Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘s’accuser’

Le corps (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2018



Le corps
un réduit
Le supplicié compte les jours
De ce réduit
on ne s’échappe pas
Les coups
sont portés de l’intérieur
L’aveu ne sert à rien
Quel aveu d’ailleurs?
S’accuser d’être homme?

(Abdellatif Laâbi)

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Avril (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2018



 

Avril

Lorsqu’un homme n’a pas d’amour,
Rien du printemps ne l’intéresse ;
Il voit même sans allégresse,
Hirondelles, votre retour ;

Et, devant vos troupes légères
Qui traversent le ciel du soir,
Il songe que d’aucun espoir
Vous n’êtes pour lui messagères.

Chez moi ce spleen a trop duré,
Et quand je voyais dans les nues
Les hirondelles revenues,
Chaque printemps, j’ai bien pleuré.

Mais depuis que toute ma vie
A subi ton charme subtil,
Mignonne, aux promesses d’Avril
Je m’abandonne et me confie.

Depuis qu’un regard bien-aimé
A fait refleurir tout mon être,
Je vous attends à ma fenêtre,
Chères voyageuses de Mai.

Venez, venez vite, hirondelles,
Repeupler l’azur calme et doux,
Car mon désir qui va vers vous
S’accuse de n’avoir pas d’ailes.

(François Coppée)

Illustration

 

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Pour surseoir (Michel Deguy)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2016



Edouard Vuillard (1868-1940)5

Pour surseoir

Les os rentrent dans leur lit Ce qui se défait
Je ne le lègue pas car ce n’était pas mien
La différence s’accuse entre ce profil et celui
Du David ce genou et celui d’Apollon
Le coq chante pour la trentième fois
Survivant au corps à ses eaux
Le souffle et les yeux en réchappent

(Michel Deguy)

Illustration: Edouard Vuillard

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LE POÈTE S’ACCUSE (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 17 octobre 2015



LE POÈTE S’ACCUSE

Celles qui battent le linge
Et ceux qui creusent les tombeaux,
Ceux qui travaillent de la méninge
— Et ce ne sont pas les plus beaux —
Ceux qui dressent les singes
Ou piègent les corbeaux
Ils font oeuvre, tonnerre !
Ils font oeuvre, vanvole !
Mais moi ? Que puis-je faire ?
J’entends le vent qui vole,
Les grillons, les fougères
Ou les tambours d’Arcole,
Je place mon espoir
En coeurs à fonds perdus,
En araignées du soir,
En cordes de pendus…
Ne me disputez pas
Les cris de la rosée
Qui brille sous mes pas,
Les fontaines éteintes,
Les étoiles du vent,
Les mélodieuses plaintes
Que je prête aux vivants,
Laissez-moi disposer
Ma part de lune et d’aube,
Jouer, souffrir, oser
A l’écart du grand nombre,
Et puis me reposer
Sous les lourds cyprès d’ombre.

(Maurice Fombeure)

Illustration

 

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