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Posts Tagged ‘s’accroître’

MINUIT (Tudor Arghezi)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2016



 

Jeanie Tomanek bearing [1280x768]

MINUIT

Rencontrés à la pointe de la croix
étoile et lune, face à face,
se regardent, et un à un,
les astres réveillent les noyers.

Et sur le plastron du ciel
étincellent les beaux et vigoureux
Hypérions en innombrable foule,
pleins de grâce et de volonté.

De l’ouest jusqu’à l’est
toute l’herbe dessus le ciel,
à graine menue comme grain de poivre
a fleuri et tressailli.

Et cependant qu’en bas,
parmi les poulaillers, vieillit le monde,
d’une nouvelle adolescence
chaque jour le ciel s’accroît.

(Tudor Arghezi)

Illustration: Jeanie Tomanek

 

 

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En s’adonnant à l’étude, on s’accroît chaque jour (Lao Tseu)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2016



En s’adonnant à l’étude,
on s’accroît chaque jour.
En se consacrant à la voie,
on diminue chaque jour.
Et l’on continue de diminuer
jusqu’au jour où l’on cesse d’agir.

N’agissant plus,
il n’est rien,
désormais,
qu’on ne puisse accomplir.

La conduite du royaume
revient
à qui demeure au-dessus de l’action.

Celui qui lutte
pour gagner le royaume
ne l’obtient jamais.

(Lao Tseu)

Illustration

 

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Ne s’entend plus que le chant des astres (Jean-Paul Hameury)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2016



Demeure au ciel
quelque temps
reflet des larmes.

Mais le temps passe
et les vents
et s’accroît l’usure de ce coeur.

Toutes cicatrices bues
ne s’entend plus
que le chant des astres
plus fort que les derniers élans.

(Jean-Paul Hameury)

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Marée contre le gré des eaux (Emmanuel Damon)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2016



Marée contre le gré des eaux

Où la neige La vive
L’éphémère neige
Ce poids de fraîcheur sur la main
Qui s’accroît dans le silence
La terre d’ici
Est poussière qui enfle sur le vent
Se mêle à l’os et pèse sur la langue
Poussière
Sur la pierre blanche des villes
Sur les routes les coupoles
Le bois d’olive et la nuque des hommes
Qui s’entretiennent avec le ciel

***

Qui veille sur cette terre enclose,
dans la friche les écorces de liane ?
À voix éteinte sous le ballant des branches ?
Quand notre faim dort sous la ronce,
dans le voeu des labours où l’étourneau s’égaye
qui veille et fait grincer les chênes, et lever le vanneau,
ardoise clairsemée d’une aile sur la plaine ?
Course le chevreuil sous les hêtres
et touche le lièvre au gîte ?
Le taillis ouvre pour l’oeil un arpent de ciel
sur le flambeau des sources.
Une parenté nous y retient
— ses mots dans le cours du sang trouvent refuge,
et nous gardent debout.

(Emmanuel Damon)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

 

 

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NON L’ETRE MAIS LES ETRES (Piero Bigongiari)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2016



NON L’ETRE MAIS LES ETRES

Ombre d’une ombre mais elle te désigne
elle désigne le soleil, ombre d’une ombre, des violettes
rapides attendrissent la terre, violent
l’ombre d’une ombre d’un soleil : il reste
des traces, la terre se reforme en nouveaux
modèles, ombre d’une ombre les violettes tremblent
dans le doigt dessiné sur la pierre
qui désignait quelque chose à Hiroshima.

Et toi qui penses, candide pensée, ombre
d’une ombre sur la pierre, laisse
que te ramasse, fondue, provisoire,
liquide entre les doigts, celui qui ne sait pas,
l’enfant qui regarde l’ombre et rit.
Déjà elle est à demi vide la besace, ils s’accroissent
les détritus, et l’ordre désordonne davantage
en profondeur : les pierres sourient

elles ne rient pas les lèvres déjà détachées
de l’amour, entrouvertes, prêtes
á la parole, le geste se repose
encore un peu dans le sang et déjà
se dégage pensif : mais qui,
qui donc reconnaît l’un dans l’autre
l’objet aimé et le désaimé, qui
sépare l’origine de la fin…

***

NON L’ESSERE MA GLI ESSERI

Ombra di un’ombra ma quella ti addita
addita il sole, ombra di un’ombra, viole
rapide inteneriscono la terra, violan
l’ombra di un’ombra di un sole : restano
tracce, la terra si riplasma in nuovi
modelli ombra di un’ombra le viole tremano
nel dito disegnato sulla pietra
che additava qualcosa a Hiroscima.

E tu che pensi, candido pensiero, ombra
di un’ombra sulla pietra, lascia
che ti raccatti, fuso, provvisorio,
liquido tra le dita, chi non sa,
il bambino che guarda l’ombra e ride.
Già semivuota è la bisaccia, crescono
i detriti, e più l’ordine disordina
nel profondo : sorridono le pietre

non ridono le labbra già staccate
dall’amore, semiaperte, pronte
alla parola, il gesto si riposa
ancora per poco riel sangue e già
si divincola pensieroso : chi
chi riconosce l’uno dentro l’altro
l’oggetto amato il disamato, chi
il principio separa dalla fine…

(Piero Bigongiari)

Illustration: Bernadette Mercier

 

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SAISONS (François Montmaneix)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2015



SAISONS

Par la neige d’un silence
la fraîcheur de ma lucarne
sabots vifs un feu s’élance
dans la lueur qui l’incarne.

La femme qui vient d’éclore
tendrement ouvre les airs
m’envahit de son aurore
et s’accroît de mes éclairs.

Voici dans le fruit ce bol
où nous goûterons la terre
voici dans l’oiseau ce verre
où nous boirons notre envol.

(François Montmaneix)

 

 

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