage en foule

de l’envergure l’ireuse joie
par à-coups argentés tremble et s’ouvre
hausse les dieux affamés de foudre
les ralentit et leurs pas retourne

(Bernard Manciet)


Illustration

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Nous mettons nos pieds nus dans l’eau du rêve (Yves Bonnefoy)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018




    
Nous mettons nos pieds nus dans l’eau du rêve,
Elle est tiède, on ne sait si c’est l’éveil
Ou si la foudre lente et calme du sommeil
Trace déjà ses signes dans des branches
Qu’une inquiétude agite, puis c’est trop sombre
Pour qu’on y reconnaisse des figures
Que ces arbres s’écartent, devant nos pas.
Nous avançons, l’eau monte à nos chevilles,
Ô rêve de la nuit, prends celui du jour
Dans tes deux mains aimantes, tourne vers toi
Son front, ses yeux, obtiens avec douceur
Que son regard se fonde au tien, plus sage,
Pour un savoir que ne déchire plus
La querelle du monde et de l’espérance,
Et qu’unité prenne et garde la vie
Dans la quiétude de l’écume, où se reflète,
Soit beauté, à nouveau, soit vérité, les mêmes
Étoiles qui s’accroissent dans le sommeil.

(Yves Bonnefoy)

 

 

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Parfois (Anise Koltz)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



Parfois je ramasse
un poème blessé
qui meurt
entre mes mains

Je l’enterre

Et ma solitude s’accroît

(Anise Koltz)

Trouvé ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration

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DERRIERE LE SILENCE (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2018




    
DERRIERE LE SILENCE

Le soir, ses lentes paupières,
Comme un oiseau près de mourir.
Qui lui jeta la grave pierre
Par où coule déjà la nuit?

Les racines dans la terre
Sentent s’accroître le péril.
L’âme oublieuse de la chair
S’alarme et gagne son zénith.

Dans la noirceur qui nous entoure
La lune veut faire son nid
Mais les ténèbres qui la roulent
Lui font perdre appui sur appui.

On se regarde,on s’ignore,
On croit saisir une main:
C’est la blancheur du lendemain,
On se penche sur l’aurore.

(Jules Supervielle)

 

Recueil: Le forçat innocent suivi de Les amis inconnus
Traduction:
Editions: Gallimard

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Soleil inaperçu (Charles Dobzynski)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2017



 

Soleil inaperçu

Le temps nous aura disjonctés, me dis-je
Dans l’opacité de nous qui s’accroît.
Je trace à la craie un semblant de croix
Sur le tombeau d’illusoires prodiges.
Plus rien ne s’accorde au flux de nos gestes
Ni rose des vents ni rose des os.
Le sang s’aveugle en son propre réseau
De notre peau subsiste un palimpseste.
La vie est notre dette. Qui l’endosse?
Des rêves le brouillon s’est détaché.
L’arrière-écrit nous demeure caché
De tout penser quelque leurre est la fosse.
Est-ce le temps qui nous creuse et divise
Semant nos feuilles mortes sur le sol
Et de nos nuits désaxant la boussole
Voile en nos yeux une terre promise ?
Pourtant nous sommes faits de ce tissu
C’est lui qui se reprend puis se démaille.
De quel aimant sommes-nous la limaille
Captifs de quel soleil inaperçu?

(Charles Dobzynski)

 

 

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D’ici là (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2017




    
D’ici là
D’un instant l’autre
L’inattendu adviendra
Quand le divin habitera l’intervalle.
Du dire à l’ouï-dire,
Du don à l’abandon,
Tout le souffle du printemps
Qu’un trait d’éclair retrace.
Les anciens rêves éclatant en bourgeon
Soif et ivresse demeurent intactes ;
Dans le rythme primordial retrouvé,
Source sera nuage et nuage averse.
D’ici là
D’un instant l’autre
Nous nous rejoindrons,
Chacun en avant de soi
S’étend de oe qu’il ouvre,
S’accroît de ce qu’il donne,
Toute fêlure offrande,
Toute en-tente
ex-tase.

(François Cheng)

 

Recueil: La vraie gloire est ici
Editions: Gallimard

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La distance (Gil Jouanard)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2017



Tandis que les distances rétrécissaient,
la distance, elle,
s’est accrue.

(Gil Jouanard)

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L’ange de verre est descendu Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2017



L’ange de verre est descendu, l’oiseau
géant, la sentinelle des brouillards,
et le sommeil d’amour en fut voilé,
l’ombre de l’aile troublant l’eau
des seins légers sur le sable entrouvert.

Insaisissable cri sur une bouche où rage
la tempête de plumes, et déjà voici l’heure
et la rosée pesante où se séparent
jour et nuit, chair et cristal.

Un soleil bleu s’accroît. L’ange de verre
emplit les chambres nues, griffes serrées
sur les épaules des amants qui se délient.

Dans le jardin, rampe sur les terrasses,
comme un grand félin noir, échevelé,
l’odeur très pourrissante de l’automne.

(Jean Joubert)

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